Santé - Évolution du VIH en virus résistant aux médicaments
le 09 février 2001 à 00h00
Environ 10 % des patients nouvellement infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en Europe et aux États-Unis le sont par une souche résistant à au moins un médicament, mais l’évolution est différente selon les pays, révèlent les recherches présentées à la Conférence annuelle sur les rétrovirus de Chicago (Illinois). Aux États-Unis, a souligné Susan Little, de l’Université de Californie à San Diego, le taux de résistance à l’un ou l’autre des médicaments est resté stable entre 1995 à 1998, à 3,5 %. Mais en 1999 et au début de l’an 2000, il a triplé, passant à 14 %, a-t-elle précisé. De même, le taux de résistance à au moins deux médicaments est passé de 0,4 % dans la période 1995-1998 à 5,8 % en 1999-2000. La principale explication à cette hausse, selon elle, est que «les traitements sont plus largement diffusés». «Il y a donc un plus grand nombre de patients qui suivent mal leur thérapie à un moment donné et qui transmettent un virus» résistant aux médicaments, a-t-elle noté. Afin d’adapter les traitements à chaque cas, a enfin conclu Mme Little, «il est temps d’effectuer des tests de routine chez les nouvelles personnes infectées en Amérique du Nord pour évaluer leur résistance» éventuelle à tel ou tel traitement et optimiser ainsi leur thérapie. En France, a indiqué pour sa part une équipe française, «la bonne nouvelle est qu’il ne semble pas y avoir jusqu’à présent d’augmentation des souches résistantes aux médicaments». Le taux de résistance à l’une ou à l’autre des médications se maintient en effet à 10 %. «Nous sommes un peu surpris» de cette absence de progression, a avoué l’un des auteurs de l’étude, Marie-Laure Chaix, de l’hôpital Necker à Paris. Elle s’est déclarée «optimiste» pour la suite, mais «à condition de continuer à surveiller» les nouveaux infectés pour suivre leur évolution. Enfin, une troisième étude réalisée en Suisse a montré une diminution des cas de résistance chez les patients nouvellement contaminés par le VIH. Leur taux était de 8,6 % en 1996, puis de 14,6 % en 1997, de 8,8 % en 1998 et de 5 % en 1999, notent les auteurs des recherches menées dans plusieurs centres de la Confédération helvétique. Les chercheurs avancent deux hypothèses pour expliquer cette diminution. D’abord le fait que les souches du type non-B sont devenues de plus en plus courantes chez les patients, passant de 23 % en 1996 à 35 % en 1999. Ces souches ont moins tendance que certaines autres à subir des mutations pour devenir résistantes aux thérapies. Le second élément est un accroissement régulier des patients avec des taux de virus dans le sang devenus indétectables grâce aux traitements : 10 % en 1996 contre 53 % en 1999. Or ces personnes transmettent moins facilement le virus. Et là encore, les auteurs de l’étude mettent l’accent sur la surveillance des nouveaux cas : «Étant donné que les nouveaux infectés favorisent l’extension de l’épidémie (car ils ne se savent pas contaminés), il est prioritaire pour la santé publique d’identifier ces personnes», soulignent-ils.
Environ 10 % des patients nouvellement infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en Europe et aux États-Unis le sont par une souche résistant à au moins un médicament, mais l’évolution est différente selon les pays, révèlent les recherches présentées à la Conférence annuelle sur les rétrovirus de Chicago (Illinois). Aux États-Unis, a souligné Susan Little, de l’Université de Californie à San Diego, le taux de résistance à l’un ou l’autre des médicaments est resté stable entre 1995 à 1998, à 3,5 %. Mais en 1999 et au début de l’an 2000, il a triplé, passant à 14 %, a-t-elle précisé. De même, le taux de résistance à au moins deux médicaments est passé de 0,4 % dans la période 1995-1998 à 5,8 % en 1999-2000. La principale explication à cette hausse, selon elle, est que «les...
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