Le directeur de l’agence britannique Reuters à Téhéran, Jonathan Lyons, qui a quitté précipitamment l’Iran, «ne sera pas autorisé à revenir en Iran», a annoncé hier le ministère iranien de la Culture. Le directeur général de la presse étrangère, Mohammad-Reza Khochvaght, a affirmé dans un communiqué publié par l’agence officielle Irna que le directeur de l’agence Reuters «se verrait refuser tout visa d’entrée en Iran», compte tenu «des fautes qu’il a commises». M. Lyons et son épouse Geneive Abdo, correspondante des quotidiens britannique The Guardian et américain International Herald Tribune, qui ont quitté l’Iran dans la nuit de vendredi à samedi alors qu’ils étaient menacés de poursuites judiciaires, ont «commis des actions illégales et contraires à la déontologie», a affirmé M. Khochvaght. «Aucune action n’a été entreprise pour expulser ces deux journalistes. Le 31 janvier, nous avons écrit une lettre à la direction générale de Reuters pour les informer des actions illégales et contraires aux règlements en cours en Iran sur l’activité des journalistes, qu’ils avaient commises», a indiqué M. Khochvaght. Des journalistes iraniens avaient indiqué que le couple avait été expulsé. «Ces deux journalistes ont agi en contravention des règles et de l’éthique et ont déformé les propos de M. Ganji qui a informé Erchad (le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique) de sa décision de porter plainte», a poursuivi M. Khochvaght. Le journaliste Akbar Ganji, condamné à dix ans de prison et cinq ans d’exil intérieur, et emprisonné, avait démenti des propos qui lui étaient prêtés, et que le couple avait obtenus (par écrit dans sa cellule), appelant les Iraniens à la «violence» en cas d’échec des réformes du président Mohammad Khatami. Mme Abdo, de nationalité américaine et âgée de 41 ans, a déclaré dimanche à Londres avoir quitté Téhéran avec son mari «sous la menace d’être poursuivis» en justice et emprisonnés. «Nous n’avons pas été expulsés», a expliqué la journaliste. «Nous sommes partis parce que nous étions menacés à la fois verbalement et par écrit de possibles poursuites par les autorités pour avoir violé une loi qui, pour ce que nous savons, n’existe pas, et qui dit qu’il est illégal d’interviewer un prisonnier politique», a-t-elle indiqué. «Nous sommes partis parce que nous étions menacés d’aller en prison», a-t-elle ajouté. Le directeur du département de la presse étrangère au ministère de la Culture, Ali-Reza Chiravi, a affirmé que le directeur du bureau de Reuters à Téhéran et son épouse n’ont pas reçu «d’ordre formel d’expulsion». «Nous avons appris que le journaliste Akbar Ganji (en prison) et sa famille allaient porter plainte contre M. Lyons et son épouse (...), nous avons demandé à cette agence de prendre ses responsabilités», a-t-il assuré. Barry Moody, responsable Moyen-Orient et Afrique de l’agence Reuters, a déclaré que M. Lyons «n’a pas été expulsé, il a quitté Téhéran et il se trouve à Londres». Il a en outre précisé que le directeur du bureau de Téhéran «était arrivé de toute façon à la fin de sa mission». Samedi matin, le quotidien de langue anglaise Iran Daily, publié par l’agence Irna, avait consacré un long article sur Mme Abdo, demandant aux autorités iraniennes de «se prononcer sur son droit de continuer à travailler comme journaliste dans ce pays». «L’expulsion n’est pas une option», car elle deviendrait un «soi-disant martyr médiatique», écrivait le quotidien. Le bureau de Téhéran de l’agence Reuters, fermé au début des années 80, après la révolution islamique, a été rouvert en 1998, et M. Lyons, qui était auparavant directeur à Ankara, la dirigeait depuis. Parmi les trois agences internationales d’information, seule l’Agence France-Presse dispose désormais d’un directeur expatrié. L’Agence américaine Associated Press a un correspondant local, mais pas de directeur expatrié.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le directeur de l’agence britannique Reuters à Téhéran, Jonathan Lyons, qui a quitté précipitamment l’Iran, «ne sera pas autorisé à revenir en Iran», a annoncé hier le ministère iranien de la Culture. Le directeur général de la presse étrangère, Mohammad-Reza Khochvaght, a affirmé dans un communiqué publié par l’agence officielle Irna que le directeur de l’agence Reuters «se verrait refuser tout visa d’entrée en Iran», compte tenu «des fautes qu’il a commises». M. Lyons et son épouse Geneive Abdo, correspondante des quotidiens britannique The Guardian et américain International Herald Tribune, qui ont quitté l’Iran dans la nuit de vendredi à samedi alors qu’ils étaient menacés de poursuites judiciaires, ont «commis des actions illégales et contraires à la déontologie», a affirmé M....