Sans se laisser décourager par les réactions négatives des Palestiniens, le Premier ministre israélien Ehud Barak tente de les convaincre de différer l’application des accords de Wye conclus bon gré mal gré par son prédécesseur de droite. M. Barak avait présenté cette idée mardi au président palestinien Yasser Arafat et tous deux sont convenus de se donner un délai de deux semaines. Il est revenu à la charge jeudi lors d’une rencontre à Alexandrie, en Égypte, avec le président égyptien Hosni Moubarak. Le chef du gouvernement propose aux Palestiniens de renoncer momentanément à obtenir le contrôle promis de nouvelles parties de la Cisjordanie dans le cadre d’un règlement provisoire, en faisant miroiter des concessions israéliennes plus significatives, dans le cadre d’un accord définitif. Mais les Palestiniens, échaudés par leur expérience passée avec le gouvernement précédent de Benjamin Netanyahu, insistent sur l’application «immédiate et complète» des accords signés. L’accord, très en deçà des revendications palestiniennes, avait été gelé par M. Netanyahu deux mois après sa signature en octobre 1998. Selon les Palestiniens, il est impossible de rétablir un climat de confiance, indispensable pour relancer les négociations, sans qu’Israël n’honore d’abord ses engagements. Les accords de Wye stipulent que la zone sous contrôle exclusivement israélien en Cisjordanie allait diminuer de 13 %, pour passer de 73 % à 60 % du territoire. Au sein des 40 % restants, la zone sous autorité exclusive palestinienne, où l’armée israélienne n’a pas le droit de pénétrer, devait, elle, passer de 3 % à 18,2 % de la Cisjordanie. Scénario catastrophe Les accords de Wye, signés le 23 octobre 1998 après une forte pression américaine sur Israël, prévoyaient un transfert d’autorité et des redéploiements militaires en trois phases, dont la dernière devait être achevée le 29 janvier. Mais seule la première phase a été appliquée. La zone sous contrôle exclusif israélien n’a été réduite que de 2 %. En outre, Israël qui s’était engagé à libérer 750 prisonniers palestiniens n’en a libéré que 250, dont 150 de droit commun, alors que les Palestiniens réclament la libération de prisonniers politiques, détenus pour attentats ou autres activités anti-israéliennes. La victoire des travaillistes aux élections du 17 mai laissait présager un changement radical d’attitude alors que ces derniers avaient accusé la droite de torpiller le processus de paix. Néanmoins, M. Barak hésite à appliquer les accords, en utilisant une argumentation curieusement proche de celle des opposants à Wye du camp ultranationaliste. «Wye pose un grave problème sécuritaire aux colonies juives», a déclaré Mme Parsi Tzadok, un porte-parole du Premier ministre. Les responsables israéliens esquissent un scénario catastrophe. Un attentat contre des colons perpétré après un nouveau retrait israélien risquerait de provoquer un retournement d’opinion en Israël et bloquer les négociations sur le statut final. Mais, dans le même temps, M. Barak affirme qu’il ne veut pas imposer ses vues, qu’il est prêt à réduire de 5 % jusqu’en septembre la zone sous contrôle israélien et qu’il appliquera le reste des accords si les Palestiniens le veulent à tout prix. L’opposition de droite est partagée. M. Ariel Sharon, le numéro un du Likoud, la principale formation de droite, a reproché publiquement à M. Barak d’accepter en fin de compte les demandes palestiniennes, après une vaine bataille d’arrière-garde. Un autre dirigeant de la droite, l’ancien ministre de la Défense Moshé Arens a félicité en revanche hier à la radio M. Barak pour ses efforts. «Il a raison de tenter de modifier Wye qui est un mauvais accord, mais je doute qu’il y parvienne car pour les Palestiniens un tiens vaut mieux que deux tu l’auras», a-t-il dit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Sans se laisser décourager par les réactions négatives des Palestiniens, le Premier ministre israélien Ehud Barak tente de les convaincre de différer l’application des accords de Wye conclus bon gré mal gré par son prédécesseur de droite. M. Barak avait présenté cette idée mardi au président palestinien Yasser Arafat et tous deux sont convenus de se donner un délai de deux semaines. Il est revenu à la charge jeudi lors d’une rencontre à Alexandrie, en Égypte, avec le président égyptien Hosni Moubarak. Le chef du gouvernement propose aux Palestiniens de renoncer momentanément à obtenir le contrôle promis de nouvelles parties de la Cisjordanie dans le cadre d’un règlement provisoire, en faisant miroiter des concessions israéliennes plus significatives, dans le cadre d’un accord définitif. Mais les...