L’ex-joyau incontesté de l’industrie allemande, Daimler-Benz, devenu DaimlerChrysler, se voit contraint de descendre de son piédestal pour s’armer contre d’éventuels prédateurs, même si une reprise hostile est jugée peu probable par les analystes. La banque allemande Deutsche Bank, premier actionnaire du numéro trois mondial de l’automobile, dont il détient 12 %, a confirmé jeudi travailler avec l’américain JP Morgan à un plan de défense du constructeur. À peine deux ans et demi après son mariage avec Chrysler, la plus grande fusion de l’histoire à l’époque, le numéro un de l’industrie allemande a perdu de sa superbe. Daimler doit cet affront en grande partie aux pertes affichées par le constructeur américain depuis le second semestre 2000 et que la filiale va encore essuyer cette année. Pour la première fois dans l’histoire du groupe allemand, l’éclat des bénéfices de Mercedes, sa traditionnelle vache à lait, pourraient ne plus suffire à compenser comme par le passé les pertes des mauvais élèves du groupe, en l’occurrence Chrysler et dans une moindre mesure Mitsubishi Motors. DaimlerChrysler pourrait annoncer le mois prochain sa première perte trimestrielle consolidée depuis la fusion, selon la presse. Résultat : le cours de l’action a presque perdu la moitié de sa valeur depuis les sommets atteints en janvier 1999, à quelque 50 euros actuellement. À ce prix, l’hypothèse d’une reprise de l’ex-poids le plus lourd de la Bourse de Francfort ne peut mathématiquement plus être exclue. En début de semaine, le titre, qui s’était stabilisé ces derniers temps, a même replongé après l’annonce de la suppression de 20 % des effectifs de Chrysler, les investisseurs s’inquiétant du coût à court terme de ce plan. Le constructeur s’efforce de garder la tête haute. «Je n’ai pas d’indications spécifiques d’une quelconque action en ce sens», a déclaré Dieter Zetsche, interrogé sur les rumeurs de rachat. Le nouveau patron de Chrysler, parachuté en novembre pour sortir la filiale de ses difficultés, a certes implicitement reconnu que le groupe se préparait à cette éventualité. «Bien sûr chaque entreprise doit se protéger contre toute action potentielle dans ce sens et c’est ce que nous devons faire comme les autres», a-t-il concédé. Toutefois, le groupe de Stuttgart (ouest) a laissé transparaître vendredi son irritation face aux indiscrétions de la Deutsche Bank. Un porte-parole du groupe a qualifié d’«inhabituels» les commentaires de la banque. DaimlerChrysler a par ailleurs nié cette semaine vouloir se rebaptiser Daimler-Benz à l’issue d’une réorganisation du groupe en holding, sous la pression des deux principaux actionnaires du groupe, Deutsche Bank mais aussi l’État de Koweït, comme l’affirmait l’hebdomadaire Wirtschaftswoche. Lundi, Der Spiegel affirmait que des spécialistes des reprises avaient déjà présenté à des constructeurs intéressés des projets d’offres sur DaimlerChrysler. Dans ce contexte, les rumeurs ont enflé à la Bourse de Francfort. Le seul repreneur plausible en terme de valeur boursière, selon les analystes, le numéro un japonais de l’automobile Toyota, a toutefois catégoriquement démenti toute intention en ce sens.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ex-joyau incontesté de l’industrie allemande, Daimler-Benz, devenu DaimlerChrysler, se voit contraint de descendre de son piédestal pour s’armer contre d’éventuels prédateurs, même si une reprise hostile est jugée peu probable par les analystes. La banque allemande Deutsche Bank, premier actionnaire du numéro trois mondial de l’automobile, dont il détient 12 %, a confirmé jeudi travailler avec l’américain JP Morgan à un plan de défense du constructeur. À peine deux ans et demi après son mariage avec Chrysler, la plus grande fusion de l’histoire à l’époque, le numéro un de l’industrie allemande a perdu de sa superbe. Daimler doit cet affront en grande partie aux pertes affichées par le constructeur américain depuis le second semestre 2000 et que la filiale va encore essuyer cette année. Pour la...