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Actualités - Chronologies

Transports aériens - SAirGroup en perte de vitesse

Le suisse SAirGroup devrait publier aujourd’hui des résultats 2000 calamiteux, qui sonneront l’heure de vérité pour le deuxième pôle aérien français AOM-AirLittoral-AirLiberté, et pour l’un de ses principaux actionnaires, le «patron des patrons» français, Ernest-Antoine Seillière. SAirGroup, qui a repoussé de trois semaines la publication de ces mauvaises nouvelles, devrait dévoiler des pertes pour ses filiales AOM-AirLittoral-AirLiberté comprises entre 300 et 450 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard EUR, selon les estimations des analystes. La révélation de ce gouffre financier risque de sonner le glas de ce qui se voulait le deuxième pôle aérien français, fort de 7 000 salariés et en concurrence directe avec Air France. SAirGroup, maison-mère de Swissair, très endetté par une politique d’expansion qui lui a coûté la bagatelle de 3,3 mds EUR, est contraint de faire le ménage dans son portefeuille à l’étranger et d’abandonner les participations non rentables. L’effondrement éventuel d’AOM-AirLittoral-AirLiberté rejaillirait sur la réputation «d’entrepreneur-actionnaire» du président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Ernest-Antoine Seillière. À la tête de la holding familiale Marine-Wendel depuis 1976 et de la Compagnie générale d’industrie et de participations (CGIP) qu’il a créée en 1982, M. Seillière avait fait jusque-là un parcours sans faute. Marine-Wendel et son fonds d’investissement Groupe Alpha ont placé en 1999 respectivement 300 MF et 150 MF dans le 2e pôle aérien français émergent. Ils détiennent 50,1 % aux côtés de SAirGroup, une participation gérée à travers le holding néerlandais Taitbout Antibes. Pour atténuer ses responsabilités dans le fiasco annoncé, Marine-Wendel souligne que la gestion du pôle aérien relève de SAirGroup. Mais malgré l’engagement qu’il affirme avoir obtenu de son partenaire suisse de lui racheter ses parts en 2004 – et de lui sauver ainsi au moins la mise en cas de catastrophe financière –, le groupe de M. Seillière devra renoncer aux plus-values qu’il attendait de cet investissement. Ce relatif retour de fortune s’ajoute aux soucis de M. Seillière au sujet des participations industrielles de la CGIP, qui subissent le contrecoup de la chute des valeurs technologiques (Fortel, Trader.com) et du ralentissement du marché américain de l’automobile (Valéo). Déconcerté par une situation qu’il ne semble pas avoir anticipée, M. Seillière s’est résigné à attendre des jours meilleurs pour mettre sur le marché des sociétés qui auraient pu être cédées plus tôt. Mais, contre la mauvaise fortune du financier, M. Seillière, héritier d’une lignée de sidérurgistes lorrains, tente de faire prévaloir la logique de l’industriel : «La CGIP est un investisseur de long terme, habitué à rester aux côtés des sociétés lorsqu’elles ont des difficultés conjoncturelles», a-t-il déclaré mercredi. En attendant, les filiales de la CGIP sont sommées d’améliorer leur rentabilité et de se recentrer, pour lui assurer un retour sur investissement rapide. Trader.com (annonces classées), qui a triplé ses pertes en 2000, à 135 M EUR, après un parcours chaotique en Bourse, a déjà réduit sa voilure pour se concentrer sur l’immobilier et l’automobile. Valéo doit annoncer sa nouvelle stratégie le 12 avril. Des coupes claires dans les dépenses sont attendues. M. Seillière est par ailleurs en train de colmater la brèche ouverte par le retrait du néerlandais UPC dans le tour de table de l’opérateur Fortel, titulaire d’une licence de boucle locale radio (BLR), dont Marine-Wendel est actionnaire à 47 %. UPC devrait être prochainement remplacé par LD.com, filiale de Louis-Dreyfus. Mais les banques étant plus attirées par l’UMTS (mobile de 3e génération), et les coûts des équipements pour l’utilisateur final s’étant alourdis, le marché de la BLR présente moins de visibilité, ce qui risque de contrarier la promesse d’un retour rapide sur investissement pour Marine-Wendel.
Le suisse SAirGroup devrait publier aujourd’hui des résultats 2000 calamiteux, qui sonneront l’heure de vérité pour le deuxième pôle aérien français AOM-AirLittoral-AirLiberté, et pour l’un de ses principaux actionnaires, le «patron des patrons» français, Ernest-Antoine Seillière. SAirGroup, qui a repoussé de trois semaines la publication de ces mauvaises nouvelles, devrait dévoiler des pertes pour ses filiales AOM-AirLittoral-AirLiberté comprises entre 300 et 450 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard EUR, selon les estimations des analystes. La révélation de ce gouffre financier risque de sonner le glas de ce qui se voulait le deuxième pôle aérien français, fort de 7 000 salariés et en concurrence directe avec Air France. SAirGroup, maison-mère de Swissair, très endetté par une...