Les Grizzlies, de Vancouver à Memphis. Avant-derniers de la Conférence Ouest, les Grizzlies n’auront pas laissé un souvenir impérissable pour leur dernière saison au Canada. Avec tout juste 23 victoires en saison régulière, l’équipe de Vancouver n’a pas fait mieux que lors de ses cinq précédentes années d’existence, cumulant notamment près de 200 défaites lors de ses trois premiers championnats. Un record toutes catégories. La nécessité de déplacer cette franchise mourante s’est donc imposée au fil du temps malgré les récents cris du cœur d’un collectif formé par des industriels canadiens. Ecœuré par la passivité de ses joueurs, le propriétaire Michael Heisley a accéléré le processus du déménagement en rendant publique une perte d’exploitation (volontairement exagérée ?) qu’il chiffre à hauteur de... 46 millions de dollars pour le seul exercice 2000-2001 ! Les Grizzlies repassent la frontière américaine pour prendre vraisemblablement la direction de Memphis où ils devraient s’installer dès la saison prochaine même si leur arrivée ne fait pas l’unanimité auprès des contribuables locaux, battant ainsi en brèche la politique de développement international prônée par la NBA. Celle-ci souhaitait installer des équipes professionnelles hors des États-Unis (Toronto en bénéficie toujours) dans un important bassin de population et avec un cadre de vie exceptionnel, Vancouver étant connue comme l’une des villes les plus agréables d’Amérique du Nord. Le soutien des fans canadiens semblait par ailleurs acquis puisque, en dépit de résultats pitoyables, une moyenne de 16 700 spectateurs se pressaient encore dans la salle cette saison. Hélas, les joueurs des Grizzlies en ont décidé autrement, adoptant un comportement parfois suicidaire. Agacés par la faiblesse du dollar canadien, minés par des problèmes de change et aussi la forte imposition fiscale régnant de ce côté de la frontière, ils n’ont jamais vraiment joué le jeu. Rasheed Wallace, recordman des amendes. Et Vancouver s’est peu à peu transformé en chemin de croix sur le circuit NBA. Souhaitons que Memphis, la ville d’Elvis, inspire davantage les Grizzlies. La NBA très... charitable ! Le titre peut surprendre car la Ligue dirigée par l’inflexible David Stern est surtout réputée pour son sens très aïgu des affaires. Pourtant, la NBA, redoutable machine à fabriquer des dollars, va effectivement se montrer très charitable en distribuant en fin de saison pas moins de... huit millions de dollars (environ 60 millions de FF) à plusieurs associations caritatives. Il s’agit d’œuvres de charité liées par contrat avec la NBA qui, chaque année, leur reverse une partie des sommes considérables amassées grâce aux joueurs, entraîneurs, dirigeants ou officiels pris en flagrant délit d’écarts de conduite. Or, le championnat qui s’achève a été riche en excès de tous genres. Et les amendes, parfois très élevées, sont tombées avec une impressionnante régularité. Il y eut notamment les frasques de Mark Cuban, le volubile président de Dallas, condamné à lui seul à payer environ un demi-million de dollars sur les quatre infligés au total à différents propriétaires de franchises. Du côté des joueurs, le champion toutes catégories en la matière est bien sûr Rasheed Wallace. Le joueur de Portland a perdu plus de deux millions de francs à cause d’une grosse quarantaine de fautes techniques (nouveau record NBA) et autres manquements au règlement. Les diverses suspensions prononcées pendant la compétition ont également rapporté près de 3 millions de billets verts, d’où la belle cagnotte réunie aujourd’hui. Voilà pourquoi la NBA peut, sans risque, se montrer aussi charitable.
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