La prison de Carandiru à Sao Paulo, la plus grande d’Amérique latine, où près de 10 000 détenus se sont mutinés dimanche, avait été en 1992 le théâtre du plus grand massacre de l’histoire pénitentiaire au Brésil : 111 morts parmi les détenus. Le massacre avait eu lieu le 2 octobre 1992 après des affrontements entre factions rivales à l’intérieur du pavillon numéro neuf où se trouvaient 2 300 prisonniers. Plus de 300 policiers des troupes spéciales antiémeutes fortement armées étaient alors entrés dans l’établissement et avaient tué 111 détenus. «Aujourd’hui encore j’ai des cauchemars», rappelait récemment l’un des survivants, Vandercarlos Pereira Viana, 50 ans, lors d’une messe en mémoire aux victimes. «J’étais dans un couloir quand la lumière s’est éteinte et les policiers sont entrés. Mon premier réflexe a été de courir. Mais je me suis ravisé, je n’avais plus le temps. J’ai fermé les yeux et me suis caché. Il y a eu tant de coups de feu que je croyais que c’était la fin du monde», a ajouté Pereira qui s’est caché sous les corps de ses codétenus. Huit ans après les faits, les coupables présumés ne sont pas passés en jugement en raisons de problèmes de procédure. Dans cette affaire, le principal accusé est le colonel et ex-député Ubiratan Guimaraes qui, ce jour-là, commandait les troupes spéciales de police militaire à l’intérieur de Carandiru. L’enquête a fait apparaître également l’implication de 119 autres policiers (43 officiers et 76 subalternes) dont certains pourront être poursuivis pour homicide volontaire. «Notre opinion est que ce fut un massacre, une véritable boucherie». «Il n’y avait pas de raison de faire cela. Les policiers ont agi avec une extrême violence, utilisant des armes lourdes. La plupart des 111 détenus ont été atteints par trois balles ou plus, ce qui montre l’état d’esprit des policiers quand ils sont entrés dans la prison», a déclaré récemment le procureur Carlos Cardoso. La défense affirme que le colonel Guimaraes a été blessé en se rendant à l’intérieur de la prison.
La prison de Carandiru à Sao Paulo, la plus grande d’Amérique latine, où près de 10 000 détenus se sont mutinés dimanche, avait été en 1992 le théâtre du plus grand massacre de l’histoire pénitentiaire au Brésil : 111 morts parmi les détenus. Le massacre avait eu lieu le 2 octobre 1992 après des affrontements entre factions rivales à l’intérieur du pavillon numéro neuf où se trouvaient 2 300 prisonniers. Plus de 300 policiers des troupes spéciales antiémeutes fortement armées étaient alors entrés dans l’établissement et avaient tué 111 détenus. «Aujourd’hui encore j’ai des cauchemars», rappelait récemment l’un des survivants, Vandercarlos Pereira Viana, 50 ans, lors d’une messe en mémoire aux victimes. «J’étais dans un couloir quand la lumière s’est éteinte et les policiers sont...
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