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Actualités - Chronologies

Une frontière impossible à contrôler

Alors que les combats font rage en Macédoine, la force multinationale de paix au Kosovo (Kfor) est confrontée à une mission quasi impossible : contrôler une frontière passoire pour couper les vivres à la guérilla albanaise de l’UCK macédonienne. La fermeture de la frontière par Skopje, qui accuse le Kosovo de constituer une base arrière pour l’UCK, entraîne également un grave problème de ravitaillement sanitaire et alimentaire pour la province yougoslave administrée par l’Onu. Officiellement, la Kfor «contrôle et sécurise» la frontière. Quelque 200 soldats sont présents dans la région de Debelde, village frontalier avec la Macédoine, des patrouilles de la Kfor opèrent dans la zone montagneuse séparant les deux territoires, des hélicoptères effectuent une surveillance aérienne du secteur. Depuis deux semaines, le commandant de la force multinationale, le général Carlo Cabigiosu, s’évertue à répéter que ses troupes «conduisent une opération militaire déterminée et réussie» pour empêcher les maquisards albanais de passer de chaque côté de la frontière. «Ces opérations ont permis de limiter les traversées illégales (entre le Kosovo et la Macédoine) et de s’assurer que le Kosovo ne constitue pas une base arrière pour les extrémistes albanais opérant en Macédoine», a-t-il affirmé récemment. Mais sur le terrain, la situation apparaît moins claire. Près du point de passage de Blace, les soldats interrogés sur le contrôle de la frontière se contentent de sourire, et renvoient les journalistes sur le service de presse de la Kfor. La zone est montagneuse et boisée, parsemée de petits sentiers, et la ligne de démarcation entre le Kosovo et la Macédoine est tout sauf claire. Comme le concède un diplomate occidental, «ces frontières sont historiquement impossibles à fermer». La création, vendredi, d’une zone d’exclusion de 100 mètres le long des deux côtés de la frontière ne paraît pas non plus à même de régler le problème, selon des sources militaires. Samedi, la frontière a été rouverte dans le sens Kosovo-Macédoine, mais le passage dans l’autre sens restait résolument interdit, ce qui commence à susciter l’inquiétude de l’Onu, qui administre le Kosovo depuis juin 1999. Le ravitaillement en denrées sanitaires peut commencer à poser un réel problème, a indiqué un porte-parole de la Minuk (Mission de l’Onu au Kosovo). Les hôpitaux pourraient se trouver à court d’oxygène dans les prochains jours, a-t-il dit, précisant que des solutions alternatives d’urgence avaient déjà été préparées. La Kfor pourrait ainsi être sollicitée pour héliporter des bombonnes d’oxygène. En outre, trois camions transportant des engrais, autorisés par la Macédoine à pénétrer au Kosovo, avaient disparu samedi. «Nous sommes en train de les chercher, ces camions ont disparu quelque part dans la zone», a indiqué un Marine américain, Oliver Brooks, à Blace. «C’est une question urgente, car ces camions transportent de l’engrais absolument nécessaire en cette saison de semailles, et qui doit être utilisé dans un très court délai», a-t-il expliqué.
Alors que les combats font rage en Macédoine, la force multinationale de paix au Kosovo (Kfor) est confrontée à une mission quasi impossible : contrôler une frontière passoire pour couper les vivres à la guérilla albanaise de l’UCK macédonienne. La fermeture de la frontière par Skopje, qui accuse le Kosovo de constituer une base arrière pour l’UCK, entraîne également un grave problème de ravitaillement sanitaire et alimentaire pour la province yougoslave administrée par l’Onu. Officiellement, la Kfor «contrôle et sécurise» la frontière. Quelque 200 soldats sont présents dans la région de Debelde, village frontalier avec la Macédoine, des patrouilles de la Kfor opèrent dans la zone montagneuse séparant les deux territoires, des hélicoptères effectuent une surveillance aérienne du secteur. Depuis deux...