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Actualités - Chronologies

Désolation et colère à Khan Younès

Mahmoud Abou Radwane et ses sept enfants fouillent les décombres de l’habitation familiale, à la recherche de manuels scolaires. Ce quartier d’un camp de réfugiés de la bande de Gaza offrait mercredi le spectacle d’un lendemain de tremblement de terre. Une dizaine de chars de l’armée israélienne ont pilonné dans la nuit le quartier d’al-Toufah, faisant deux tués. Des bulldozers militaires ont rasé une trentaine d’habitations situées dans un secteur à partir duquel des Palestiniens avaient dans le passé tiré contre un bloc de colonies jouxtant ce camp de réfugiés, dans le sud de la bande de Gaza. Depuis octobre, Mahmoud Abou Radwane et sa famille passaient la nuit chez des parents de crainte de frappes israéliennes contre le quartier, qu’ils regagnaient le jour. «Toutes nos affaires se trouvaient dans la maison, elles sont enterrées sous les décombres», dit ce chômeur de 47 ans. «On essaye de trouver les manuels scolaires des enfants pour qu’ils puissent aller à l’école», ajoute-t-il. «Je vais installer une tente ici et vivre dedans avec ma famille», explique-t-il. Des matelas, un téléviseur détruit, un téléphone et des chaussures émergent en partie des ruines. Assis à même le sol sous une bâche fixée à des poteaux en bois, des voisins, dont la demeure a également été détruite, prennent le déjeuner, offert par des habitants du camp. Amine Souleimane, un instituteur père de six enfants, affirme que les bombardements israéliens ne le contraindront pas à fuir. «Israël ne nous poussera pas à l’exode comme en 1948», lors de la création de l’État juif, dit-il. «La seule solution est que les pays arabes autorisent les musulmans à combattre à nos côtés pour libérer la Palestine et la mosquée d’al-Aqsa», à Jérusalem, estime-t-il. À quelques mètres de là, un vieillard, courbé en deux, tente de sortir des décombres un sac de farine portant le sigle de l’Unrwa, l’agence de l’Onu pour l’aide aux réfugiés palestiniens. Les façades de deux immeubles encore debout dans le quartier sont percées d’impacts d’obus, vestiges de précédents raids israéliens au cours de l’intifada. «Où allons nous vivre maintenant ?», se lamente, en robe et voile noirs, Ghalia, la sœur de Mahmoud Abou Radwane, assise sur un monticule de ruines. «La solution est entre les mains des pays arabes qui ne font que regarder ce qui nous arrive», rage-t-elle. Les bulldozers israéliens, appuyés par des hélicoptères, ont aussi rasé un barrage de sable érigé il y a quelques mois par les habitants du quartier pour se protéger des tirs de la position israélienne en face du quartier, non loin du bord de mer. Dans la principale rue du camp, des employés municipaux s’activent à réparer un pylône électrique endommagé dans l’attaque, entraînant une coupure du courant. «Je connaissais quelques familles qui habitaient ici et je ne sais pas ce qu’elle sont devenues», affirme Hervé Landa, un psychologue de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières, venu inspecter les lieux. «Les gens ont dû avoir très peur cette nuit. Cela devait être terrible», estime M. Landa, qui travaille dans la bande de Gaza depuis novembre. Selon des témoins, le ministre palestinien des Finances Mohammad al-Nachachibi et le gouverneur de Khan Younès Saker Bseisso, venus inspecter le site, ont été attaqués à coups de pierres par des habitants du camp, mécontents de l’insuffisance par le passé de l’aide financière de l’Autorité palestinienne aux réfugiés frappés par des raids israéliens.
Mahmoud Abou Radwane et ses sept enfants fouillent les décombres de l’habitation familiale, à la recherche de manuels scolaires. Ce quartier d’un camp de réfugiés de la bande de Gaza offrait mercredi le spectacle d’un lendemain de tremblement de terre. Une dizaine de chars de l’armée israélienne ont pilonné dans la nuit le quartier d’al-Toufah, faisant deux tués. Des bulldozers militaires ont rasé une trentaine d’habitations situées dans un secteur à partir duquel des Palestiniens avaient dans le passé tiré contre un bloc de colonies jouxtant ce camp de réfugiés, dans le sud de la bande de Gaza. Depuis octobre, Mahmoud Abou Radwane et sa famille passaient la nuit chez des parents de crainte de frappes israéliennes contre le quartier, qu’ils regagnaient le jour. «Toutes nos affaires se trouvaient dans la...