Ça y est, la date tant attendue est arrivée. C’est dire si j’attendais avec une impatience à peine voilée le 25 mai, car pour moi, depuis le jour où des journalistes au bord des larmes avaient été éjectés des studios de Télé-Liban, la vie s’était arrêtée. La terre avait cessé de tourner ! Je n’avais plus le cœur à rien. J’en perdis le boire et le manger, et mes nuits étaient peuplées d’affreux cauchemars où je voyais Hikmat se faire hara-kiri. Le mot «télévision» me donnait la nausée. Étant donné que je m’occupe de la rubrique-y-relative, vous devez mieux comprendre le nombre de fois où j’ai frôlé la crise d’apoplexie. Au bord de l’anorexie la plus galopante – pour toutes les raisons déjà citées – j’avais quand même trouvé la force de mettre un ruban noir à l’antenne de mon poste. Et afin de rester fidèle à «mon» Télé-Liban, jusqu’au bout – de mon dernier souffle – c’est tout juste si je me risquais à glisser un coup d’œil ailleurs, en souhaitant dans les tréfonds de mon subconscient démoniaque que j’allais découvrir que les uns avaient été ravagés par les flammes, que les autres avaient été déclarés en faillite – frauduleuse de surcroît – que Tony avait été retenu en otage dans les pays du Golfe et que Gisèle était entrée dans les ordres. Pour me consoler, je me repassais, en pensées, les inoubliables images à jamais gravées dans ma mémoire ; la coupe carrée de la perruque de Roula Hamadé, les trois poils et demi de Fadi et les sourires ambigus de Soad Achi. Le 25 mai a fini par arriver. Au vu de ce qui vous est proposé, je crois que c’est à partir de maintenant que le vrai deuil commence. P.S. : The Day the Earth Stood Still, film de Robert Wise avec Patricia Neal, Michael Renni.
Ça y est, la date tant attendue est arrivée. C’est dire si j’attendais avec une impatience à peine voilée le 25 mai, car pour moi, depuis le jour où des journalistes au bord des larmes avaient été éjectés des studios de Télé-Liban, la vie s’était arrêtée. La terre avait cessé de tourner ! Je n’avais plus le cœur à rien. J’en perdis le boire et le manger, et mes nuits étaient peuplées d’affreux cauchemars où je voyais Hikmat se faire hara-kiri. Le mot «télévision» me donnait la nausée. Étant donné que je m’occupe de la rubrique-y-relative, vous devez mieux comprendre le nombre de fois où j’ai frôlé la crise d’apoplexie. Au bord de l’anorexie la plus galopante – pour toutes les raisons déjà citées – j’avais quand même trouvé la force de mettre un ruban noir à l’antenne de mon...
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