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Actualités - Chronologies

Pierre Issa ou la sérénité olympienne

Il est là, au Liban, pour une semaine. Celui qui fait notre fierté à l’étranger n’oublie pas ses origines, ses racines. Car avant d’être sud-africain ou marseillais, il est libanais. L’homme qui a participé à toutes les rencontres de l’OM en Coupe d’Europe en 1999, celui qui est pour nous «la tour de contrôle olympienne» ouvre son cœur à L’Orient-Le Jour et à tous les jeunes qui ont rêvé un jour de porter le maillot bleu et blanc. Pierre Issa vous étonne par sa simplicité. Footballeur international ? OK. Mais c’est avant tout un homme de classe, un grand champion, qui a la tête sur les épaules. Fan de rap marseillais, de Barry White, de R&B. Du haut de ses 1m95, Pierre est fier de ce qu’il a apporté (jusque-là) à la cité phocéenne. Il peut l’être en tout cas. Fier d’être marseillais donc ? Certes. Mais fier d’être libanais aussi. «C’est vrai que je suis né en Afrique du Sud et que j’ai vécu pas mal de temps à Marseille, mais le Liban c’est aussi mon pays, mes racines, j’essaye d’y venir à peu près tous les étés». Son itinéraire de champion ? À l’âge de quinze ans, Pierre Issa jouait à Poissy dans le championnat national. Il rejoint très vite la seconde division et signe à Dunkerque. «Je suis resté trois ans là-bas. Dans le centre de formation, j’ai beaucoup appris, le niveau était déjà assez élevé», assure-t-il. Mais Pierre ne s’arrête pas là. Repéré par Jean Castaneda, ancien gardien de but marseillais, lors d’un match de championnat contre l’OM, il rejoint Marseille en 1994 et joue son premier match professionnel en 1995 contre Lille. «On avait fait 1-1. C’était l’époque des Pedros, Letchkov, Köpke…». Il y avait aussi ce match contre Paris Saint-Germain au Parc. Tout le monde connaît la rivalité qui existe entre les deux clubs. Pierre rentre en jeu en seconde période. Pas facile pour ses débuts d’évoluer dans une telle atmosphère et sous une telle pression. Il l’a fait pourtant. Et de quelle manière ! Gagnant pratiquement tous ces duels aériens (il a envoyé Paul Le Guen au tapis), Pierre a prouvé qu’il fallait désormais compter sur lui. Dès lors, il va faire son petit bonhomme de chemin. Il va se tailler une place de titulaire au sein de l’équipe et ce malgré une rude concurrence au poste de défenseur central. «C’était difficile. Surtout pour un jeune qui sort du centre de formation. À l’époque, tous les minots, comme Jambay, Libbra, Echouafni étaient partis et je devais saisir ma chance. Je l’ai fait. Dans ces moments, il faut savoir être cool. Ne pas se prendre la tête ni se mettre la pression pour rien, surtout si le coach ne te fait pas jouer tous les matchs alors que tu sens que tu le méritais. J’avais déjà la chance d’appartenir à l’OM, c’était mon rêve d’enfance et pour moi c’était déjà bien». À côté du titre Ses meilleurs souvenirs ? Sans hésiter, l’année 1999. «On avait un groupe génial. Lolo (Laurent Blanc), Duga (Christophe Dugarry), Ravanelli, Pires, Maurice, c’était trop bien. On a failli gagner le titre, on fait une finale de Coupe d’Europe contre Parme, bon, c’était une belle année». Ça c’est sûr, c’était le retour à la belle époque. Marseille au premier plan comme toujours. Les mauvaises passes ? Ces deux dernières années. «C’était pas évident, on s’est à peine maintenu en première division et je n’avais plus une place de titulaire indiscutable, alors que j’ai besoin de jouer et de prendre plaisir sur un terrain. Il faut savoir voir le bon côté des choses, c’était une expérience et je la garde pour pouvoir progresser». C’est clair. Et le passage à Chelsea ? «C’était bénéfique. M’entraîner aux côtés des Zola, Desailly, Hasselbaink, c’est toujours enrichissant. Mais je pense que je me suis un peu précipité, je pensais que Lebœuf allait partir». C’est le métier qui rentre comme on dit. Et l’avenir sous le maillot bleu et blanc ? «Bah, si je suis toujours en France, je resterai à Marseille. Mais je ne sais pas, tout dépend des négociations. Mois, ce que je veux, c’est jouer. C’est l’essentiel. Mais je pense que j’irai faire un tour du côté du calcio, dans un club moyen pour justement avoir ma place de titulaire». En vue de la prochaine Coupe du monde ? «Pas seulement. On trouve des joueurs sud-africains qui ne sont pas forcément titulaires dans des grands clubs mais qui ont la confiance de leur entraîneur en équipe nationale. Je pense que c’est mon cas. Moi, je veux simplement jouer», affirme Pierre. Côté Afrique du Sud, il honore plus de trente-cinq sélections. Et pourquoi pas le Liban ? «En fait, j’avais l’occasion de jouer la Coupe du monde avec l’Afrique du Sud et tu sais que le rêve de tout footballeur, c’est justement de participer à cette Coupe du monde. J’ai donc saisi l’occasion». A-t-il des projets d’avenir pour le Liban ? «C’est sûr. Je viens là régulièrement, j’aimerais bien aider la fédération et m’occuper un peu de tous ces jeunes». À 26 ans (en septembre), Pierre Issa va normalement disputer sa seconde Coupe du monde au Japon et en Corée. Peut-être qu’on le reverra davantage sous les couleurs olympiennes. Si vous voulez le voir, allez faire un tour du côté de la rue Sainte, à Marseille. Pierre y a ouvert un resto. Au Madiba (Mandela en zoulou), en hommage donc à Nelson Mandela, on trouve des spécialités françaises et libanaises. Du côté du calcio l’année prochaine ? Très probablement. En tout cas, tant qu’il ne signe pas au PSG ou à Saint-Étienne (sourire), souhaitons-lui bon vent. Et une fois de plus, salut l’ami !
Il est là, au Liban, pour une semaine. Celui qui fait notre fierté à l’étranger n’oublie pas ses origines, ses racines. Car avant d’être sud-africain ou marseillais, il est libanais. L’homme qui a participé à toutes les rencontres de l’OM en Coupe d’Europe en 1999, celui qui est pour nous «la tour de contrôle olympienne» ouvre son cœur à L’Orient-Le Jour et à tous les jeunes qui ont rêvé un jour de porter le maillot bleu et blanc. Pierre Issa vous étonne par sa simplicité. Footballeur international ? OK. Mais c’est avant tout un homme de classe, un grand champion, qui a la tête sur les épaules. Fan de rap marseillais, de Barry White, de R&B. Du haut de ses 1m95, Pierre est fier de ce qu’il a apporté (jusque-là) à la cité phocéenne. Il peut l’être en tout cas. Fier d’être marseillais donc ?...