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Actualités - Chronologies

L’Empire ottoman (I)

L’Albanie, la Bulgarie, la Roumanie, le Liban, l’Irak, la Syrie… Autant de pays issus de l’Empire ottoman, autant d’émissions de timbres turcs et d’oblitérations originales... un extraordinaire puzzle géophilatélique qui concerne au premier chef les collectionneurs libanais. L’année 1859 a vu la mise en service des premiers timbres-poste turcs. Une date philatélique qui correspond à une période historique très turbulente, où tout commence à basculer pour l’Empire ottoman. Les historiens parlent de «démembrement», autrement dit, un mouvement non concerté de nationalités diverses vers l’indépendance. Toujours est-il que cette première émission de timbres turcs de 1859 était réservée à l’affranchissement des lettres confiées aux paquebots de l’amiral turc. Un usage restreint qui explique la cote officielle de ces timbres dans les catalogues spécialisés. Ce n’est qu’en 1863 et puis surtout en 1865 que deux séries plus généralistes marquées du croissant, celui-là même que l’on retrouvera plus tard sur les timbres-poste turcs de bienfaisance, seront utilisées dans tout l’Empire ottoman. Nous retrouverons ces émissions dites «permanentes» dans le cœur historique de l’Empire ottoman : l’Anatolie (nom donné par les Byzantins à l’Asie mineure) et la Thrace orientale qui se trouve sur la rive européenne du Bosphore (turc depuis le XIVe siècle) et bien sûr Constantinople, la capitale. Ses mêmes timbres seront utilisés dans toutes les possessions de l’Empire ottoman. Justement, le Proche-Orient en fait partie. Cet immense territoire, qui longe la mer Rouge sur toute la péninsule arabique, englobe le Golfe persique jusqu’à la Perse et dépasse les rivages de la Méditerranée jusqu’aux îles de Chypre et de Crète, est politiquement ottoman malgré sa diversité. Il éclatera au lendemain du premier conflit mondial en une multitude d’États indépendants dont le Liban, la Syrie, la Transjordanie, la Palestine et l’Irak. En Europe, tous les pays balkaniques coincés entre l’Adriatique et la mer Noire sont aussi possessions ottomans. La Bosnie Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, l’Albanie, l’Epire, la Macédoine et la Trace sont autant de nations que l’empire a du mal à contenir. En Afrique, l’empire s’étendait de la Tunisie à l’ouest, à l’Égypte, sans oublier l’actuelle Libye alors divisée en trois territoires (Tripolitaine, Fezzan et Cyrénaïque). Dès 1830, suite à une longue crise, l’Égypte obtient du sultan un droit de gouvernement au vice-roi Mehmet Ali qui reste cependant sous souveraineté ottomane. Sur les timbres-turcs des années 1860 à 1880, une sélection d’oblitérations sont autant de témoins de l’étendue de l’Empire ottoman de l’époque. Heureusement pour tous ceux qui ne lisent pas les caractères arabes, les Postes turques ont utilisé, dès la fin des années 1860, des cachets bilingues turc/français dont l’usage s’est généralisé après que l’empire ait adhéré, en 1878, à l’Union générale des Postes. Employés d’abord comme cachets d’arrivée et de départ, ils ont servi par la suite directement comme oblitération des timbres turcs sur tout l’empire. Les principaux bureaux de l’Empire ottoman à l’intérieur de la Turquie actuelle étaient les suivants : Du côté de la Turquie d’Europe : Canakkale (Europe). Istanbul (Europe). Edirne (l’actuelle Andrinople). Kuklareli. Tekudag. De la Turquie d’Asie, côté de la mer Noire : Ardvin. Batoum. Girésoun. Kastamouni. Ordu. Rizé. Sakarya. Samsoun. Sinope. Trébizonde. Zonguldak. Turquie d’Asie - côté de Marmara et Égée : Aydin. Balikesir. Bursa. Canakkale (Asie). Istanbul (Asie). Izmir. Kocaeli. Manisa. Mugla. Turquie d’Asie - sur la côte de la Méditerranée : Adana. Antalya. Hatay. Itchel. En Anatolie occidentale: Afyonkarahisar. Adiyaman. Amasia. Ankara. Bilecik. Birdur. Cankiri. Corum. Denizli. Isparta. Kayseri. Kirzehir. Konya. Kutahya. kirchéhir. Malat’ya. Marach. Nevzehir. Nidde. Sivas. Tokat. Yozgat. Turquie d’Asie - Anatolie méridionale: Aynteb. Mardin. Ourfa. Turquie d’Asie - Anatolie orientale : Agri. Bingol. Bitlis. Diyarbakir. Elazig. Erzincan. Erzouroum. Gümüshane. Hakkari. Kars. Mouch. Seert. Tunceli. Van. Notre prochain article fera la lumière sur ces cachets mystérieux et fascinants de l’Empire ottoman, entre autres les oblitérations du courrier posté au Liban et en Syrie.
L’Albanie, la Bulgarie, la Roumanie, le Liban, l’Irak, la Syrie… Autant de pays issus de l’Empire ottoman, autant d’émissions de timbres turcs et d’oblitérations originales... un extraordinaire puzzle géophilatélique qui concerne au premier chef les collectionneurs libanais. L’année 1859 a vu la mise en service des premiers timbres-poste turcs. Une date philatélique qui correspond à une période historique très turbulente, où tout commence à basculer pour l’Empire ottoman. Les historiens parlent de «démembrement», autrement dit, un mouvement non concerté de nationalités diverses vers l’indépendance. Toujours est-il que cette première émission de timbres turcs de 1859 était réservée à l’affranchissement des lettres confiées aux paquebots de l’amiral turc. Un usage restreint qui explique la...