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Actualités - Chronologies

L’occasion d’une nouvelle compétition entre Chirac et Jospin

L’affaire des confessions du général Paul Aussaresses sur la torture en Algérie a donné lieu à une nouvelle compétition entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, le chef de l’État demandant vendredi des «sanctions disciplinaires» contre l’officier. Depuis quelques mois et plus particulièrement depuis l’affrontement sur les farines animales en novembre 2000, tous les sujets apparaissent comme autant d’occasions pour les deux hommes de se marquer. Vendredi, le livre de l’ancien chef des services de renseignements à Alger (Services spéciaux, Algérie 1955-1957) en a fourni une nouvelle illustration. Le président a semblé vouloir prendre de vitesse le Premier ministre qui, la veille, avait exprimé sa «totale condamnation morale», mais sans évoquer de sanctions. Au risque d’apparaître maintenant comme plus prudent sur ce sujet que le président. Néanmoins, on fait valoir dans son entourage que le chef du gouvernement avait déjà demandé au ministre de la Défense Alain Richard d’examiner les possibilités de mesures contre le général Aussaresses. Et d’accuser à mots couverts le chef de l’État d’avoir voulu couper l’herbe sous le pied du gouvernement. En fin de matinée, Jacques Chirac a publié un communiqué dans lequel il s’est dit «horrifié» par les déclarations du général Aussaresses. Il a demandé sa suspension dans l’ordre de la Légion d’honneur ainsi que des «sanctions disciplinaires». «Je trouve très bien que le chef des armées (le président de la République, ndlr) ait pris sa décision», a commenté M. Richard, laissant ainsi entendre que le gouvernement lui avait soumis des propositions sur le cas du général et attendait la réponse du président. La seule sanction disciplinaire semble être une mise à la retraite d’office. La responsabilité des autorités politiques Jeudi, M. Jospin avait dénoncé les «exactions terribles» du général en se disant «profondément choqué» par son «cynisme révoltant». Mais, ni le président ni le Premier ministre n’ont soulevé la question d’une responsabilité des autorités politiques de l’époque dans les actes de torture. Le 14 décembre 2000, sur ce sujet sensible, Jacques Chirac, qui a participé à la guerre d’Algérie comme lieutenant, avait reconnu pour la première fois qu’il y avait «eu en Algérie, et des deux côtés, des atrocités que l’on ne peut que condamner sans réserve». En novembre 2000, M. Jospin avait rejeté l’idée d’un «acte de repentance collective», en plaidant pour «la recherche de la vérité». Sorti sous-lieutenant de Saumur en 1962 au moment des accords d’Évian mettant fin à la guerre d’Algérie, M. Jospin n’a pas participé à la guerre d’Algérie. Dans la classe politique, seuls les Verts ont demandé que le tandem exécutif «reconnaisse la responsabilité de l’État français», sans quoi «aucun travail de mémoire ne pourra venir apaiser la cicatrice mal fermée de la guerre d’Algérie». Dès juillet 1995, M. Chirac avait fait avancer le devoir de mémoire sur les heures sombres du passé en reconnaissant la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs, rompant ainsi avec la position constante de ses prédécesseurs. De son côté, M. Jospin avait rendu hommage aux mutins de 1917. Sur la guerre d’Algérie, il avait fait un premier pas en 1999 en autorisant l’accès aux archives sur les massacres de 1961. Alors même que M. Jospin a annoncé le 26 avril la publication d’une circulaire permettant l’accès aux archives sur l’ensemble de la guerre d’Algérie, M. Chirac a souhaité vendredi que «les historiens soient en mesure de faire rapidement toute la lumière sur les responsabilités en accédant aux archives de l’époque».
L’affaire des confessions du général Paul Aussaresses sur la torture en Algérie a donné lieu à une nouvelle compétition entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, le chef de l’État demandant vendredi des «sanctions disciplinaires» contre l’officier. Depuis quelques mois et plus particulièrement depuis l’affrontement sur les farines animales en novembre 2000, tous les sujets apparaissent comme autant d’occasions pour les deux hommes de se marquer. Vendredi, le livre de l’ancien chef des services de renseignements à Alger (Services spéciaux, Algérie 1955-1957) en a fourni une nouvelle illustration. Le président a semblé vouloir prendre de vitesse le Premier ministre qui, la veille, avait exprimé sa «totale condamnation morale», mais sans évoquer de sanctions. Au risque d’apparaître maintenant comme plus...