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Actualités - Chronologies

Le béret noir en fait voir de toutes - les couleurs à l’armée américaine

Un petit béret a semé ces derniers temps la zizanie au sein de la puissante armée de terre américaine et il aura fallu l’intervention des plus hautes instances militaires et politiques pour ramener dans le rang l’unité d’élite de l’infanterie américaine, les Rangers. Le chef d’état-major Eric Shinseki est venu en personne expliquer à la presse, ce vendredi, que dans le cadre de «changements» pour adapter l’armée «aux défis du XXIe siècle», tous les soldats adopteraient bien comme prévu en juin le béret noir des Rangers. Mais ces derniers, a dit le général Shinseki, porteront désormais le béret marron clair pour préserver leur spécificité. Jusqu’alors, plusieurs anciens Rangers avaient mené la fronde, affirmant que la mesure allait diluer le symbole de ce béret, caractéristique selon eux des mérites exceptionnels de leur unité. L’un d’eux, David Nielsen, 30 ans, a parcouru quelque 1 750 kilomètres à pied, avant de diriger une manifestation de protestation à Washington le week-end dernier. Les opposants comptaient plusieurs alliés, parmi lesquels le journal conservateur Washington Times qui regrettait – dans son édition de vendredi – que le général Shinseki «soit têtu comme une mule». Le puissant sénateur républicain John Warner avait demandé «une pause permettant aux responsables de l’Administration Bush de réexaminer une décision» prise sous le président démocrate Bill Clinton, en octobre dernier. Mais autorité est restée au chef d’état-major. «Nous nous attendions à des expressions de mécontentement, le changement est toujours difficile, surtout dans des institutions fières et respectées», a noté le général Shinseki, lui-même ex-Ranger. Mais, a-t-il dit, «nous transformons l’armée la plus forte du monde du moment, héritière de la guerre froide, en une force stratégiquement responsable dans une série de missions». Selon lui, l’attribution à tous du béret noir, «symbole d’excellence», pour remplacer calots et casquettes, va illustrer la capacité de l’US Army à se transformer en une force allégée, plus mobile et «encore meilleure» au XXIe siècle. Eric Shinseki n’a certes pas réussi à convaincre les journalistes américains que le changement devait passer par le béret, surtout pour un coût de 27 millions de dollars. Mais il a rappelé que, dans l’histoire des États-Unis, d’autres unités – dans les blindés, la cavalerie et l’infanterie – ont déjà porté ce couvre-chef noir d’origine franco-britannique. Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, est venu à sa rescousse, en indiquant que la liste des fournisseurs «était en cours d’examen». En effet, pour fournir rapidement près de trois millions de bérets – avant le 14 juin, jour anniversaire de l’US Army – le Pentagone avait renoncé à l’exclusivité accordée aux fabricants américains et fait appel à des étrangers, y compris en Chine. Obéissant aux ordres, mais manifestement à contrecœur, le 75e régiment de Rangers de Fort Bragg (Caroline du Nord), quartier général des 3 000 Rangers américains, avait annoncé un peu plus tôt «la décision d’adopter le béret marron clair (Tan béret) afin de maintenir un béret distinct». Sa couleur doit, selon un communiqué, rappeler le kaki des uniformes des Rangers en Corée et au Vietnam, tout comme les sables où ils s’illustrèrent, en Europe et dans le Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale, puis en Irak ou en Somalie. «Chaque unité d’élite des forces armées américaines a sa spécificité», a expliqué le lieutenant-colonel William Wheehelan. Les Rangers, qui reçoivent sans doute l’entraînement le plus poussé y compris en parachutisme, «ont pour rôle d’attaquer et capturer» des positions très dangereuses, les «Special Forces» (au béret vert – «Green Béret») interviennent derrière les lignes ennemies, les «Marines», plus nombreux, sont un corps expéditionnaire et les «Navy Seals» (unité d’élite de la marine) opèrent près des côtes, a-t-il expliqué.
Un petit béret a semé ces derniers temps la zizanie au sein de la puissante armée de terre américaine et il aura fallu l’intervention des plus hautes instances militaires et politiques pour ramener dans le rang l’unité d’élite de l’infanterie américaine, les Rangers. Le chef d’état-major Eric Shinseki est venu en personne expliquer à la presse, ce vendredi, que dans le cadre de «changements» pour adapter l’armée «aux défis du XXIe siècle», tous les soldats adopteraient bien comme prévu en juin le béret noir des Rangers. Mais ces derniers, a dit le général Shinseki, porteront désormais le béret marron clair pour préserver leur spécificité. Jusqu’alors, plusieurs anciens Rangers avaient mené la fronde, affirmant que la mesure allait diluer le symbole de ce béret, caractéristique selon eux des...