PARIS - De Mirèse AKAR L’annonce en a été faite lors de la remise du Grand-Prix Jean Giono (dont le lauréat, Ahmadou Kourouma, a réussi un beau triplé avec le Renaudot et le Goncourt des lycéens) : un Centre des écrivains du Sud vient d’être créé à Aix-en-Provence, à l’initiative d’un groupe de professeurs de l’Université d’Aix-Marseille parmi lesquels la romancière Paule Constant qui en assurera la présidence. Sylvie Giono, la fille de l’écrivain, à qui échoit la fonction de vice-présidente, sera également à la tête du comité culturel de l’institution, tandis qu’un universitaire de Montpellier, Jean-François Durand, spécialiste de Giono et responsable de l’axe francophone méditerranéen, en dirigera le comité scientifique. Un Sud inventé Ce centre se réclame donc sans détour de la figure tutélaire de Giono-de-Monosque, lequel n’hésitait pas à affirmer : «La provence que je décris est une provence inventée, et c’est mon droit. C’est un Sud inventé comme a été inventé le Sud de Faulkner». Ce Sud littéraire dont l’auteur de Regain a décisivement contribué à montrer la voie se présente d’ailleurs aujourd’hui moins comme une aire géographique que comme un espace imaginaire où des créateurs de plus en plus nombreux, les uns foncièrement régionalistes, d’autres affichant, au contraire, un idéal universaliste, se préoccupent de perpétuer les grands mythes fondateurs. Résistance ou dissidence De la provence au midi le plus extensible, des rives de la Méditerranée au monde divers de la francophonie, ils donnent tous l’impression de vivre le Sud comme un espace de liberté, mais parfois aussi comme un lieu de résistance, voire de dissidence, et qui, paradoxalement, cesse d’être périphérique pour venir occuper le cœur même de la littérature contemporaine. Installé dans les murs de l’Institut aixois d’études françaises où se côtoient des étudiants de plus de soixante nationalités différentes, le centre, qui abritera bientôt des résidences d’écrivains, se propose, outre sa vocation d’accueil, de devenir un lbaoratoire de recherches sur le concept littéraire du Sud. Romans, poèmes, essais y seront élaborés qui, on peut le gagner d’avance, prouveront tous que chacun voit le Midi à sa porte.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats PARIS - De Mirèse AKAR L’annonce en a été faite lors de la remise du Grand-Prix Jean Giono (dont le lauréat, Ahmadou Kourouma, a réussi un beau triplé avec le Renaudot et le Goncourt des lycéens) : un Centre des écrivains du Sud vient d’être créé à Aix-en-Provence, à l’initiative d’un groupe de professeurs de l’Université d’Aix-Marseille parmi lesquels la romancière Paule Constant qui en assurera la présidence. Sylvie Giono, la fille de l’écrivain, à qui échoit la fonction de vice-présidente, sera également à la tête du comité culturel de l’institution, tandis qu’un universitaire de Montpellier, Jean-François Durand, spécialiste de Giono et responsable de l’axe francophone méditerranéen, en dirigera le comité scientifique. Un Sud inventé Ce centre se réclame donc sans détour de la...