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Actualités - Chronologies

Le retour au système des partis écarte Netanyahu du pouvoir

Avec l’aide de ses alliés travaillistes, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a éloigné du pouvoir son très populaire rival de droite Benjamin Netanyahu en supprimant mercredi au Parlement l’élection directe du chef de gouvernement au suffrage universel. «La Knesset a fait marche arrière. Au lieu de promouvoir un régime présidentiel, elle est revenue au système des partis», a déclaré aux journalistes M. Netanyahu. M. Netanyahu, qui était récemment l’homme politique le plus populaire selon tous les sondages, semble aujourd’hui littéralement hors jeu. Il a renoncé à la direction du Likoud et à son mandat de député après son échec électoral en 1999 et on voit mal comment il pourrait reprendre le contrôle de son parti. Conscient de ces données, M. Sharon a été l’artisan minutieux du retour au système des partis, après avoir été le dernier bénéficiaire de l’élection directe, en battant très largement M. Barak avec 25 points d’avance. Beau parleur, photogénique et habitué du petit écran, Benjamin Netanyahu avait mis ces qualités à profit pour s’imposer au suffrage universel direct, à l’arraché en mai 1996 face au travailliste Shimon Peres, en vertu d’une réforme du système politique instaurée un an plus tôt. Cette réforme, supposée mettre fin aux inéluctables tractations nées de chambres composites, avait, au contraire, provoqué une instabilité chronique du pouvoir. Au lieu de voter «utile» pour l’un des grands blocs, les électeurs ont pu exprimer leur spécificité en votant pour une pléiade de petits partis à caractère ethnique, religieux, voire clanique. Résultat: la Knesset est devenue encore plus fragmentée. Pas moins de 19 partis et factions y ont fait leur apparition après le scrutin de mai 1999, reflétant les multiples clivages de la société israélienne. En abolissant l’élection du chef de gouvernement au suffrage direct, Israël s’en remet à nouveau à l’ancien système des partis. C’est le président de l’État qui confiera désormais au chef du principal parti le soin de former la coalition gouvernementale dans les 42 jours. «Cela ruine l’avenir des “étoiles filantes” capables d’accaparer à leur profit un appareil politique», estime Yaron Ezrahi professeur d’études politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il a ainsi fait allusion aux brèves carrières de M. Netanyahu et de l’ex-Premier ministre travailliste Ehud Barak, tous deux renversés bien avant la fin normale de leurs législatures. Autres victimes probables du retour au système des partis : les petites formations, dont l’électorat risque de se détourner au profit des grands blocs. La Knesset a par ailleurs renforcé mercredi la stabilité du pouvoir en exigeant que les motions de défiance réunissent désormais la majorité absolue de 61 députés sur un total de 120. À l’appui de telles motions, il faudra même présenter une coalition gouvernementale alternative. En outre, le Premier ministre pourra dissoudre le Parlement s’il n’a pas de majorité pour gouverner. «Nous sommes retournés dans la grande famille des démocraties parlementaires», s’est félicité M. Arik Carmon, de l’Institut pour la démocratie en Israël. Épaulé par une très large coalition gouvernementale et fort de la réforme du système politique, M. Sharon pourrait terminer son mandat en novembre 2003. Bon pied bon œil, à 73 ans, il pourrait même avoir pris ses marques pour la législature suivante. D’ici là, le Parti travailliste n’est a priori pas en mesure de se remettre de la déconfiture de M. Barak au scrutin du 6 février.
Avec l’aide de ses alliés travaillistes, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a éloigné du pouvoir son très populaire rival de droite Benjamin Netanyahu en supprimant mercredi au Parlement l’élection directe du chef de gouvernement au suffrage universel. «La Knesset a fait marche arrière. Au lieu de promouvoir un régime présidentiel, elle est revenue au système des partis», a déclaré aux journalistes M. Netanyahu. M. Netanyahu, qui était récemment l’homme politique le plus populaire selon tous les sondages, semble aujourd’hui littéralement hors jeu. Il a renoncé à la direction du Likoud et à son mandat de député après son échec électoral en 1999 et on voit mal comment il pourrait reprendre le contrôle de son parti. Conscient de ces données, M. Sharon a été l’artisan minutieux du retour au...