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Actualités - Chronologies

L’Égypte se fait l’avocat de l’Irak

Dix ans après avoir participé avec le plus gros contingent arabe à la coalition multinationale anti-irakienne dans la guerre du Golfe, l’Égypte se fait de plus en plus l’avocat d’une levée des sanctions internationales imposées à l’Irak. Le maintien de ces sanctions et la politique à adopter vis-à-vis du régime de Saddam Hussein ont été samedi au centre des entretiens au Caire du secrétaire d’État américain Colin Powell avec le président égyptien Hosni Moubarak, qui a désapprouvé les frappes américano-britanniques menées le 16 février près de Bagdad. «Le raid aérien (américano-britannique) n’a fait que compliquer davantage la situation, tuant des civils innocents», avait déclaré M. Moubarak, au lendemain de ces raids, assurant qu’il «souhaite que le peuple irakien ne souffre pas inutilement». «Je ne pense pas que Saddam (Hussein) soit une menace pour le monde. L’Irak n’est pas une superpuissance et ne possède pas de missiles sophistiqués capables de traverser des continents», avait-il dit, résumant à cette occasion l’évolution de la perception de l’Égypte concernant Bagdad. L’un des principaux alliés des États-Unis dans la région, membre du camp des «modérés» arabes, l’Égypte s’est, depuis plusieurs années déjà, démarquée de la politique américaine à l’égard de l’Irak. Et, sans remettre en cause les résolutions de l’Onu, elle appelle maintenant à mettre fin aux sanctions imposées depuis dix ans à l’Irak. «Les sanctions contre l’Irak doivent cesser, on ne peut plus accepter des sanctions éternelles», a réaffirmé récemment le chef de la diplomatie égyptienne, Amr Moussa. «Il est normal que l’approche égyptienne ne soit pas identique à la politique américaine concernant l’Irak, car l’Égypte est un pays arabe qui a des responsabilités nationales, et qui est très sensible à la souffrance du peuple irakien», commente pour sa part l’ancien ambassadeur égyptien à Washington, M. Ahmed Maher. «L’Égypte a une politique étrangère dynamique, et estime que les données ont changé sur le plan régional, y compris en Irak, ce qui nécessite un traitement différent de la question irakienne», a précisé M. Maher, dont le pays avait accueilli le sommet arabe du 10 août 1990, qui avait cautionné, huit jours après l’invasion irakienne du Koweït, l’intervention militaire internationale. «Le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Koweït est un principe constant de la politique égyptienne. Or, aujourd’hui, l’Irak a reconnu officiellement la souveraineté du Koweït et a appliqué une grande partie des résolutions de l’Onu», assure-t-il. «Un progrès a été réalisé dans le programme de désarmement de l’Irak, qui doit se traduire par un progrès concernant les sanctions», ajoute-t-il, estimant qu’«il faut trouver un moyen pour que le peuple irakien n’assume pas éternellement la responsabilité de l’erreur» de l’invasion du Koweït. Au-delà de ses prises de position dirigées vers les Occidentaux, et en particulier les États-Unis, l’Égypte s’est efforcée, sur le plan régional, de rassembler le plus large soutien arabe à une levée des sanctions contre l’Irak. Elle a ainsi réussi à obtenir, en janvier 1999, pour la première fois, un soutien arabe unanime, y compris du Koweït et de l’Arabie séoudite, à une résolution du Conseil ministériel de la Ligue arabe appelant «à la multiplication des efforts internationaux afin de lever l’embargo le plus tôt possible». Ces positions égyptiennes ont favorisé le rapprochement entre Le Caire et Bagdad, qui a été couronné par le rétablissement, en novembre dernier, des relations diplomatiques entre les deux pays au niveau de chargés d’affaires ayant rang d’ambassadeurs. Ces relations avaient été rompues à l’initiative de Bagdad en janvier 1991, immédiatement après le début des opérations militaires de la coalition internationale contre l’Irak.
Dix ans après avoir participé avec le plus gros contingent arabe à la coalition multinationale anti-irakienne dans la guerre du Golfe, l’Égypte se fait de plus en plus l’avocat d’une levée des sanctions internationales imposées à l’Irak. Le maintien de ces sanctions et la politique à adopter vis-à-vis du régime de Saddam Hussein ont été samedi au centre des entretiens au Caire du secrétaire d’État américain Colin Powell avec le président égyptien Hosni Moubarak, qui a désapprouvé les frappes américano-britanniques menées le 16 février près de Bagdad. «Le raid aérien (américano-britannique) n’a fait que compliquer davantage la situation, tuant des civils innocents», avait déclaré M. Moubarak, au lendemain de ces raids, assurant qu’il «souhaite que le peuple irakien ne souffre pas inutilement»....