L’armée russe envisageait hier de bombarder dans les jours qui viennent une rivière de Sibérie, la Lena, pour venir à bout des barrages de glace qui ont fait dangereusement monter son cours, provoquant de graves inondations dans toute la région. D’énormes blocs de glace ont créé un gigantesque «bouchon» de 80 km de long dans cette rivière, à hauteur de la ville de Lensk, en Iakoutie (Sibérie orientale). Les eaux de la Lena et de ses affluents sont montées de plus de 2 mètres au-dessus de leur niveau habituel, inondant plusieurs localités de la région. Plus de 8 000 personnes ont été évacuées mardi dans la région d’Irkoutsk (Sibérie centrale) et en Iakoutie. Une femme de 54 ans s’est noyée dans sa maison inondée dans la ville de Kirensk (région d’Irkoutsk). Quatre avions militaires russes se tiennent prêts à décoller vers cette région pour bombarder la glace et libérer les eaux de la rivière, a indiqué le ministère russe des Situations d’urgence. Après plusieurs tentatives infructueuses, les services de secours ont réussi à briser un seul «barrage» de glace, utilisant près de 30 tonnes d’explosifs, sans avoir recours aux bombardiers. Le niveau de la rivière a légèrement baissé à la suite de cette opération. Lensk, où près de 2 000 personnes ont été évacuées hier, était privée d’électricité, d’eau potable et de téléphone, à la suite des inondations qui ont touché la quasi-totalité de cette ville de quelque 25 000 habitants. La population se déplace en canots dans la ville, selon les images des télévisions russes. Le président Vladimir Poutine s’est entretenu hier par téléphone avec le ministre des Situations d’urgence Sergueï Chouïgou dépêché sur place. Les efforts des secouristes ont été salués par M. Poutine qui a appelé le gouvernement à «accorder une aide urgente, si nécessaire», à la Sibérie, selon la télévision ORT. «Nous avons mis fin à la catastrophe» à Lensk, a assuré le ministère des Situations d’urgence, admettant cependant que «la situation restait difficile» dans d’autres régions de Sibérie et pourrait nécessiter l’intervention des bombardiers dans les jours qui viennent. Cinq villages ont été inondés en Iakoutie par les crues de la rivière Aldan, un affluent de la Lena, obligeant les autorités a évacuer près de 2 000 personnes. Un responsable des services météorologiques russes, Sergueï Borch, cité par l’agence Itar-Tass, a averti que le chef-lieu de la région, Iakoutsk, risquait également d’être touché par les inondations samedi. Deux avions ont livré des produits alimentaires et des vêtements chauds aux habitants de la région d’Irkoutsk, a rapporté l’agence Ria Novosti. Un troisième appareil avec 20 tonnes d’aide s’apprêtait à décoller de Moscou vers cette région. Le géant russe des métaux Norilsk Nickel a annoncé mercredi la suspension de 80 % de ses exportations jusqu’en juillet, en prévision de crues attendues sur un autre fleuve de Sibérie, l’Enisseï, selon un porte-parole de la compagnie, Anatoli Komrakov. Les derniers navires emportant la production de Norilsk Nickel doivent quitter le port de Doudinka, sur l’Enisseï, aujourd’hui, a-t-il précisé. L’hiver en Russie a été marqué cette année par un froid exceptionnel et des chutes de neige record.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée russe envisageait hier de bombarder dans les jours qui viennent une rivière de Sibérie, la Lena, pour venir à bout des barrages de glace qui ont fait dangereusement monter son cours, provoquant de graves inondations dans toute la région. D’énormes blocs de glace ont créé un gigantesque «bouchon» de 80 km de long dans cette rivière, à hauteur de la ville de Lensk, en Iakoutie (Sibérie orientale). Les eaux de la Lena et de ses affluents sont montées de plus de 2 mètres au-dessus de leur niveau habituel, inondant plusieurs localités de la région. Plus de 8 000 personnes ont été évacuées mardi dans la région d’Irkoutsk (Sibérie centrale) et en Iakoutie. Une femme de 54 ans s’est noyée dans sa maison inondée dans la ville de Kirensk (région d’Irkoutsk). Quatre avions militaires russes se tiennent...