Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Abats et débats

Il est des lieux prédestinés, berceaux de petits talk-shows fugaces, réunissant un cartel de constipés qui, brusquement, veulent régler en vrac tout le barnum libanais. Vingt-six ans de conflit débile, de béchamel politico-confessionnelle, d’alliance et de mésalliance, de parano communautaire… Tout ça, ils veulent le raser en trois cuillers à pot, le temps d’un petit raout champêtre autour d’un café généralement dégueulasse, aspiré bruyamment par une rafale de succions très caractéristiques, donnant à croire à une intense cogitation. À chaque fois, les cobayes qui s’essayent à cet exercice de style dégringolent en altitude. Y a quelques mois, c’était Btéghrine, hier Kornet Chehwane. Demain peut-être sur un chantier graveleux et plus tard, qui sait, dans une cuve à mazout à Dora… Finiront bien par s’entendre un jour sous-terre, au creux de la faille sismique de Yammouné. Le plus cocasse reste la qualité du débat. Refrain connu : tant qu’elles sont mélangées, les tribus communautaires rivalisent de formules fleuries, du genre «Syrie-sœur, la tante nationale, les bouses de vaches de Chebaa et nani nanère». Mais dès qu’ils travaillent en solo, ça tourne à «Syrie, et ta sœur ?» et «concert pour dents et couteaux de cuisine». Bonjour les abats ! Et puis, faut gérer les lavedus qui réagissent. Ceux qui ne ratent jamais l’occasion de la boucler : Istiz Nabeuh qui ne veut discutailler que des points sur lesquels tous les ahuris sont d’accord. Assem, l’agité du haut et du Baas, qui ne conçoit le débat qu’à travers son flingue. Borborygmes de basse facture où ni les uns ni les autres n’arrivent à crever l’abcès. Ceux qui veulent n’osent pas le trouver, ceux qui le trouvent n’osent pas le dire, ceux qui le disent ne sont pas écoutés, et ceux qui écoutent sont timorés…
Il est des lieux prédestinés, berceaux de petits talk-shows fugaces, réunissant un cartel de constipés qui, brusquement, veulent régler en vrac tout le barnum libanais. Vingt-six ans de conflit débile, de béchamel politico-confessionnelle, d’alliance et de mésalliance, de parano communautaire… Tout ça, ils veulent le raser en trois cuillers à pot, le temps d’un petit raout champêtre autour d’un café généralement dégueulasse, aspiré bruyamment par une rafale de succions très caractéristiques, donnant à croire à une intense cogitation. À chaque fois, les cobayes qui s’essayent à cet exercice de style dégringolent en altitude. Y a quelques mois, c’était Btéghrine, hier Kornet Chehwane. Demain peut-être sur un chantier graveleux et plus tard, qui sait, dans une cuve à mazout à Dora… Finiront bien par...