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Actualités - Reportages

Psychologie - Enfants : des signes qui alertent

Les temps où un enfant psychologiquement perturbé n’avait droit qu’à des punitions, des fessées et à la chambre noire sont heureusement révolus. Du moins dans les sociétés évoluées. Aujourd’hui même, les moins avertis des parents se préoccupent de toute anomalie, conscients des répercussions qu’elle pourrait avoir pour l’enfant et son avenir. Le problème, toutefois, se pose de savoir quand faut-il s’adresser au spécialiste et quels sont les messages déguisés que lance le jeune être en détresse, afin d’intervenir avant que la situation ne se dégrade plus sérieusement. Le mal-être chez l’enfant s’exprime non pas par des mots mais par le comportement : retard ou difficultés scolaires, manque d’entrain et d’appétit, boulimie, terreurs nocturnes et autres signes révélateurs. Ou bien par une tristesse dont l’enfant a conscience sans pouvoir en donner la raison. En fait, énurésie, échec scolaire, idées noires, grandes craintes sans raison, une maturité trop grande par rapport à son âge sont autant de signes qui méritent attention et, à la rigueur, action. Car ce que l’enfant tente d’exprimer c’est un appel : la prise en compte d’une souffrance... Ces comportements, cependant, sont plus ou moins courants durant l’enfance. C’est lorsqu’ils persistent, s’aggravent ou créent un malaise dans le climat familial, qu’on n’a pas le temps ou la manière qu’il faut pour y faire face et la souffrance du petit semble intolérable autant pour les parents que pour l’enfant lui-même, que l’aide du spécialiste s’impose. C’est lui qui indiquera comment supporter le mal-être du petit et prendre en compte sa souffrance. Causes et perturbations Un climat familial perturbé ou tendu, des séparations, des problèmes conjugaux, des difficultés financières, déménagement, bouleversements divers peuvent être des causes de perturbations chez l’enfant. Si personne ne lui explique, en dédramatisant la situation, ce qui se passe, il se croira responsable du problème, compte tenu du fait qu’à un certain moment de son évolution psychique il se croit au centre de tout. Car il est bon à savoir que l’adolescence mise à part, la période précédant les six ans est aussi celle d’une grande tension : l’enfant explore son corps, évalue ses possibilités, met à l’épreuve les mécanismes de la relation à autrui, le pouvoir du refus, le non, le je, le moi je. Il découvre aussi le contrôle de ses selles, son sexe. Toutes ces frontières franchies constituent des étapes conflictuelles. Il est donc normal que les parents réagissent parfois de façon pulsionnelle (cris, claque, fessée) ou en se réfugiant dans l’indifférence ou l’aveuglement. Le malaise peut alors intervenir dans l’évolution harmonieuse de l’enfant, qui consiste à grandir et trouver sa personnalité. L’homme de sciences est en mesure de décrypter les symptômes, trouver leur sens et aider l’enfant à dépasser le conflit. En écoutant la mère, en observant la relation avec son petit, ce qui s’exprime et ce qui ne se dit pas, il découvre le nœud qui bloque et, mettant des mots aux signes, guide la conduite des parents. Six symptômes d’alerte – L’énurésie : généralement l’angoisse inconsciente provoquée par diverses causes psychiques (désir œdipien, angoisse de castration, sensations érotiques) pousse à uriner, comme un signe d’alarme ou de détresse. On consultera lorsque le problème s’aggrave, provoque des scènes, devient lourd à porter, quand l’enfant en a honte ou que les parents se sentent agressés. Le «psy» saura aider le petit coupable à retrouver sa place entre le couple parental, la frontière entre réalité et imaginaire et à se libérer des entraves inconscientes qui interviennent dans son évolution. – Comportement « casse-cou » : ce comportement se retrouve dans les familles où l’intrépidité, le courage, les performances se retrouvent souvent dans leur histoire. Pour exister, l’enfant se croit obligé à prendre des risques pensant ne pouvant être aimé qu’en bravant tout péril, relevant des défis. Lorsqu’il s’expose en mettant sa vie en danger, quand il semble contraint à un défi permanent, quand l’entourage extrafamilial (école, camarades) relève aussi cette tendance «kamikaze» il est temps de s’adresser au spécialiste. – Caïn contre Abel : renfermé, agressif, au centre de sérieuses difficultés scolaires, l’enfant rival de son aîné ou de son cadet est handicapé par la jalousie qui l’empêche d’évoluer. Soucieux de morale («aimer ses frères est impératif»), il réprime sans résultat son agressivité, qui ne peut pas («ne doit pas») s’exprimer auprès de ses parents, ne tolérant pas une attitude hostile envers le nouveau bébé ou le grand frère. – L’échec scolaire : quelques zéros cela fait partie du parcours des combattants scolaires. Mais si l’enfant s’installe dans l’échec, lorsque le carnet de notes est obstinément lamentable et sa signature frôle le drame familial, mieux vaut arrêter fessées et tragédies pour chercher à savoir ce qui se passe. Des problèmes affectifs, des non-dits, des situations embrouillées dans la vie sentimentale ou personnelle des parents se reflètent négativement et fatalement sur la progéniture. Avouons que construire une identité dans la famille multiparentale, qui est parfois de mise dans la société moderne, dépasse les forces d’un enfant en pleine évolution. L’aide du spécialiste s’avère alors absolument nécessaire. – Les phobies et les peurs : peur du noir, des souris, du tonnerre, du vide ou des fantômes. De temps en temps, c’est quasi normal. Mais lorsque les phobies empêchent l’enfant de s’amuser, de participer aux jeux de ses camarades ou de s’endormir, mieux vaut consulter. L’incapacité de distinguer entre un danger réel et une peur imaginaire devra faire l’objet d’une consultation. Les phobies sont souvent la manifestation de duels internes. Des sentiments contradictoires existent dans toute âme humaine. Le mauvais génie tente toujours de s’opposer au bon. L’enfant est à la fois aimant et coupable. C’est bien le cas avec le complexe d’Œdipe, source de sentiments contradictoires envers les parents (amour et adversité) devenant rivaux, dans la conquête du parent du sexe opposé. Les phobies peuvent n’être qu’un symptôme de cette dualité. Si la phobie toutefois empiète et complique la vie de l’enfant et des siens ou bien s’il ne parvient pas à distinguer une peur imaginaire (sorcière, loup, ogre) d’un danger réel, le recours au spécialiste est à conseiller. – L’angoisse de la perfection : un enfant sage comme une image, ne posant jamais de problèmes, qui obéit comme un soldat et se comporte comme un adulte (sage) cache souvent un fond dépressif. Ce perfectionnisme masque une profonde angoisse que l’homme de sciences saura déceler et décrypter. Une thérapie adéquate libérera le sujet de ses torturants liens internes, dont il est l’esclave. Comment qualifier autrement cet impérieux souci de conformité à une perfection ou une image quasi irréalisable ? Quelle place occupe en général les parents dans l’éventuelle thérapie de l’enfant ? Dans certains cas, le thérapeute préfère travailler uniquement avec les parents afin qu’ils comprennent ce qui complique la relation avec l’enfant et à renoncer à l’image idéal qu’ils se faisaient de lui, pour le laisser développer sa personnalité propre. Le but de la thérapie est de permettre à l’enfant de trouver sa place et celle de l’autre. Dans bon nombre de cas, une seule séance suffit à débloquer une situation compliquée et particulièrement éprouvante.
Les temps où un enfant psychologiquement perturbé n’avait droit qu’à des punitions, des fessées et à la chambre noire sont heureusement révolus. Du moins dans les sociétés évoluées. Aujourd’hui même, les moins avertis des parents se préoccupent de toute anomalie, conscients des répercussions qu’elle pourrait avoir pour l’enfant et son avenir. Le problème, toutefois, se pose de savoir quand faut-il s’adresser au spécialiste et quels sont les messages déguisés que lance le jeune être en détresse, afin d’intervenir avant que la situation ne se dégrade plus sérieusement. Le mal-être chez l’enfant s’exprime non pas par des mots mais par le comportement : retard ou difficultés scolaires, manque d’entrain et d’appétit, boulimie, terreurs nocturnes et autres signes révélateurs. Ou bien par une...