Pour certains parents, l’hiver devient une période d’épreuves à cause des infections qui se succèdent et dont les enfants sont victimes. Les médecins, par ailleurs, avertissent que la consommation d’antibiotiques augmente de 2,1% par an. Connaissant le risque de ces remèdes, pris en surdose, experts, parents et médecins s’accordent pour reconnaître que cette situation ne peut pas durer. La boulimie de ces remèdes miracles doit absolument être réfrénée. Rhino-pharyngites, un mauvais exemple On connaît tous le fléau par excellence de l’hiver: les rhino-pharyngites. Celles de l’enfant sont traitées plus de quatre fois sur 10 par des antibiotiques. Souvent sans avis médical, au bout de deux ou trois jours après leur survenue. Or, dans 80% des cas, ces infections sont dues à des virus, par nature insensibles à ces médicaments. «Par prudence, pour éviter les complications», argumentent les mamans. Et il en est de même pour les bronchites, alors que ici aussi les virus sont généralement les premiers responsables. L’inconvénient majeur de cette surconsommation c’est l’accoutumance aux antibiotiques. Plus on en prend, plus on favorise la résistance à ces remèdes des agents infectieux qu’ils sont censés combattre. On favorise en d’autres termes l’apparition de résistances. Pour l’instant, ce problème se limite à quelques bactéries, pour des sujets dont le système immunitaire est déprimé (sida, cancer, grand âge). Mais il arrive de plus en plus souvent que des bactéries, responsables d’otites chez le jeune enfant ou d’infections à pneumocoque, résistent à un nombre croissant d’antibiotiques. Or, le pneumocoque est susceptible de provoquer une méningite et il est donc important qu’il soit jugulé au plus vite. Dans certains pays, une série de recommandations adressées aux médecins visent à les inciter à modérer dans la mesure du possible leurs prescriptions d’antibiotiques. Mais il est nécessaire que d’autres personnes soient sensibilisées à ce risque: parents, responsables de crèches, personnel soignant, pharmaciens. Attendre un ou deux jours Si l’enfant continue à manger et à babiller comme d’habitude, on peut facilement attendre un ou deux jours, trois même, avant de le mettre sous antibiotiques. Un grand nombre de pédiatres avouent prescrire des antibiotiques sous la demande pressante des parents dont l’inquiétude est souvent sans fondement. Or, même si les sécrétions nasales ont un aspect purulent et la température reste élevée pendant quatre - cinq jours, il peut s’agir d’une infection virale où les antibiotiques ne sont pas un recours efficace. Mieux vaut donc, au lieu de mettre l’enfant sous antibiotiques, le faire réexaminer afin que d’autres traitements que l’antibiothérapie lui soit... prescrits. Il va de soi que si les symptômes s’aggravent, une nouvelle consultation s’impose.
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