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Actualités - Reportages

Le patrimoine architectural - de Beyrouth -

Beyrouth n’a pas un patrimoine architectural en relation avec sa longue histoire. C’est déjà une cité phénicienne au XVIe siècle av. J-C. Devenue, par la suite, une cité romaine de première importance, elle disparaît dans le cataclysme de l’an 551. Le monument le plus ancien conservé jusqu’à nos jours est l’église Saint-Jean Baptiste des Croisés construite en 1120. Mosquée du prophète Yahya (Jean) sous les Mamelouks, elle a échappé à toutes les dévastations ; c’est aujourd’hui un îlot au milieu du grand chantier du centre-ville. Elle est connue aujourd’hui sous le nom de mosquée al-Omari. De la ville arabe et turque ancienne, il ne reste plus rien sinon la Zawiya (ermitage) en mauvais état de l’uléma Ibn Iraq, (début du XVIe siècle). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les Ottomans érigèrent le Grand Sérail et l’Hôpital turc sur l’emplacement de l’acropole de la ville romaine. Ce sont deux bâtiments harmonieux, en pierre ramleh locale. D’autres bâtiments turcs de même époque, comme le Petit Sérail, ont disparu, mis bas sans égards pour faire place à la progression urbaine. Les troubles achevèrent ce que la promotion immobilière avait épargné. Le cœur vivant de la cité, les souks faits de dédales couverts de voûtes, le souk des bijoutiers, le marché aux poissons, le souk Abou-Nasr qui était le marché aux épices, après avoir été copieusement bombés, sont maintenant nivelés par les bulldozers. Le mandat français, de 1910 à 1945, a inspiré un style franco-oriental d’un intérêt artistique particulier, mais qui utilisait les combinaisons de tonalité de la pierre furni, de couleur blanche à ocre, parfois rosée, extraite de Mkallès, à la sortie de Beyrouth. Le furni, calcaire à grain fin, relativement tendre, autorisait la sculpture d’ornements de façade de goût oriental. Différents bâtiments publics, dont le siège de la municipalité, sont dans ce style, ainsi que le quartier de la place de l’Étoile et les arcades de Maarad, en partie inspirées de l’enfilade de la rue de Rivoli, à Paris. Beaucoup des résidences privées construites hors des murs anciens au milieu des jardins d’orangers au cours de la seconde moitié du XIXe siècle sont sur le modèle italien, parfois même construites par des architectes italiens. Elles donnaient à Beyrouth son air typiquement méditerranéen avec leurs deux étages et leur toit couvert de tuiles rouges de Marseille. Enclavées aujourd’hui dans des quartiers qui se bétonnent sans répit, elles sont pourtant identifiées comme étant un patrimoine à défendre. De plan très simple avec un hall sur lequel donnent les autres pièces, elles sont tournées vers la lumière du nord, le hall étant éclairé par une haute façade vitrée décorée par une arcade triple. Ces maisons, encore nombreuses dans les quartiers de Gemmayzé et de Moussaïtbé, deviennent parfois des locaux de prestige pour des banques ou des restaurants. Une association s’en préoccupe, mais les édiles de la ville devraient légiférer de manière originale, à l’instar de la ville de Nicosie, pour les conserver sans léser les propriétaires des biens-fonds. Mais le véritable patrimoine de la ville est enfoui à huit mètres sous son niveau. Le sous-sol du centre-ville est une extraordinaire et complexe superposition des restes des cataclysmes et guerres qui ont abattu de manière répétée cette ville toujours recommencée. L’intérêt de l’Unesco a été attiré par cette exceptionnelle occasion de fouiller une ville et en coordination avec la société Solidere et de la Direction des antiquités, de nombreuses missions archéologiques, locales et étrangères, recherchent ici l’ancienne École de droit, là le palais fabuleux de Fakhreddine. Peut-être se présentera l’occasion de comprendre enfin pourquoi cette ville a tant compté un moment et pourquoi ses habitants ne la voient que par les yeux de l’imagination...
Beyrouth n’a pas un patrimoine architectural en relation avec sa longue histoire. C’est déjà une cité phénicienne au XVIe siècle av. J-C. Devenue, par la suite, une cité romaine de première importance, elle disparaît dans le cataclysme de l’an 551. Le monument le plus ancien conservé jusqu’à nos jours est l’église Saint-Jean Baptiste des Croisés construite en 1120. Mosquée du prophète Yahya (Jean) sous les Mamelouks, elle a échappé à toutes les dévastations ; c’est aujourd’hui un îlot au milieu du grand chantier du centre-ville. Elle est connue aujourd’hui sous le nom de mosquée al-Omari. De la ville arabe et turque ancienne, il ne reste plus rien sinon la Zawiya (ermitage) en mauvais état de l’uléma Ibn Iraq, (début du XVIe siècle). Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les Ottomans...