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Actualités - Chronologies

La cravate, signe d’indépendance - ou de protestation, revient en force

La cravate, interdite comme impie au début de la République islamique, aujourd’hui tolérée, est portée de plus en plus ostensiblement, souvent comme signe d’indépendance ou de protestation, et a même fait une apparition furtive dans la campagne électorale. «Pour nous, c’est un signe de protestation, car nous n’aimons pas qu’on nous impose ce que nous devons porter», explique Behrouz Kamali, 50 ans, agent immobilier et homme d’affaires en vue de Téhéran. «Lorsque nous traitons avec des étrangers, nous aimons être comme eux, en cravate», ajoute-t-il. Dans leurs soirées, les jeunes gens de Téhéran aiment de plus en plus porter une cravate, généralement large et de couleur claire, sans toutefois être trop voyante. «Cela nous plaît, cela met de l’ambiance. La cravate, c’est notre indépendance, notre liberté», explique Daryouch Modaressi, 21 ans. De fait, il y a de plus en plus de cravates dans les rues de la capitale iranienne. On peut désormais en acheter dans les centres commerciaux, alors qu’il y a peu, cela se faisait en cachette, et les prix n’étaient jamais affichés. Mais dans les administrations, elles restent totalement interdites. Lors du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 8 juin, le ministère de l’Intérieur a malgré tout été forcé d’accepter cinq candidats cravatés, mais leur dossier n’a finalement pas été retenu par la commission de sélection des candidatures. Des membres de l’état-major de campagne de deux candidats, le président réformateur Mohammad Khatami, et le conservateur Abdollah Jasbi, portent ostensiblement leur cravate. Les avocats, les médecins et les restaurateurs n’ont jamais accepté l’interdit édicté par le premier président iranien, Bani Sadr, peu avant sa destitution en 1981. Bani Sadr, aujourd’hui réfugié en France, voyait dans la cravate une «queue d’âne». Les dirigeants révolutionnaires iraniens et le clergé chiite ont tous rejeté comme «impie» la cravate, symbole parmi les symboles de l’occidentalisation. Interrogés à la télévision, ou dans un lieu officiel, les avocats arrivent avec leur cravate, mais la retirent, le temps de l’émission ou de la réunion. Elle est interdite dans les tribunaux. Pour les deuils et les mariages, la cravate est toutefois acceptée dans les mosquées. Les personnes âgées aussi peuvent la porter en toute quiétude. «La cravate revient à la mode. Moi, je l’ai toujours portée, mais je ne la conseille pas à mes petits-enfants», explique Abdollah Mohammadi, médecin de 73 ans.
La cravate, interdite comme impie au début de la République islamique, aujourd’hui tolérée, est portée de plus en plus ostensiblement, souvent comme signe d’indépendance ou de protestation, et a même fait une apparition furtive dans la campagne électorale. «Pour nous, c’est un signe de protestation, car nous n’aimons pas qu’on nous impose ce que nous devons porter», explique Behrouz Kamali, 50 ans, agent immobilier et homme d’affaires en vue de Téhéran. «Lorsque nous traitons avec des étrangers, nous aimons être comme eux, en cravate», ajoute-t-il. Dans leurs soirées, les jeunes gens de Téhéran aiment de plus en plus porter une cravate, généralement large et de couleur claire, sans toutefois être trop voyante. «Cela nous plaît, cela met de l’ambiance. La cravate, c’est notre indépendance, notre...