Les 25 formations en lice pour les législatives anticipées du 29 avril au Sénégal abordent leur dernière semaine de campagne, en vue d’un scrutin présenté comme une étape cruciale de la démocratie sénégalaise. Avec des moyens financiers et matériels inégaux et des styles différents, les quelque 3 000 candidats qui briguent les suffrages d’environ 3 millions d’électeurs continuent de sillonner villes et villages pour rallier à leur cause les populations. Dans cette campagne qui se déroule dans le calme à l’exception de quelques incidents, la mode est aux visites de proximité et aux caravanes bruyantes et colorées. Ces manifestations attirent des foules, modestes ou importantes, qui semblent toujours plus intéressées et amusées par l’animation musicale et folklorique que par les professions de foi des candidats et les enjeux des élections. Même les 125 minutes que la radio et la télévision nationales consacrent chaque jour aux déclarations et aux meetings de campagne ne semblent pas battre des records d’écoute. Les législatives, organisées un an après l’alternance au sommet de l’État avec l’élection en mars 2000 du libéral Abdoulaye Wade à la présidence de la République, sont pourtant considérées par les politiciens comme un «troisième tour de la présidentielle», fondamental pour l’avenir du pays. Mélange de scrutins – majoritaire sur liste départementale pour 65 députés et proportionnel sur liste nationale pour les 55 autres –, les élections doivent permettre un renouvellement de l’Assemblée nationale dissoute le 15 février, qui était dominée par le Parti socialiste de l’ex-président Abdou Diouf. Elles devraient déboucher sur une recomposition de l’échiquier politique monopolisé par le PS qui, avant l’alternance, détenait la présidence de la République et disposait d’une majorité confortable à l’Assemblée et au Sénat. L’objectif du président Wade est de s’assurer une majorité à l’Assemblée qui lui permette, a-t-il dit, de mener ses réformes et ses projets. Pour ce faire, son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS), s’est allié à plusieurs petites formations dans une coalition appelée Sopi (changement). Fort de son aura et de son charisme, Abdoulaye Wade, sans être candidat, est monté en première ligne pour battre campagne en faveur de ses partisans. Cette implication directe du chef de l’État, resté secrétaire général du PDS, est vivement dénoncée par ses opposants, qui estiment que le contrôle de l’Assemblée par le PDS et ses alliés constituerait un «recul de la démocratie». Le combat contre cette éventuelle hégémonie est devenu le principal thème de campagne de l’opposition et même de partis qui avaient soutenu le président Wade à la présidentielle mais font cavalier seul aux législatives. Pour Moustapha Niasse, Premier ministre limogé en mars par le président Wade qu’il avait soutenu au deuxième tour de la présidentielle, donner la majorité au camp présidentiel équivaudrait à instituer un «parti-État». «Il ne faut pas mettre tous les œufs dans un même panier», renchérit Djibo Ka de l’Union pour le renouveau démocratique (URD), faisant référence à la concentration des pouvoirs exécutif et législatif qui découlerait d’une victoire de la coalition Sopi. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng, dénonce pour sa part les «dérapages extraordinaires», «la cacophonie» et «le bricolage» constatés selon lui en un an de pouvoir du président Wade.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les 25 formations en lice pour les législatives anticipées du 29 avril au Sénégal abordent leur dernière semaine de campagne, en vue d’un scrutin présenté comme une étape cruciale de la démocratie sénégalaise. Avec des moyens financiers et matériels inégaux et des styles différents, les quelque 3 000 candidats qui briguent les suffrages d’environ 3 millions d’électeurs continuent de sillonner villes et villages pour rallier à leur cause les populations. Dans cette campagne qui se déroule dans le calme à l’exception de quelques incidents, la mode est aux visites de proximité et aux caravanes bruyantes et colorées. Ces manifestations attirent des foules, modestes ou importantes, qui semblent toujours plus intéressées et amusées par l’animation musicale et folklorique que par les professions de foi des...