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Actualités - Chronologies

ZIMBABWE - Les juges affrontent la colère du pouvoir

Le pouvoir judiciaire du Zimbabwe affronte la colère du pouvoir exécutif et les menaces des anciens combattants favorables au régime, après avoir tranché en faveur des fermiers blancs dans ses décisions sur les occupations de fermes et la réforme agraire. Certains hommes politiques du pouvoir et les anciens combattants exigent la démission ou le limogeage de certains juges qu’ils accusent de racisme ou, à tout le moins, de parti pris en faveur des Blancs. Le ministre zimbabwéen de la Justice, Patrick Chinamasa, estime que le pouvoir judiciaire est lui-même allé au-devant de l’affrontement avec le pouvoir, «constituant la principale opposition au parti au pouvoir». À la suite d’une série de décisions l’an dernier contre les occupations de fermes appartenant à des Blancs et sur la réforme agraire, le pouvoir judiciaire a essuyé de vives critiques du pouvoir et des menaces d’agression physique de la part des anciens combattants de la guerre d’indépendance. Fer de lance des occupations de fermes lancées l’an dernier, les vétérans ont intimé l’ordre à certains magistrats de démissionner s’ils ne souhaitent pas être chassés physiquement de leur poste. La Cour suprême, qui comprend deux juges blancs, deux noirs et un asiatique, est accusée de racisme et de parti pris par ses détracteurs. Après les attaques verbales, la polémique s’est aggravée et, en novembre dernier, des anciens combattants ont fait irruption à la Cour suprême lors d’une audience sur la question agraire en exigeant que les juges démissionnent. «Nous devons commencer à exorciser de toutes nos institutions le fantôme raciste (de l’ex-Premier ministre rhodésien) Ian Smith et nous devons le faire en expulsant ses disciples et sympathisants», a déclaré récemment le ministre de la Justice en faisant allusion à des magistrats qui ont servi sous le régime de la minorité blanche. Le pouvoir judiciaire jouit cependant du soutien des membres des professions judiciaires, qui estiment que les juges ne font qu’interpréter les lois conçues par les hommes politiques. La principale organisation de la profession a pris clairement position : «La Law Society n’a constaté aucune preuve de parti pris de la part de nos tribunaux», a-t-elle déclaré. Phillip Chiyangwa, député de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF/au pouvoir), a l’intention de proposer au Parlement de destituer le président de la Cour suprême, Anthony Gubbay, qui est blanc. Mais l’Assemblée nationale constitutionnelle (NCA), ONG qui milite en faveur d’une Constitution plus démocratique, fait valoir qu’il est absurde que le pouvoir se plaigne qu’on applique ses propres lois. «C’est le Parlement dominé par la ZANU-PF qui a fait les lois sur l’acquisition des terres. Et ce même gouvernement ne respecte pas la loi en acquérant des terres», a affirmé le porte-parole de la NCA, Douglas Mwonzora. L’irruption l’an dernier de 200 vétérans à la Cour suprême démontre que les groupes favorables au pouvoir n’ont aucune intention de faire respecter la loi, a estimé la Law Society. Mais «il est très difficile de limoger les juges», et des dispositions ont été prises afin d’éviter qu’ils ne subissent des pressions et ne soient influencés dans leurs décisions, déclare Greg Limmington, spécialiste en droit constitutionnel. Les juges sont nommés par le président Robert Mugabe. On peut notamment les limoger pour des raisons de santé physique ou mentale qui les rendraient incapables d’exercer leur charge. Craignant pour leur vie à la suite des menaces des anciens combattants, deux juges de la Cour suprême ont demandé lundi la protection du pouvoir lors d’une audience avec le vice-président Simon Muzenda.
Le pouvoir judiciaire du Zimbabwe affronte la colère du pouvoir exécutif et les menaces des anciens combattants favorables au régime, après avoir tranché en faveur des fermiers blancs dans ses décisions sur les occupations de fermes et la réforme agraire. Certains hommes politiques du pouvoir et les anciens combattants exigent la démission ou le limogeage de certains juges qu’ils accusent de racisme ou, à tout le moins, de parti pris en faveur des Blancs. Le ministre zimbabwéen de la Justice, Patrick Chinamasa, estime que le pouvoir judiciaire est lui-même allé au-devant de l’affrontement avec le pouvoir, «constituant la principale opposition au parti au pouvoir». À la suite d’une série de décisions l’an dernier contre les occupations de fermes appartenant à des Blancs et sur la réforme agraire, le pouvoir...