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Actualités - Chronologies

Débuts délicats pour la nouvelle administration sur la scène internationale

Le président George W. Bush, qui avait promis de placer sa politique étrangère sous le signe de «l’humilité», a connu un démarrage plutôt cahotant et controversé sur la scène internationale, où l’on redoute un repli sur la défense étroite des intérêts américains. Cent jours après sa prise de fonctions, la politique extérieure de la nouvelle administration apparaît également comme le champ clos d’un affrontement feutré, au résultat incertain, entre «faucons» et «modérés». L’opinion américaine semble toutefois peu émue par les multiples critiques venant de l’étranger sur les menaces de retrait des Balkans, les prises de distances avec le Proche-Orient ou les tensions qui se sont multipliées avec la Chine et la Russie. Le retour triomphal, hautement médiatisé, de l’équipage sans que Washington ait eu à présenter les excuses formelles réclamées par Pékin a manifestement fortement contribué à cette bonne image auprès de l’opinion intérieure. Le retrait imprévu du protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, qui a provoqué la colère et l’inquiétude des Européens et de nombreux autres pays à travers le monde, a en revanche terni l’image de M. Bush dans l’opinion américaine. Selon ce sondage publié par le Washington Post, moins de la moitié des Américains (47 %) se disent satisfaits de son action en matière d’environnement. L’actualité internationale n’a pas non plus laissé de répit à M. Bush, qui avait promis de ne pas s’impliquer autant que son prédécesseur Bill Clinton au Proche-Orient, et laissé entrevoir une révision à la baisse des forces américaines dans les Balkans. L’escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens et le regain de tensions en Macédoine et au Kosovo ont conduit le secrétaire d’État Colin Powell à tenter surtout pendant ses deux premières tournées à l’étranger de calmer les inquiétudes sur un désengagement américain de ces deux régions. «M. Bush espérait qu’avec les gens expérimentés qui sont autour de lui, il pourrait faire une revue de détail de la politique étrangère. Mais le monde ne reste pas calme juste parce que les Américains sont en train de revoir leur politique, et les événements ont exigé des actions», relève Helmut Sonnenfeldt, ancien conseiller du président Nixon et spécialiste de politique étrangère à la Brookings Institution. Trois mois après sa prise de fonctions, la nouvelle administration est toujours en proie à de sourdes luttes de factions, opposant, schématiquement, le département d’État dirigé par Colin Powell, jugé pragmatique, au Pentagone du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et au vice-président Dick Cheney, plus conservateurs. «La plupart des centres d’analyse ici pensent que Powell est celui qui aura le plus de divergences en matière de politique étrangère, avec Rumsfeld et Cheney», note M. Sonnenfeldt. L’engagement des États-Unis dans les forces internationales de maintien de la paix et le soutien aux organisations multilatérales, généralement tenues en haute suspicion par les conservateurs à Washington, risquent d’être le point d’achoppement. «Il est très probable que l’on va avoir une bataille entre Powell et les gens du Pentagone, qui sont plus clairement unilatéralistes et hégémonistes. Tôt ou tard il y aura des marchandages», affirme Chantal de Jonge Oudraat, spécialiste des affaires internationales à la fondation Carnegie. «Il y a une forte tendance unilatéraliste, mais même cette administration devra se rendre compte tôt ou tard qu’elle ne peut pas tout faire toute seule dans un monde de plus en plus interdépendant», souligne-t-elle.
Le président George W. Bush, qui avait promis de placer sa politique étrangère sous le signe de «l’humilité», a connu un démarrage plutôt cahotant et controversé sur la scène internationale, où l’on redoute un repli sur la défense étroite des intérêts américains. Cent jours après sa prise de fonctions, la politique extérieure de la nouvelle administration apparaît également comme le champ clos d’un affrontement feutré, au résultat incertain, entre «faucons» et «modérés». L’opinion américaine semble toutefois peu émue par les multiples critiques venant de l’étranger sur les menaces de retrait des Balkans, les prises de distances avec le Proche-Orient ou les tensions qui se sont multipliées avec la Chine et la Russie. Le retour triomphal, hautement médiatisé, de l’équipage sans que Washington...