Il y a cinq mille ans, dans l’épopée de Gilgamesh, les Sumériens traçaient, les premiers, l’ébauche d’un rêve qui n’allait jamais quitter l’humanité. Gilgamesh, roi de la cité d’Ourouk, située sur la rive gauche de l’Euphrate, partait à la recherche d’un élixir qui assurerait aux hommes l’immortalité. Gilgamesh découvrit dans une algue marine la drogue magique qui assure à l’homme la perpétuité. Un serpent la lui a ravie, condamnant l’espèce humaine à l’usure du temps et à la fin inexorable de l’existence terrestre.La malédiction a pesé très lourd sur les hommes à travers les siècles. Mais ce n’est qu’à partir du Moyen Âge que la science prend la relève en bousculant les mythes. Les alchimistes, mélangeant magie, chimie et médecine, s’attellent à la recherche du philtre qui permettrait à l’homme de vaincre le temps et ses démolitions. Si les siècles se sont succédé, le processus du vieillissement, à quelques variantes près, aboutit inexorablement au même délabrement fatal. Mais la quête perdure. Alimentée autant par l’industrie que par la science, elle est en perpétuelle recherche du philtre qui permettra de réaliser le plus grand, le plus ambitieux rêve de l’humanité. Toujours beaux, toujours jeunes... Les soins proposés ne peuvent arrêter le vieillissement mais réussissent à le retarder et à camoufler ses marques. Affaissement des tissus, rides, calvitie, cheveux blancs sont de nos jours parfaitement curables. En ménageant les mécanismes physiologiques du corps, afin qu’il dure le plus longtemps possible. La guerre contre les radicaux libres en fait partie. Ces molécules issues des processus physiologiques (digestion des aliments et autres) étant dépourvu d’un électron, elles s’acharnent à en voler un à d’autres. Déstabilisées, celles-ci s’attaquent à d’autres molécules entraînant une érosion des mécanismes. Ce qui signe le début de la fin. Heureusement, les radicaux libres peuvent être neutralisés par des enzymes produites par l’organisme ou par certaines vitamines, telles la C et E. Mais comme cette parade a fatalement des limites dans le temps, la chimie industrielle intervient avec ses comprimés, ses élixirs, ses baumes, son opulent et très onéreux arsenal cosmétique... Dernier espoir: la recherche en biologie moléculaire. En consolidant la molécule support des gènes, le légendaire ADN, qui s’use lui aussi avec le temps, malgré un système réparateur sophistiqué et efficace assuré par des enzymes spécialisées, on pourrait prolonger la vie en ralentissant simultanément les ravages du temps. Le nutritionniste américain Roy Walford, de l’Université de Los Angeles, est attelé à cette tâche. Il estime que, dans un proche avenir, en stimulant les gènes codant ces enzymes réparateurs, on pourra en disposer en plus grande quantité. Obtenant ainsi une bonne rallonge des années de floraison... Le rêve du Dr Faust devenu réalité...
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