PARIS, de Mirèse AKAR L’indispensable Lagarde et Michard de nos études secondaires, que nous avons tous compulsé, lu, relu et scruté jusque dans ses moindres notes de bas de page, faisait une place de choix, dans le volume consacré au XVIIe siècle, à l’abbaye de Port-Royal-des-Champs dont l’histoire est inséparable de celle du classicisme français. Fondée en 1204 dans la vallée de Chevreuse pour accueillir des abbesses et devenue, quatre siècles plus tard, le berceau du jansénisme sous l’impulsion de l’abbé de Saint-Cyran, elle fut, durant quelques décennies, un centre intellectuel au rayonnement sans égal, mais aussi le foyer d’une virulente opposition à la cour du roi et au centralisme, opposition dans laquelle on se plut à voir, avec du recul, un signe avant-coureur de la révolution. «Un joyau du XVIIe siècle» Racine compta parmi les élèves des Petites Écoles de Port-Royal, créées à partir de 1638 et dont les méthodes pédagogiques novatrices, basées sur la réflexion personnelle, ont largement inspiré les principes de l’actuelle école républicaine. Elles ne manquèrent pas de provoquer l’hostilité des tout-puissants jésuites, qui obtinrent leur fermeture en 1656. Choisissant le camp de la rigueur janséniste, Pascal s’en prit à la subtilité complaisante de la casuistique pratiquée par ces derniers dans Les Provinciales, un recueil de 18 lettres violemment polémiques parues l’année suivante et dont le succès fut retentissant. Mais les messieurs, également surnommés les solitaires de Port-Royal, qui avaient à plus d’une reprise encouru les foudres de Louis XIV, furent définitivement dispersés en 1679. «Port-Royal est un joyau du XVIIe siècle, mais ce diamant n’est pas un solitaire», a dit en jouant sur les mots Catherine Tasca, ministre de la Culture, pour présenter son projet de rénovation de ce site proche de Versailles et qui constitue un patrimoine d’exception, à la fois architectural et paysager. L’annonce n’en est pas encore officielle, mais il semblerait pratiquement acquis que les 30 000 volumes de la bibliothèque du Port-Royal parisien y seront transférés et rendus accessibles au public : une mine pour les chercheurs et les érudits de partout.
PARIS, de Mirèse AKAR L’indispensable Lagarde et Michard de nos études secondaires, que nous avons tous compulsé, lu, relu et scruté jusque dans ses moindres notes de bas de page, faisait une place de choix, dans le volume consacré au XVIIe siècle, à l’abbaye de Port-Royal-des-Champs dont l’histoire est inséparable de celle du classicisme français. Fondée en 1204 dans la vallée de Chevreuse pour accueillir des abbesses et devenue, quatre siècles plus tard, le berceau du jansénisme sous l’impulsion de l’abbé de Saint-Cyran, elle fut, durant quelques décennies, un centre intellectuel au rayonnement sans égal, mais aussi le foyer d’une virulente opposition à la cour du roi et au centralisme, opposition dans laquelle on se plut à voir, avec du recul, un signe avant-coureur de la révolution. «Un joyau du...
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