La visite à Washington du vice-Premier ministre chinois Qian Qichen marque le premier contact de l’Administration Bush avec les dirigeants de Pékin, sur fond de tensions sur la question de Taïwan, du bouclier antimissile et des droits de l’homme. Mardi à New York, M. Qian, un ancien ministre des Affaires étrangères qui garde la haute main sur la diplomatie de son pays, a donné le ton en déclarant devant l’Asia Society que Taïwan était «le sujet le plus important et le plus sensible dans les relations entre la Chine et les États-Unis». Qian Qichen a rencontré hier le secrétaire d’État Colin Powell, qui a organisé un dîner en son honneur au département d’État. Aujourd’hui il doit être reçu par le président George W. Bush, qui a jusqu’à présent tenu sa promesse de campagne d’adopter une ligne de fermeté vis-à-vis de la Chine, provoquant un regain de tension entre les deux géants de part et d’autre de l’océan Pacifique. Beaucoup d’experts voient dans la visite de Qian une tentative de Pékin pour empêcher la vente à Taïwan du système défense anti-aérien Aegis, dont Pékin qu’elle pourrait contrer efficacement la menace que font peser sur l’île les missiles chinois positionnés dans la province du Fujian (sud-est de la Chine). La Chine a mis en garde les États-Unis à plusieurs reprises contre la vente du système Aegis à Taipei, la qualifiant d’affaire «très, très grave». L’Administration Bush, qui doit décider en avril des armes qu’elle vendra à Taïwan, n’a pas paru impressionnée. «Nous ne consultons pas la Chine sur nos ventes d’armes à Taïwan. Nous vendons à Taïwan ce que nous pensons être approprié et nécessaire pour assurer ses besoins de défense légitimes», a déclaré le porte-parole du département d’État Richard Boucher. La Chine a également manifesté son opposition au projet américain de bouclier antimissile, que le président Jiang Zemin a accusé de compromettre la paix dans le monde. Mais le Premier ministre chinois Zhu Rongji a adopté la semaine dernière un ton plus conciliant en invitant le président Bush à Pékin, en marge d’un sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) en octobre à Shanghai. M. Zhu a reconnu que plusieurs responsables américains avaient traité la Chine de «concurrente», tout en lui accordant le titre de «partenaire» dans le domaine commercial. «La Chine et les États-Unis doivent coopérer dans d’autres domaines, c’est pourquoi je pense que les divergences ne sont pas si graves», a-t-il dit. Le lobby protaïwanais aux États-Unis a gagné d’importants soutiens au sein du Congrès, particulièrement au sein du parti républicain, et l’Administration américaine a annoncé son intention d’appuyer une résolution demandant la condamnation de la Chine par la Commission des droits de l’homme de l’Onu, dont la Chine a toujours réussi par le passé à empêcher l’adoption (voir par ailleurs). Washington accuse les dirigeants chinois de persécuter les opposants à leur régime communiste et de violer la liberté religieuse, dont les membres de la secte Falungong, contre laquelle une vaste campagne de répression a été lancée en Chine. Les relations sino-américaines ont encore été assombries par la révélation mercredi à Pékin de la détention d’un enfant américain de cinq ans, Andrew Xue, pendant près d’un mois par les autorités chinoises. La mère chinoise de l’enfant, Gao Zhan, qui enseigne à l’American University de Washington, est toujours détenue en Chine où elle est soupçonnée «d’activité menaçant la sécurité de l’État». Son mari a déclaré à Washington qu’elle avait étudié le rôle des Taïwanaises dans le processus démocratique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La visite à Washington du vice-Premier ministre chinois Qian Qichen marque le premier contact de l’Administration Bush avec les dirigeants de Pékin, sur fond de tensions sur la question de Taïwan, du bouclier antimissile et des droits de l’homme. Mardi à New York, M. Qian, un ancien ministre des Affaires étrangères qui garde la haute main sur la diplomatie de son pays, a donné le ton en déclarant devant l’Asia Society que Taïwan était «le sujet le plus important et le plus sensible dans les relations entre la Chine et les États-Unis». Qian Qichen a rencontré hier le secrétaire d’État Colin Powell, qui a organisé un dîner en son honneur au département d’État. Aujourd’hui il doit être reçu par le président George W. Bush, qui a jusqu’à présent tenu sa promesse de campagne d’adopter une ligne de...