Le gouvernement d’union nationale du Premier ministre israélien Ariel Sharon sera soutenu par une coalition formée de huit partis lui assurant une majorité d’au moins 73 députés sur 120 à la Knesset après le ralliement de l’Union nationale, une formation d’extrême droite comptant trois députés. Voici la liste de ces partis : – LE LIKOUD : principale force de la droite israélienne, le parti de M. Sharon compte 19 députés. Il aura huit portefeuilles, dont les Finances, la Sécurité intérieure et l’Éducation. – LE PARTI TRAVAILLISTE : associé au petit parti religieux Meimad, il comprend 23 députés, mais une partie d’entre eux se sont opposés à l’entrée dans le gouvernement Sharon et leur attitude constitue une des grandes inconnues pour le nouveau Premier ministre. Les travaillistes auront huit ministères, dont deux de toute première importance : les Affaires étrangères, avec l’ancien Premier ministre Shimon Peres, et la Défense, avec le faucon Binyamin Ben Eliezer. – LE SHASS : le parti ultraorthodoxe séfarade (juifs orientaux), qui compte 17 députés et constitue la troisième force politique du pays, reçoit cinq ministères. Son chef, Éli Yishaï, sera ministre de l’Intérieur avec le rang de vice-Premier ministre. – ISRAEL BE ALIYA : ce petit parti russophone (4 députés) se situe à droite sur l’échiquier politique. Son dirigeant, Nathan Chtcharansky, un ancien dissident soviétique emprisonné par le KGB, sera ministre du Logement. – ISRAEL BEITENOU : autre parti russophone, mais d’extrême droite (4 députés), il est dirigé par Avigdor Lieberman, qui s’est illustré avant l’élection du 6 février par des propos belliqueux à l’encontre du Liban, de l’Égypte et de l’Iran. M. Lieberman sera ministre des Infrastructures. – UNION NATIONALE : le chef de cet autre parti d’extrême droite (3 députés), Rehavam Zeevi, qui sera ministre du Tourisme, prône le «transfert», c’est-à-dire l’expulsion, des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Farouchement hostile aux accords sur l’autonomie palestinienne, il préconise aussi la réoccupation de zones sous contrôle de l’Autorité palestinienne. – AM EHAD (Un peuple) : ce parti de gauche (2 députés), dont la plate-forme est essentiellement économique et sociale, aura un ministère sans portefeuille. – LA NOUVELLE VOIE : ce parti se résume à un seul et unique député, Dalia Rabin-Philosof, fille du Premier ministre travailliste assassiné Yitzhak Rabin, qui sera vice-ministre de la Défense. Elle a récemment quitté le Parti du centre, qu’elle avait rejoint lors de sa formation en 1999, pour créer la Nouvelle voie. En outre, quatre partis, avec lesquels aucun accord n’a pu être conclu pour leur participation au gouvernement, soutiendront celui-ci de l’extérieur. Ils regroupent au total 18 députés, ce qui donnera à M. Sharon l’appui de facto de quelque 91 députés sur 120. Il s’agit des partis suivants : – LISTE UNIFIEE DE LA TORAH : les négociations se poursuivaient mercredi entre le Likoud et ce parti ultraorthodoxe ashkénaze (juifs d’Europe) de 5 députés pour son entrée au gouvernement, où il disposerait de trois postes de vice-ministre. – PARTI DU CENTRE : après la récente défection de deux députés de centre gauche, le parti a effectué un virage à droite. Désormais composé uniquement de transfuges du Likoud, il compte aujourd’hui 5 députés, dont l’ancien ministre Dan Méridor. – PARTI NATIONAL RELIGIEUX (PNR) : émanation des colons, le PNR (5 députés), qui s’est apparemment montré trop gourmand, est le grand perdant des tractations avec le Likoud. Il a néanmoins assuré qu’il soutiendrait le gouvernement de l’extérieur. – GESHER : parti de centre droit (3 députés) dirigé par David Lévy, ministre dans tous les gouvernements des années 90, de droite comme de gauche. M. Sharon lui a seulement proposé un ministère sans portefeuille, qu’il a refusé.
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