Le Tour de France, qui a présenté hier à Paris son plan d’action en dix points, s’est engagé dans la lutte antidopage afin de garantir dans la mesure du possible l’intégrité de sa course. Pour faire face au danger, les responsables de la plus grande épreuve du monde ont changé de stratégie. Sortant de leur rôle strict d’organisateur, une limite qui leur avait valu des critiques lors du procès Festina à l’automne dernier, ils ont décidé d’assumer de nouvelles responsabilités. Moins de trois ans après l’affaire Festina qui a empoisonné le Tour 1998 et ses suivants, les plus hauts responsables de la Grande boucle ont voulu s’adresser solennellement à la presse et au public. Avec, en première ligne, Patrice Clerc, l’ancien patron de Roland-Garros devenu voici peu le successeur de Jean-Claude Killy à la tête d’Amaury Sport Organisation (ASO), l’organisme qui chapeaute la Société du Tour de France. Pourquoi avoir attendu ? «Il y a eu un grand choc en 1998. Puis, il a fallu prendre la mesure du problème. Ce délai était nécessaire pour que l’ensemble des conditions soit réuni, qu’il y ait une adhésion générale. Maintenant est venu le temps de l’action», a répondu Patrice Clerc. En soulignant l’élément essentiel apporté la semaine passée par la validation du test anti-EPO dans les analyses urinaires, Patrice Clerc a détaillé les décisions prises par les organisateurs du Tour. Des mois de contacts tous azimuts, d’idées en tout genre, ont abouti à un plan de longue haleine qui cherche à balayer au plus large. Le Tour s’implique résolument dans la prévention, notamment auprès des jeunes, et entend favoriser le développement scientifique de la lutte antidopage. Sans s’occuper de recherche biologique stricte (la détection de produits), il s’engage à financer des laboratoires du CNRS (Centre national de recherche scientifique) sur des programmes périphériques et jusqu’à présent négligés. Dans un souci plus immédiat, le Tour fait appel au sens des valeurs des acteurs du cyclisme. Le code éthique, qualifié de «document essentiel» par Patrice Clerc, est la base que doivent respecter coureurs, directeurs sportifs et médecins. Sous peine de ne pas être admis au départ et surtout d’être montrés du doigt publiquement. Les mesures concrètes (examen préalable, contrôles multipliés) accompagnent la détection désormais possible de l’EPO, le produit dopant généralisé dans les années 1990. «Nous allons faire en sorte que les héros restent propres en multipliant les contrôles chaque jour», a souligné Patrice Clerc. Abstraction faite des limites techniques actuelles des laboratoires, le plan du Tour de France a cherché à prendre en compte les failles du dispositif. En juillet prochain, deux ou trois médecins seront mandatés par l’Union cycliste internationale (UCI) afin de donner un accord préalable avant toute prescription de substances soumises à restriction. Cette décision devrait contrecarrer l’utilisation de médicaments, notamment de corticoïdes, révélée après le dernier Tour de France (plus de 40 pour cent des contrôles). Les résultats seront connus dans les 72 heures, a ajouté Patrice Clerc en insistant sur l’idée de transparence et sur la volonté des organisateurs du Tour de s’impliquer financièrement («Nous mettrons les moyens nécessaires à notre engagement dans cette lutte»). Le budget prévu dépasse pour l’instant les 10 millions de francs sur les trois prochaines années. «Nous sommes à un tournant», a rappelé en préambule Jean-Pierre Courcol, président du directoire du groupe Amaury (propriétaire notamment de L’Équipe, du Parisien et du Tour de France). «Même si elles sont quelquefois injustes ou exagérées, les attaques contre le cyclisme ne sont pas infondées. Le cyclisme est le premier sport à réagir».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Tour de France, qui a présenté hier à Paris son plan d’action en dix points, s’est engagé dans la lutte antidopage afin de garantir dans la mesure du possible l’intégrité de sa course. Pour faire face au danger, les responsables de la plus grande épreuve du monde ont changé de stratégie. Sortant de leur rôle strict d’organisateur, une limite qui leur avait valu des critiques lors du procès Festina à l’automne dernier, ils ont décidé d’assumer de nouvelles responsabilités. Moins de trois ans après l’affaire Festina qui a empoisonné le Tour 1998 et ses suivants, les plus hauts responsables de la Grande boucle ont voulu s’adresser solennellement à la presse et au public. Avec, en première ligne, Patrice Clerc, l’ancien patron de Roland-Garros devenu voici peu le successeur de Jean-Claude Killy à la...