La nationalité turque dont le poète Nazim Hikmet avait été déchu par Ankara en 1959 devrait lui être restituée en 2002, année du centenaire de sa naissance, soit 38 ans après sa disparition, a la fondation qui porte son nom. «Le ministre de la Culture nous a annoncé qu’il avait reçu une réponse favorable du ministre de l’Intérieur», a déclaré Mme Kiymet Coskun, secrétaire générale de la Fondation Nazim Hikmet pour l’art et la culture. «Cela a été pour nous une bonne surprise, et c’est un pas sérieux vers la reconnaissance de cet artiste», a-t-elle ajouté. Le ministre de la Culture, Istemihan Talay, a obtenu un accord de principe oral de son collègue en charge de l’Intérieur, Saadettin Tantan. Le 5 novembre, un demi-million de personnes avaient demandé la restitution de la nationalité turque au poète dans une pétition adressée au Premier ministre Bulent Ecevit. La sœur de l’écrivain, Samiye Yaltirim, avait fait une première demande en 1988 et avait créé en 1991 une Fondation Nazim Hikmet, qui a multiplié les recours, y compris en justice, pour cette réhabilitation. Le retour en grâce s’est amorcé l’an dernier, quand le ministère turc de la Culture a demandé à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) de parrainer une «année Nazim Hikmet» en 2002, centenaire de sa naissance. Considéré comme le poète le plus important et le plus novateur du XXe siècle en Turquie, ami de Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Pablo Neruda ou encore Miguel Angel Asturias, Nazim Hikmet s’était exilé en URSS en 1951, après plusieurs années passées dans les prisons turques pour ses idées communistes. Après qu’Ankara l’eut déchu de sa nationalité, Hikmet avait adopté la nationalité polonaise et mourut à Moscou en 1963. Ses œuvres ne sont plus censurées en Turquie depuis plusieurs décennies. Le retour de ses restes, lui qui désirait «un platane pour pierre tombale dans un cimetière villageois d’Anatolie», n’est pourtant pas d’actualité, a précisé Kiymet Coskun, «car la famille ne le demande pas». La Turquie avait aussi déchu de sa nationalité un autre artiste célèbre, le cinéaste Yilmaz Guney, titulaire de la Palme d’or au Festival de Cannes en 1982 pour son film Yol, décédé à Paris en 1984.
La nationalité turque dont le poète Nazim Hikmet avait été déchu par Ankara en 1959 devrait lui être restituée en 2002, année du centenaire de sa naissance, soit 38 ans après sa disparition, a la fondation qui porte son nom. «Le ministre de la Culture nous a annoncé qu’il avait reçu une réponse favorable du ministre de l’Intérieur», a déclaré Mme Kiymet Coskun, secrétaire générale de la Fondation Nazim Hikmet pour l’art et la culture. «Cela a été pour nous une bonne surprise, et c’est un pas sérieux vers la reconnaissance de cet artiste», a-t-elle ajouté. Le ministre de la Culture, Istemihan Talay, a obtenu un accord de principe oral de son collègue en charge de l’Intérieur, Saadettin Tantan. Le 5 novembre, un demi-million de personnes avaient demandé la restitution de la nationalité turque au...
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