L’Onu a pressé hier les belligérants en République démocratique du Congo (RDC) de profiter d’un nouveau climat de confiance pour commencer à retirer sans tarder leurs forces de ce pays déchiré depuis deux ans et demi par une guerre régionale. S’adressant aux ministres des Affaires étrangères ou hauts représentants des six pays belligérants et de trois mouvements rebelles, M. Annan a affirmé qu’il fallait «envoyer aujourd’hui un message clair aux parties : que le désengagement des forces et que le dialogue intercongolais commencent». Les belligérants sont réunis hier et doivent se retrouver aujourd’hui avec les membres du Conseil de sécurité pour finaliser les dates du désengagement de leurs forces conformément à l’accord qu’ils ont conclu à Harare le 6 décembre dernier. Depuis août 1998, les forces gouvernementales congolaises, soutenues par l’Angola, la Namibie et le Zimbabwe, s’opposent à des factions rebelles et aux troupes rwandaises et ougandaises qui contrôlent la moitié du pays. Le Rwanda a annoncé mardi soir qu’il commencera le 28 février à retirer de 200 km ses troupes à partir de la ville de Pweto, dans le sud-est, qu’elles avaient prise le 4 décembre. «Beaucoup de choses ont changé depuis juin, et lors des dernières semaines, au moins, ont changé pour le mieux», s’est félicité le secrétaire général. Président du Comité politique de Lusaka, le ministre des Affaires étrangères du Zimbabwe, Stanislaus Mudenge, a aussi affirmé que «la situation aujourd’hui était radicalement transformée, donnant un espoir et un optimisme renouvelé envers le processus de paix en RDC». Les belligérants ont signé en juillet-août 1999 à Lusaka des accords de paix qui sont restés lettre morte. Mais le changement de dirigeants en RDC, où Joseph Kabila a succédé à son père Laurent-Désiré assassiné le 16 janvier, a donné un nouvel élan aux espoirs de paix. Le jeune président, âgé seulement de 29 ans, a ainsi accepté de discuter avec l’ancien président du Botswana, Sir Ketumile Masire, choisi par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) comme médiateur entre le gouvernement et les rebelles, mais qui avait été récusé par son père. M. Annan a souligné que la réunion de New York avait pour objectif «de fixer une date» pour commencer le désengagement des forces de 15 km de part et d’autre d’une ligne de front qui coupe cet immense pays en deux et le déploiement des observateurs de l’Onu jusqu’ici limités à quelque 200. La date de ce premier retrait doit être fixée par une résolution préparée par la France qui devrait être adoptée aujourd’hui. «Un tel mouvement pourrait être le premier pas vers un retrait final de toutes les forces étrangères du territoire de la RDC», a déclaré M. Annan. L’Onu doit aider ce retrait en déployant une force que M. Annan a proposée de réduire de 5 500 à 3 000 hommes, dont 550 observateurs militaires. Cette réduction a été vivement critiquée par le chef de la diplomatie du Zimbabwe qui a estimé que cela «donnerait une triste impression de manque de sérieux, voire de pur cynisme». Il a appelé le Conseil de sécurité à reconsidérer ce chiffre pour montrer sa confiance dans le processus de paix. Kofi Annan avait répondu par avance aux critiques en soulignant que les pays contributeurs de troupes n’étaient pas prêts à risquer la vie de leurs soldats quand les belligérants n’avaient pas eux-mêmes démontré leur volonté réelle de «mettre fin à un conflit honteux et désastreux».
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