Le marché libanais des changes et la Bourse de Beyrouth ont été fermés, hier, en raison du chômage officiel à l’occasion du Nouvel An de l’Hégire. Ils reprendront leurs activités normalement dès aujourd’hui. Rappelons que le dollar avait clôturé la semaine dernière au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais compte tenu de la persistance d’une certaine demande du billet vert en l’absence de contreparties valables à l’offre en dehors de la BDL même au haut de sa fourchette d’intervention, il a été négocié dans les transactions interbancaires à 1 514,00 LL. Appréciation de l’euro sur espoir de baisse des taux européens À l’étranger, l’euro a repris du poil de la bête contre le billet vert en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, avant la réunion après-demain du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), d’après les analystes. Ce modeste redressement de l’euro au-dessus du seuil de 0,89 dollar a été lié aux espoirs d’une baisse des taux européens, ont indiqué ces sources. Mais si les défenseurs de la monnaie unique décident de maintenir le loyer de l’argent inchangé cette semaine, l’euro risque de retomber à ses plus bas niveaux face au billet vert, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Pour la plupart de ces analystes interviewés par Reuter, la BCE devra abaisser son taux directeur d’un demi-point en pourcentage à 4,25 % pour que l’euro se reprenne réellement. Toutefois, la hausse de l’inflation, plus importante que prévu en Allemagne pour le mois de février, a laissé le marché dans le doute alors qu’une relance des pressions sur les prix risque de rendre plus difficilement justifiable une baisse rapide du loyer de l’argent en Europe. Cette crainte a été relancée hier par la hausse des prix à la production industrielle en Allemagne de 0,3 % le mois dernier et de 4,7 % en glissement annuel contre 0,1 % et 4,6 % en janvier selon l’Office fédéral des statistiques. Pourtant, ce phénomène a été neutralisé par le ralentissement du rythme de croissance des prix à l’importation en Allemagne à 5,4 % contre 6,5 % en glissement annuel pendant la même période, selon la même source. En outre, le yen est resté fragile, alors que le marché doute que la situation de l’économie japonaise s’améliore dans les prochains mois. À cet égard, certains analystes tablent sur un repli de la devise nippone jusqu’à 135 yens pour un dollar dans les trois mois à venir, phénomène qui a redonné de la résistance au billet vert. Enfin, la livre sterling a légèrement profité de la révision à la hausse de la croissance de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) britannique au 4e trimestre et finalement de 2,6 % en rythme annuel au lieu de 0,3 % et de 2,5 % respectivement lors d’une précédente estimation. Pourtant, l’attente du discours du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, sur la politique monétaire américaine, qu’il doit prononcer aujourd’hui devant la National Association of Business Economics (NABE) à Washington, a maintenu l’expectative hier sur des marchés soucieux de savoir si une nouvelle baisse des taux aux États-Unis pourrait intervenir prochainement. Compte tenu de toutes ces considération, le dollar s’est négocié sur un faible à hésitant, à New York, comme suit : – 0,8955 pour un euro contre 0,8900, vendredi dernier – 1,4325 pour un sterling contre 1,4250 – 2,1840 DM contre 2,1980 – 7,3240 FF contre 7,3710 – 1,7160 FS contre 1,7210 – 2 161,95 lires contre 2 175,85 – 122,70 yens contre 122,75. Fermeté de Wall Street et irrégularité du Nasdaq Sur les places boursières internationales, Wall Street a continué hier sur sa lancée de la fin de la semaine dernière, profitant d’une poursuite de la chasse aux bonnes affaires, alors que la Bourse électronique Nasdaq souffrait de déclarations peu favorables aux placements dans la haute technologie. Les investisseurs ont donc été sensibilisés par les commentaires de la firme de courtage Salomon Smith Barney, qui s’attend à un déclin de 6 % en moyenne des bénéfices par action des entreprises représentées sur le Standard & Poor’s 500 cette année en raison du ralentissement économique. Il en est de même de l’interview du président de Cisco Systems, John Chambers, au Financial Times, selon lequel le ralentissement économique se poursuivra aux États-Unis pendant au moins trois trimestres. Selon les professionnels, Wall Street a été soutenue par des informations de presse selon lesquelles les autorités de l’État de Californie s’apprêteraient à augmenter les tarifs d’électricité avec effet à partir du mois de mai. En effet, les titres de toutes les sociétés distributrices d’électricité, notamment Pacific Gas and Electric et Edison International, ont été en nette hausse. Pourtant, les titres des fabricants de semi-conducteurs pour les communications et les transmissions par large bande ont été en baisse après les avertissements sur leurs résultats lancés par PMC-Sierra, Conexant Systems et PMCS. Mais dans l’ensemble, l’orientation du marché est restée positive sauf sur le Nasdaq dont l’indice composite a reculé jusqu’à 1 920 points, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 338,15 points et un plus haut à 9 724,97 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 648,78 points, en hausse de 144 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes dopées par les TMT La semaine a bien débuté pour les marchés boursiers européens qui ont pu très largement confirmer la reprise entamée vendredi après la tourmente des jours précédents. Ce très net redressement a été surtout le fait des TMT – technologies, médias et télécommunication – parmi lesquelles on a remarqué les fortes hausses de grands groupes comme l’allemand Siemens ou le néerlandais Philips et il s’est trouvé encouragé par la confirmation de la meilleure tenue des marchés américains en début de matinée. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 affichait une forte hausse de 3,14 %, à 1 349,77, et l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro inscrivait une avance 3,55 %, à 4 144,78. Néanmoins, les gérants de portefeuille préfèrent s’en tenir à la prudence. Ainsi, Thierry Rojat, du fonds Montblanc, de Weavering Capital, a déclaré : «Je pense que ce pourrait être seulement une reprise à court terme dans un marché baissier». «L’Europe considère maintenant avec plaisir qu’une baisse de taux a de bonnes chances d’intervenir, ajoute ce professionnel. Je pense que nous aurons une réduction des taux de la Banque centrale européenne jeudi et, si ce n’est pas le cas, à sa prochaine réunion». Dans ce contexte, les banques et les financières, sensibles à l’évolution des taux, ont été particulièrement bien orientées, après avoir été durement touchées par les dégagements de la semaine passée. Lehman Brothers a estimé en ce début de semaine qu’il était temps maintenant de se porter acheteur sur les actions européennes, disant qu’elles sont maintenant sous-évaluées de quelque 29 % car leurs cours prennent en compte par avance une récession dont la banque américaine estime maintenant qu’elle ne se produira pas. Lehman recommande par conséquent de sous-pondérer les cycliques et d’être plus positif sur les TMT, avec des recommandations à «surpondérer» sur les technologiques et «neutre» sur les télécoms et les médias. Siemens a affiché en fin d’après-midi une hausse de 7,93 % tandis que Philips a gagné 7 % et que France Télécom a fait un bond en avant de 8,04 %. Tokyo : en vive reprise La Bourse de Tokyo a clôturé en vive hausse lundi, l’ensemble de la cote profitant de l’embellie sous la conduite des valeurs vedettes de la technologie comme Advantest Corp. Les high techs nippones ont bénéficié du rebond de leurs homologues américaines, vendredi dernier, et les investisseurs ont repris l’espoir d’un règlement plus rapide que prévu du problème des créances douteuses qui minent le système bancaire japonais. L’indice Nikkei 225 a fini sur un gain de 647,77 points, soit 4,90 %, à 13 862,31. L’indice élargi TOPIX, qui prend en compte toutes les valeurs de la première section, a gagné 56,03 points, soit 4,37 %, à 1 337,63. «On s’attend à des mesures pour régler les créances douteuses», a expliqué Takashi Miyazaki, stratégiste chez le gérant de fonds Partners Asset Management. «Tant que le marché espère vraiment ces mesures, la hausse pourrait être soutenue à Tokyo. Mais cela ne va pas être beau à voir si les investisseurs sont déçus par le programme envisagé». Le chef de l’Agence des services financiers (l’équivalent d’un secrétariat d’État), Hakuo Yanagisawa, s’est engagé à présenter un ensemble de mesures d’ici à la fin mars pour aider les banques à purger leurs créances douteuses. Le Nikkei a fait un bond de 21,2 % depuis qu’il a touché un plus bas de 16 ans en séance à 11 433,88 points le 15 mars. Le TOPIX est maintenant 18,19 % au-dessus d’un plus bas de deux ans à 1 125,40 points touché le même jour. Les gains ont surpassé les pertes par 1 371 à 67 sur la première section. Le volume a été relativement élevé, avec 1 196,38 millions d’actions échangées sur la première section, contre 892,80 millions vendredi.
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