Le dollar est resté confiné dans une marge très étroite hier sur le marché des changes de Beyrouth, au-dessous de son taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (BDL) à 1 507,50 LL, et ce pour la troisième journée consécutive cette semaine. Cette situation était due à la propension de certains opérateurs à l’offre du billet vert en l’absence d’intérêts à la demande en dehors des besoins commerciaux très courants du marché en cette monnaie. Dans ce contexte, l’action de la BDL continuait à être déterminante de la tendance. En se déclarant toujours prête à acheter le dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, comme depuis le 9 septembre 1999, celle-ci est parvenue à le faire clôturer en moyenne à 1 507,50 LL tout en incitant les établissements de crédit à le négocier à des cours légèrement inférieurs à ce niveau. Il devait, en effet, fluctuer très étroitement lors des dernières transactions interbancaires entre 1 506,00 et 1 507,00 LL après un départ entre 1 506,00 et 1 508,00 LL. Pourtant ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité, comme en témoigne le volume d’affaires qui aurait atteint quelque cinq millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché dépourvu d’initiatives. Accès de faiblesse de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a été déprimé hier, glissant sous le seuil de 0,93 dollar sur les marchés des changes internationaux pour la première fois depuis le 4 janvier avant un discours sur la santé de l’économie américaine du président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan. Celui-ci doit s’exprimer aujourd’hui devant la commission budgétaire du Sénat américain. Selon les analystes de marché, l’euro a décroché contre le dollar hier, subissant un changement de sentiment de la part des investisseurs dans la crainte d’un ralentissement de la croissance européenne dans un contexte inflationniste. À cet égard, ils ont fait mention d’un rapport remis au Parlement européen par le groupe Euroframe qui comprend sept instituts d’études économiques européens, selon lequel la croissance dans la zone euro en 2001 et 2002 sera sans doute inférieure de 0,3 % aux projections officielles de l’Union européenne, soit à 2,8 % cette année et 2,7 % l’an prochain avec un taux d’inflation supérieur à 2 % (2,2 %). Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre des Offices régionaux des statistiques allemands que les prix à la consommation dans les cinq grands États fédérés de l’Allemagne ont augmenté de plus de 0,5 % en janvier par rapport à décembre, portant leur hausse en glissement annuel à 2,3 % dans la première économie européenne. Dans ces conditions, il n’est guère surprenant d’assister à un certain retournement de confiance vis-à-vis de la monnaie européenne qui s’est dépréciée aussi bien contre le billet vert que contre le yen et le sterling sur des ventes techniques après qu’elle eut brisé à la baisse le seuil psychologique important de 0,93 dollar. De plus, le billet vert a été soutenu aussi par les propos attribués à Lawrence Lindsey, chef des conseillers économiques du président américain George W. Bush, indiquant qu’un dollar à 120 yens n’était pas un problème pour les États-Unis. Ces propos ont donc rassuré les investisseurs et déclenché un courant d’achat de dollar à un moment où la publication des minutes de la dernière réunion des 10 et 11 janvier du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre est venue peser sur le sterling. Ces minutes ont indiqué que quatre des neufs membres de cet organisme ont voté en faveur d’une baisse des taux d’intérêt britanniques d’un quart de point en pourcentage, pavant la voie par cela à un éventuel assouplissement monétaire au Royaume-Uni le mois prochain. Pourtant, certains analystes ont prévenu hier que le dollar risquait de souffrir si Alan Greenspan faisait référence aujourd’hui à une nouvelle réduction des taux d’intérêt américains ou restait sceptique sur l’état de l’économie américaine, comme le président George W. Bush. Cela étant, le billet vert, qui était remonté jusqu’à 0,9225 dollar pour un euro, devait éprouver le besoin de souffler un peu à New York, se négociant finalement sur cette place sur un ton modérément ferme comme suit : – 0,9228 pour un euro contre 0,9365, la veille – 1,4585 pour un sterling contre 1,4690 – 2,1195 DM contre 2,0885 – 7,1085 FF contre 7,0045 – 1,6585 FS contre 1,6360 – 2 098,25 lires contre 2 067,55 – 117,90 yens contre 116,75. Bourse de Beyrouth : c’est le statu quo À la Bourse de Beyrouth, la tendance était encore une fois à la stabilité dans un marché sur lequel toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions hier ont reproduit leurs derniers cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 64,32 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 141,72 points. Et tout cela dans un volume d’affaires mince avec 50 825 actions négociées d’une valeur totale de 177 757 dollars. Volatilité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été diversement orientés hier, avec la poursuite du mouvement ascensionnel de la Bourse électronique Nasdaq et l’hésitation de Wall Street à la hausse. Le Nasdaq a été soutenu par la progression des valeurs technologiques dans le sillage de Compaq Computer dont l’action faisait un bond spectaculaire hier au lendemain de l’annonce par le groupe d’un résultat financier au quatrième trimestre 2000 et de prévisions pour le premier trimestre 2001 meilleurs qu’attendus. Ce secteur a trouvé également appui dans l’annonce par Lucent Technologies de la suppression de 16 000 emplois et par AOL Time Warner de 2 400 emplois dans le cadre d’un vaste plan de restructuration. Quant à Wall Street, elle a souffert des mauvais résultats publiés par les sociétés pharmaceutiques et des craintes liées au ralentissement de la croissance économique en 2001. Pourtant, les bons résultats des sociétés pétrolières ont été d’un certain appui à la cote ainsi que les perspectives d’assouplissement de la politique monétaire de la Fed pour contrer le ralentissement de l’économie américaine. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est passé au-dessus du seuil des 2 850 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait irrégulièrement entre un plus bas à 10 619,72 points et un plus haut à 10 680,31 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 659,57 points, en hausse de 9,76 points sur la veille. Clôture en hausse des Bourses européennes Les Bourses européennes se sont approchées de leurs plus hauts de l’année mercredi, les investisseurs faisant à nouveau les yeux doux aux grands noms des technologiques et des télécoms dans la crainte de rater le train d’une reprise en gestation. À la clôture, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a avancé de 1,32 % à 1 541,62 points, après avoir inscrit un plus haut de l’année, et le DJ Euro Stoxx 50 a pris 0,67 % à 4 775,69. Avec des expressions du genre «le pire est passé» et «TMT : le retour» sur toutes les lèvres ces dernières semaines, les investisseurs s’empressent de renouer avec les technologiques, médias et télécoms (TMT) à la première bonne nouvelle, mais ont été aussi rapides pour vendre au moindre souci. «Il est clair que les TMT bénéficient des faveurs des acheteurs», a noté David Thwaites, de BNP Paribas. «Si on regarde le scénario de cette année, c’est irrégulier mais les techs et les télécoms remontent». «Il y a encore des revers et il n’en faut pas beaucoup pour ébranler les choses. Cela me laisse penser que la confiance reste fragile. Si on a de mauvaises nouvelles des États-Unis on perdra probablement tout, mais on veut y croire, c’est pourquoi on continue à monter». Ainsi, les vilains petits canards de mardi sont devenus belles aux bois dormants de mercredi – à savoir Marconi, Alcatel, Ericsson et Nokia, toutes en forte hausse. «On n’est pas très sûr de savoir s’il faut choisir les techs pour le moment ou non, sinon on aurait progressé bien plus fort. On assiste donc à un scénario d’achats à bon compte», a constaté Lex Werkheim, d’Eureffect. «Ce qui se passe actuellement est un non-sens. Hier Philips a baissé à cause de Texas Instruments et aujourd’hui il monte grâce à Compaq», poursuit-il. Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 0,7 % mercredi, les investisseurs continuant de prendre leurs bénéfices et ignorant complètement une forte progression des valeurs technologiques à New York. L’indice de référence Nikkei-225 a terminé sur un recul de 91,08 points à 13 893,58, en baisse pour le deuxième jour consécutif après une série de sept séances de hausse. «Les cours ont monté en début de séance, stimulés par les gains à New York, mais ils sont ensuite retombés en raison de prises de bénéfices», a expliqué Hiroichi Nishi de Nikko Securities. Parallèlement, de nombreux investisseurs sont restés en retrait en attendant de voir le résultat des délibérations au sein du parti au pouvoir au Japon, le Parti libéral démocratique, concernant les mesures destinées à revigorer la Bourse, a ajouté M. Nishi. «Le marché reste atone en l’absence de nouvelles tendances», a-t-il souligné. Kunihiro Hatae de la Tokai-Tokyo Securities a estimé pour sa part que la nouvelle stabilité du Nasdaq a empêché les investisseurs de vendre. «Mais ces derniers rechignent également à acheter avant de savoir quelles sont les mesures prises pour renforcer la Bourse», a-t-il fait remarquer. L’indice élargi Topix est tombé de 4,02 points à 1 304,07. Le volume des échanges a atteint quelque 611 millions d’actions contre 603,2 millions la veille. L’incertitude politique qui règne au Japon pourrait décourager les investisseurs étrangers après la démission mardi du ministre d’État aux Affaires économiques Fukushiro Nukaga qui serait impliqué dans un scandale financier, ont par ailleurs estimé des courtiers. «Cette démission risque de différer le débat parlementaire sur le prochain budget, a relevé Masaru Kazama de Nissan Securities. Ce retard pourrait amener les investisseurs étrangers à abandonner les actions japonaises». Les valeurs en baisse étaient plus nombreuses que celles en hausse à la clôture (729 contre 515), alors que 179 sont restées inchangées.
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