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Actualités - Chronologies

Une brèche positive dans des relations traditionnellement tendues

Jean-Paul II en se rendant en Grèce et en demandant pardon a ouvert une nouvelle brèche dans le mur de l’orthodoxie avec laquelle le Vatican entretient des relations tendues, au bord de la rupture. Le pape a effectué ses premières incursions en terre orthodoxe en 1999 avec ses visites en Roumanie puis en Géorgie profitant d’une volonté politique d’ouverture des gouvernants de ces pays. Cette même année, il annonçait dans une lettre à l’occasion de ses 21 ans de pontificat son souhait de se rendre à Athènes et notamment sur la colline de l’Aréopage, pour un pèlerinage sur les pas de l’apôtre Paul qui y avait prononcé en 50 après J-C «un merveilleux discours». Après des mois de tergiversations, l’Église orthodoxe grecque, réputée ultraconservatrice, a finalement accepté à contre-cœur la visite du pape, une fois placée devant le fait accompli par le chef de l’État, Costis Stephanopoulos. Ce dernier avait officiellement invité Jean-Paul II lors d’une visite au Vatican. La Grèce et l’Ukraine, où le pape est attendu du 23 au 27 juin prochain, sont les deux verrous les plus solides de l’orthodoxie sur le chemin de la Russie, ultime et plus importante citadelle toujours interdite à un pape qui souhaite à tout prix s’y rendre avant sa mort. Cet interdit mis par le Saint-Synode orthodoxe russe à la visite dans une Russie historiquement chrétienne et aujourd’hui démocratique, de celui qui fut un des principaux protagonistes des bouleversements à l’Est, semble paradoxal. La chute du mur de Berlin a dégelé les profonds contentieux entre les Églises d’Orient et d’Occident, balayant impitoyablement un rapprochement œcuménique mis en œuvre par le Concile Vatican II (1962-1965), alors que la répression communiste frappait indistinctement tous les chrétiens. En 1964, le patriarche de Constantinople Athénagoras et le pape Paul VI se donnaient un spectaculaire baiser de la paix à Jérusalem puis gommaient, le 7 décembre 1965, dans une déclaration commune, les anathèmes et excommunications réciproques échangées par leurs lointains prédécesseurs, le 16 juillet 1054, date historique du grand schisme d’Orient. C’est au moment de ce schisme que l’Église d’Orient s’est donné le nom d’orthodoxe (en grec : conforme à la juste doctrine). Les théologiens des deux parties ont reconnu la quasi-inexistence de différences doctrinales, exception faite du dogme de la primauté du pape et de son infaillibilité, dogme inacceptable pour une Église orthodoxe formée d’un ensemble d’Églises particulières autonomes ou autocéphales unies uniquement par leur foi. La dégradation progressive des relations entre les deux Églises ces dix dernières années tient à des questions plus prosaïques telle celle de la récupération des Églises et biens des uniates, catholiques de rite oriental, ralliés à Rome. Interdits en URSS, ils avaient été dépossédés de leurs biens par Staline au profit du clergé orthodoxe. Depuis l’effondrement du communisme, les luttes interconfessionnelles en Galicie (ouest de l’Ukraine) ont dégénéré en véritables batailles rangées entre orthodoxes et uniates. Cette situation a provoqué un net refroidissement dans les relations entre Jean-Paul II et le patriarche de toutes les Russies, Alexis II. Ce dernier vitupère contre la visite du pape en Ukraine, accusant les uniates de «persécutions» contre les chrétiens orthodoxes et l’Église catholique de «prosélytisme violent». Les tensions entre les deux Églises ont également été attisées par le soutien orthodoxe aux nationalismes dans les Balkans. L’Église orthodoxe grecque manifeste régulièrement de façon virulente son antipapisme et souligne qu’elle a accepté la visite du pape comme «simple pèlerin». Jean-Paul II avait emboîté dès le début de son pontificat en 1978 l’esprit d’œcuménisme promu par ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI et n’a cessé de multiplier les appels à l’unité des chrétiens pour pouvoir réaliser son rêve, celui de la reconstruction spirituelle de l’Europe autour des valeurs chrétiennes communes aux Églises d’Orient et d’Occident.
Jean-Paul II en se rendant en Grèce et en demandant pardon a ouvert une nouvelle brèche dans le mur de l’orthodoxie avec laquelle le Vatican entretient des relations tendues, au bord de la rupture. Le pape a effectué ses premières incursions en terre orthodoxe en 1999 avec ses visites en Roumanie puis en Géorgie profitant d’une volonté politique d’ouverture des gouvernants de ces pays. Cette même année, il annonçait dans une lettre à l’occasion de ses 21 ans de pontificat son souhait de se rendre à Athènes et notamment sur la colline de l’Aréopage, pour un pèlerinage sur les pas de l’apôtre Paul qui y avait prononcé en 50 après J-C «un merveilleux discours». Après des mois de tergiversations, l’Église orthodoxe grecque, réputée ultraconservatrice, a finalement accepté à contre-cœur la visite du...