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Actualités - Chronologies

Risque croissant de pollution marine en Méditerranée

Avec l’intensification du trafic maritime et la violation des règles internationales, le risque d’une pollution massive de type Erika en Méditerranée va croissant, ont estimé cette semaine à Monaco des juristes travaillant sur la prévention des accidents maritimes. Une série d’amendements à la convention de Barcelone de 1976 sur la protection de la Méditerranée doivent être adoptés aujourd’hui par ces juristes d’une vingtaine de pays du pourtour méditerranéen réunis dans la principauté dans le cadre du partenariat Euromed (pays de l’Union européenne et pays méditerranéens). Les protocoles de la convention de Barcelone sont jugés obsolètes par les experts. La catastrophe de l’Erika, pétrolier maltais transportant 30 000 tonnes de fioul lourd et coulé dans l’Atlantique au large de la Bretagne (ouest de la France) s’est déroulée en décembre 1999. La prévention d’un risque de pollution marine massive en Méditerranée doit constituer une priorité, a estimé un professeur de droit maritime à l’université de Nice (sud-est de la France), Alain Piquemal, qui est aussi membre du Conseil de la mer de la principauté de Monaco. «En cas de pollution massive, il faudrait un siècle pour que les eaux se renouvellent», a souligné le M. Piquemal. Évoquant l’incendie du pétrolier géant Haven, en 1981 au large de Gênes (nord de l’Italie), qui transportait 144 000 tonnes de brut, il a souligné que «la probabilité d’un accident en Méditerranée est élevée». Il a rappelé que 200 à 300 pétroliers y naviguent chaque jour en moyenne avec des passages difficiles comme le détroit de Bonifacio (entre la Corse et la Sardaigne) où le trafic des pétroliers et des navires transportant des matières dangereuses a augmenté de 40 % depuis 1985. Un tiers environ du volume total du commerce maritime mondial, notamment pétrolier, provient ou est destiné à des ports méditerranéens. «Le trafic, a ajouté le Pr Piquemal, est appelé à augmenter et le risque est d’autant plus important qu’il s’agit d’un bassin semi fermé où les eaux ne se renouvellent que très lentement». En cas de pollution marine importante, les États riverains se doivent une assistance mutuelle. Ils coopèrent par l’intermédiaire du Centre régional méditerranéen pour l’intervention d’urgence contre la pollution marine accidentelle (Rempec). Cet organe de l’Onu créé en 1989 et géré par l’Organisation maritime internationale (Omi) fournit des informations et une assistance. Douze des vingt pays riverains seulement possèdent un plan d’urgence national (Algérie, Croatie, Chypre, Égypte, Espagne, France, Grèce, Italie, Malte, Monaco, Maroc et Tunisie). «Nous avons aujourd’hui les moyens d’intervenir grâce au Rempec mais il faut aller plus loin», a plaidé le coordinateur du Plan d’action pour la Méditerranée (Pam créé en 1975), Lucien Chabason. «Il faut obliger les pays du bassin à avoir des équipements adéquats, établir des rails de circulation, des séparations de trafic aux endroits dangereux», a estimé M. Chabason. Il a toutefois souligné que tous les pays n’en sont pas au même stade de développement et a appelé de ses vœux un partenariat soutenu par l’Europe pour aider ces pays «à faire face à leurs obligations».
Avec l’intensification du trafic maritime et la violation des règles internationales, le risque d’une pollution massive de type Erika en Méditerranée va croissant, ont estimé cette semaine à Monaco des juristes travaillant sur la prévention des accidents maritimes. Une série d’amendements à la convention de Barcelone de 1976 sur la protection de la Méditerranée doivent être adoptés aujourd’hui par ces juristes d’une vingtaine de pays du pourtour méditerranéen réunis dans la principauté dans le cadre du partenariat Euromed (pays de l’Union européenne et pays méditerranéens). Les protocoles de la convention de Barcelone sont jugés obsolètes par les experts. La catastrophe de l’Erika, pétrolier maltais transportant 30 000 tonnes de fioul lourd et coulé dans l’Atlantique au large de la Bretagne (ouest...