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Actualités - Chronologies

Irak - Nouvelle crise en perspective entre Bagdad et l’Onu

L’Irak fait monter le ton contre un projet de résolution sur la révision des sanctions de l’Onu, préjugeant d’une nouvelle crise avec l’Onu autour du projet que Washington veut faire voter rapidement. «L’Irak combattra fermement toute nouvelle résolution qu’adoptera le Conseil de sécurité pour imposer de nouvelles conditions à l’Irak», a déclaré hier le président de la commission des Affaires étrangères au Parlement irakien, Salem al-Qabissi. Un projet de résolution, présenté mardi par la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité, autorise l’Irak à importer tous les biens civils destinés à sa population soumise à un sévère embargo de près de onze ans, tout en maintenant un strict contrôle sur les biens à caractère militaire afin d’empêcher le régime de Saddam Hussein de se réarmer. Bagdad, qui a menacé de représailles ses voisins qui accepteraient de coopérer, a fermement rejeté le nouveau régime des sanctions, dites «intelligentes», et le président irakien les a qualifiées de «plus stupides» que les sanctions actuelles. «Le projet est pire que toutes les résolutions précédentes et l’Irak ne l’acceptera jamais», a souligné M. Qabissi, annonçant une prochaine campagne du Parlement irakien aux plans arabe et international pour dénoncer «les objectifs maléfiques» du projet. Ce projet est «mort-né», a estimé hier la presse officielle irakienne, le présentant comme une initiative «colonialiste» destinée à placer l’Irak sous «protectorat». «Les États-Unis et la Grande-Bretagne vont essuyer un échec, et l’Irak vaincra», a promis hier devant la presse le ministre d’État irakien aux Affaires étrangères, Naji al-Hadithi. «Si le Conseil de sécurité adopte le projet, le gouvernement irakien ne vendra plus un seul baril de brut conformément au programme pétrole contre nourriture», a souligné le vice-Premier ministre Tarek Aziz en recevant en début de semaine les diplomates accrédités à Bagdad. «Les Irakiens sont prêts à la confrontation si Washington tient à leur imposer de nouvelles conditions par le projet de résolution» soumis à l’Onu, a déclaré un diplomate occidental, prévoyant qu’une telle confrontation serait «rude et globale». «L’Irak va suspendre non seulement ses livraisons de pétrole mais aussi le programme humanitaire dans son ensemble», a menacé M. Aziz lors de sa rencontre avec les diplomates. M. Aziz a ajouté que «le personnel du programme humanitaire sera sans emploi et sans salaire. Il a intérêt à partir». Les États-Unis ont engagé un forcing pour l’adoption du nouveau projet de résolution avant le 3 juin, date d’expiration de la phase de six mois du programme humanitaire, qui permet à l’Irak d’exporter du brut, sous la supervision de l’Onu, pour acheter des produits de première nécessité. «Mais les cinq membres du Conseil de sécurité étant divisés sur le projet de résolution, avec notamment un contre-projet russe, le Conseil serait amené à prolonger l’actuel programme d’une semaine ou deux, voire un mois, afin de favoriser un meilleur examen du projet et annihiler toute opposition», a indiqué le diplomate. «Le projet serait mort-né, à l’instar de la 1 284, en cas d’abstention parmi les membres permanents du Conseil de sécurité», a-t-il ajouté.
L’Irak fait monter le ton contre un projet de résolution sur la révision des sanctions de l’Onu, préjugeant d’une nouvelle crise avec l’Onu autour du projet que Washington veut faire voter rapidement. «L’Irak combattra fermement toute nouvelle résolution qu’adoptera le Conseil de sécurité pour imposer de nouvelles conditions à l’Irak», a déclaré hier le président de la commission des Affaires étrangères au Parlement irakien, Salem al-Qabissi. Un projet de résolution, présenté mardi par la Grande-Bretagne au Conseil de sécurité, autorise l’Irak à importer tous les biens civils destinés à sa population soumise à un sévère embargo de près de onze ans, tout en maintenant un strict contrôle sur les biens à caractère militaire afin d’empêcher le régime de Saddam Hussein de se réarmer. Bagdad,...