«Mon enfant est dyslexique», c’est là une plainte qu’on n’entendait jamais voilà trente ou quarante ans... Les progrès de la pédiatrie ont permis de découvrir que, comme la scoliose ou le rachitisme, le psychisme de l’enfant est également sujet à certains troubles que la science peut traiter et guérir, comme elle le fait pour les maladies du corps. D’après les évaluations, un enfant sur dix est dyslexique. Il semble que les garçons sont plus vulnérables que les filles, puisqu’on compte quatre enfants de sexe masculin pour une fille. Décelée et traitée à temps, cette petite anomalie peut être surmontée parfaitement... À savoir : la dyslexie, terme qu’on emploie couramment pour désigner ce trouble, ne concerne que la lecture, tandis qu’on parle de dysphasie lorsque les difficultés s’adressent au langage. En France, enseignants, rééducateurs et associations parentales ont établi un plan d’action pour une période allant de juin 2001 à la fin de 2003, qui s’articule autour de cinq axes : prévention, identification, prise en charge, formation de spécialistes, suivi après le traitement. Parallèlement, des tests d’évaluation, destinés aux enseignants, aux médecins et aux centres de protection maternelle et infantile, ont été remis aux institutions concernées, afin de mieux traiter le problème et de permettre l’écolage normal des enfants dyslexiques. Il serait souhaitable que pareille initiative soit prise au Liban où, dans certains milieux, le problème est rarement pris en charge convenablement. Des initiatives appropriées, prises dans ce domaine, pourraient permettre d’empêcher des déboires futurs aux petits dyslexiques qui, très souvent, ignorent, ainsi que leurs familles, cet handicap parfaitement traitable. Une cause inconnue Si on reconnaît la dyslexie et la dysphasie comme responsables de troubles entraînant l’échec scolaire, de l’anxiété et des perturbations du sommeil, sans oublier le manque de confiance en soi, la cause de cet handicap est encore mal connue. L’origine génétique est suspectée, mais sans preuves réelles, ainsi qu’un très léger, quasi minimal, retard de maturation de certaines zones cérébrales. En revanche, il est certain que ces troubles n’ont absolument aucun rapport avec l’intelligence ou une autre cause pathologique quelconque, y compris les troubles psychiatriques. Le milieu social, non plus, n’exerce aucune influence sur la survenue d’un état dyslexique ou dysphasique, et il en est de même pour les carences socio-éducatives ou les problèmes du développement psychologique. On cite parmi les dyslexiques célèbres Leonard de Vinci, Napoléon, Rodin, Einstein, Churchill et Walt Disney. Malgré cet éblouissant palmarès, on conseille aujourd’hui une prise en charge précoce pour les petits atteints de ce trouble bien singulier. Le moindre doute à ce propos doit faire l’objet d’une consultation rapide auprès d’un spécialiste du langage, d’un pédiatre averti dans ce domaine, ou d’un orthophoniste afin d’obtenir un bilan précis. Ce sont eux qui peuvent déterminer le nombre de séances nécessaires. Un traitement long et contraignant Le traitement peut, parfois, être long et contraignant, mais la persévérance donne des résultats. Si on ne parvient pas à enrayer le trouble, on trouve alors des stratégies permettant de le contourner et d’assumer sans dégâts psychologiques cette différence. Il a été prouvé, par ailleurs, qu’un dyslexique habitué à compenser par l’effort dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture développe, très souvent, un esprit créatif remarquable. Curieux, intuitif, imaginatif, le dyslexique, comme le dysphasique, possède des atouts qui lui permettent de dépasser l’entrave que représente son trouble. La longue liste d’exemples célèbres finit par créer un doute à propos de la dyslexie. Est-elle un mal ou bien un... atout ?
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