Les groupes palestiniens opposés au président Yasser Arafat ont posé deux conditions pour le rencontrer durant sa visite officielle prévue à Damas, a indiqué le week-end dernier le chef l’un des mouvements, Ahmed Jibril. M. Jibril, secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG, basé à Damas), a affirmé que M. Arafat devrait d’abord s’engager sur une poursuite de l’intifada jusqu’à ce qu’Israël «se retire sans condition des territoires palestiniens occupés en 1967». M. Arafat devra également se prononcer pour une «restauration de l’unité nationale palestinienne» sur la base de la charte originale de l’OLP, avant la suppression des clauses stipulant la destruction d’Israël. D’après M. Jibril, les organisations de l’opposition basées ou représentées en Syrie attendent de M. Arafat des réponses à ces questions, qu’il doit transmettre par le biais d’une délégation qui doit se rendre à Damas pour préparer la visite prévue du président palestinien, en principe dans le courant du mois d’avril. «Cette délégation devra apporter des réponses à deux questions posées par l’opposition. Premièrement : quels sont les objectifs politiques de l’intifada (soulèvement), et par quels moyens concrets pourrions-nous le renforcer et empêcher qu’il soit avorté», a-t-il déclaré. Pour les opposants palestiniens, «l’un des objectifs de l’intifada doit être de repousser l’ennemi sioniste des territoires occupés en 1967, sans aucune condition», a-t-il dit. «La deuxième question est comment se tenir aux principes de la Charte de l’OLP et aux droits historiques du peuple palestinien», a-t-il ajouté. «Nous, l’opposition palestinienne, sommes prêts à discuter de ces deux points avec la délégation qui précédera Arafat. Si les discussions sont positives, alors nous pourrons aller plus loin» et rencontrer le président palestinien lorsqu’il viendra à Damas, a-t-il affirmé. Il a indiqué que le FPLP-CG exigeait pour réactiver sa participation dans les instances de l’OLP, gelée en 1983, que celle-ci «s’attache à nouveau à sa charte qui affirme notre droit historique sur la terre de Palestine». «Si les choses vont dans ce sens positif, nous insisterons pour refaire l’unité nationale palestinienne», a-t-il dit. Pour M. Jibril, l’objectif de recouvrer les territoires occupés par Israël en 1967 ne doit être «qu’une étape transitoire» avant la récupération des territoires devenus l’État d’Israël en 1948. «Nous n’acceptons pas le programme politique de (la conférence de paix de) Madrid, c’est-à-dire la paix contre les territoires» occupés en 1967, a-t-il réaffirmé, soulignant que telle était la position du FPLP-CG et également «de nombreux camarades de l’opposition» palestinienne. M. Jibril a appelé à faire une différence entre l’OLP, d’une part, et, de l’autre, l’Autorité palestinienne formée après la mise en place, en 1994, du régime d’autonomie dans une partie des territoires palestiniens. «Il est possible pour l’Autorité d’Arafat de parler des solutions de compromis (avec Israël), mais l’OLP doit s’attacher aux principes de bases», c’est-à-dire sa charte originale, a-t-il dit. La Charte de l’OLP a été largement révisée, éliminant les clauses appelant à la destruction d’Israël le 14 décembre 1998 lors d’une réunion des hautes instances palestiniennes à Gaza, en présence du l’ancien président américain Bill Clinton.
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