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Actualités - Chronologies

Des décisions-tests attendent la nouvelle coalition

Des partis macédoniens et albanais aux positions parfois inconciliables ont décidé de s’allier en Macédoine dans un gouvernement d’union nationale provisoire, pour qui tout reste à faire pour résoudre la crise provoquée par la rébellion albanaise. L’idée, lancée en mars par l’opposition sociale-démocrate au moment des affrontements avec la guérilla à Tetovo (nord-ouest) et largement poussée par la communauté internationale depuis le retour de la violence dans le nord il y a dix jours, voudrait favoriser la création d’un «front uni» entre communautés. «Il existe une volonté politique réelle de tous les partis. Mais la volonté est une chose, la réalité en est une autre», relevait mardi le représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Macédoine, Carlo Ungaro, commentant cette «étape positive». Car une fois fixée la répartition des portefeuilles, sur laquelle les négociations entre les quatre principaux partis achoppaient depuis plusieurs semaines, le nouveau pouvoir devra s’atteler à des questions cruciales qui divisent profondément ses composantes. «Ce sont des problèmes très importants, qui nécessiteront des sacrifices», estime le chef de la mission de l’OSCE, pour qui le pays n’a pourtant guère le choix : «Les enjeux sont tels que j’espère que (les partis) seront capables de résoudre leurs divergences. Ils devront trouver une voie commune, dont il est encore un peu tôt de tracer les contours». Priorité et premier test pour le nouveau gouvernement, la stratégie face aux rebelles. La participation des partis albanais, qui ont condamné la militarisation du conflit, implique une cessation au moins temporaire des opérations militaires, estimait mardi un haut responsable occidental à Skopje. Avancées Témoin, la position de plus en plus intenable au sein du gouvernement du Parti démocratique des Albanais (DPA), qui avait menacé lundi de quitter le gouvernement en cas de déclaration d’un état de guerre. Le Parti pour la démocratie et la prospérité (PDP), deuxième parti albanais, aux positions plus radicales, a, lui, conditionné sa participation à un cessez-le-feu unilatéral et immédiat de l’armée, qui pilonne depuis jeudi dernier des villages du nord tenus par l’Armée de libération nationale (UCK) des Albanais de Macédoine. Le PDP réclame aussi l’implication des rebelles dans les discussions, demande catégoriquement rejetée par le VMRO-DPMNE (nationalistes modérés), parti du Premier ministre Ljubco Georgievski. Autre point de litige, la modification constitutionnelle, qui ferait des Albanais un peuple constitutif de la Macédoine, au même titre que les Macédoniens slaves. La question, priorité du DPA comme du PDP mais aussi antienne de l’UCK, n’a pas été jusque-là abordée sur le fond, les Macédoniens refusant tout amendement qui mettrait selon eux en péril l’intégrité du pays. La communauté internationale elle-même tend à suggérer à Skopje de «trouver un moyen» de modifier le texte, en introduisant par exemple l’idée du bilinguisme, explique M. Ungaro. Selon lui, «le tabou est d’ailleurs levé et les Macédoniens abordent désormais la question». Pour le président Boris Trajkovski, «tous les sujets, y compris la Constitution, sont ouverts à la discussion. Mais la priorité est à la fin de la violence», expliquait mardi un conseiller du chef de l’État. Ce thème sensible ne devrait donc pas venir devant le Parlement avant les élections de janvier 2002. En attendant, le gouvernement fait valoir les avancées du «dialogue politique» entamé en avril entre partis : report à l’automne du recensement, à la demande des Albanais, création d’une troisième chaîne de télévision dans les langues des minorités, ouverture à la rentrée à Tetovo d’une université mixte (en albanais, macédonien et anglais).
Des partis macédoniens et albanais aux positions parfois inconciliables ont décidé de s’allier en Macédoine dans un gouvernement d’union nationale provisoire, pour qui tout reste à faire pour résoudre la crise provoquée par la rébellion albanaise. L’idée, lancée en mars par l’opposition sociale-démocrate au moment des affrontements avec la guérilla à Tetovo (nord-ouest) et largement poussée par la communauté internationale depuis le retour de la violence dans le nord il y a dix jours, voudrait favoriser la création d’un «front uni» entre communautés. «Il existe une volonté politique réelle de tous les partis. Mais la volonté est une chose, la réalité en est une autre», relevait mardi le représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Macédoine, Carlo Ungaro,...