Pour la troisième fois, le grand prix de la mode Britannique, le très précieux British Fashion Award, a été destiné au meilleur styliste. Contre toute attente, le styliste guetté au tournant, après son intronisation annoncée au sein du groupe financier Gucci, McQueen, le turbulent enfant iconoclaste, a réussi une magistrale interprétation de son art devant le groupe lui ayant fait confiance. Qu’est-ce qui a pu lui faire avoir cette prestigieuse récompense, pour la troisième fois, dans un milieu saturé de talents, réputé pour être très éclectique? Son extraordinaire talent pour la coupe, semble-t-il. Mais aussi la construction, chez lui d’une exemplaire rigueur. Sa capacité de créer des ambiances, des «univers» sombres et absédants parfois, et avant tout ce petit «plus» indéfinissable qui le rend unique. La présentation, cette fois, a eu lieu dans un entrepôt au sein duquel était reconstitué un manège de chevaux de bois. Les mannequins déambulaient et paradaient en tailleur bloomer, d’inspiration militaire, en chemise cravatée, à brandebourgs, en robe-chemise trompe l’œil, en pantalons taille haute. Des alliages de cuir vernis ou doré et de dentelle rehaussaient des tenues d’une extrême technicité, quasi uniques, tandis que des images de guerre se succédaient. Le squelette d’un animal remplaçait le vison sur le col d’un tailleur smoking, des pattes de poulet servaient d’ornements aux côtés des perles de Tahiti et de laine effilochée... Le tableau final était la mise en scène, ou plutôt «en vue», d’un cauchemar d’enfant redoutant les monstres cachés sous son lit. Des clowns et des automates complétaient ce défilé-spectacle où la création, innovatrice et souveraine, devenait le thème essentiel de la vie des hommes. Les vêtements, la mise en spectacle, la succession des scènes et l’ambiance générale de la présentation illustraient et traduisaient parfaitement l’art, véritablement hors série, du plus turbulent des grands couturiers.
Pour la troisième fois, le grand prix de la mode Britannique, le très précieux British Fashion Award, a été destiné au meilleur styliste. Contre toute attente, le styliste guetté au tournant, après son intronisation annoncée au sein du groupe financier Gucci, McQueen, le turbulent enfant iconoclaste, a réussi une magistrale interprétation de son art devant le groupe lui ayant fait confiance. Qu’est-ce qui a pu lui faire avoir cette prestigieuse récompense, pour la troisième fois, dans un milieu saturé de talents, réputé pour être très éclectique? Son extraordinaire talent pour la coupe, semble-t-il. Mais aussi la construction, chez lui d’une exemplaire rigueur. Sa capacité de créer des ambiances, des «univers» sombres et absédants parfois, et avant tout ce petit «plus» indéfinissable qui le rend unique. La...
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