Les pays de l'ex-Yougoslavie inquiets pour leurs frontières
le 28 juillet 1999 à 00h00
Les pays des Balkans comptent sur le sommet de Sarajevo pour financer leur développement mais surtout garantir dans l’avenir leurs frontières et leur stabilité, pour certains toujours menacées. Le pays-hôte lui-même, malgré la pacification et un début de reconstruction, est loin d’être tiré d’affaire. La Bosnie-Herzégovine, avec des institutions communes quasi inexistantes, reste coupée en deux entités, serbe et croato-musulmane. Tandis que les Serbes affirment à chaque occasion l’autonomie de leur Republika Sprska, les Croates, conduits par des leaders ultra nationalistes, répandent depuis plusieurs mois la thèse d’une troisième entité, croate, qui sonnerait le glas de la Bosnie réunifiée rêvée par l’accord de Dayton. De l’autre côté de la frontière que Zagreb voit toujours en pointillé, le pouvoir nationaliste de Franjo Tudjman cache mal, au fil des petites phrases, son ambition d’unifier les territoires où vivent des Croates, Herzégovine bosniaque comprise. Par ailleurs la Croatie, qui a combattu les forces serbes pendant cinq ans, considère toujours Belgrade comme une menace. «Le pacte de stabilité est arrivé comme une réponse à l’instabilité qui a son épicentre à Belgrade», confiait récemment à la presse locale le ministre des Affaires étrangères Mate Granic. Mais les Croates, qui ne se considèrent pas comme partie des Balkans, iront à Sarajevo avec le souci de ne pas se retrouver pris dans une nouvelle intégration balkanique, que l’on craint à Zagreb comme une nouvelle Yougoslavie. «Ce qui est le plus important pour nous est que le pacte définit clairement que les pays de la région peuvent œuvrer de manière individuelle pour leur intégration dans les structures euro-atlantiques», soulignait M. Granic. Le Monténégro se sent menacé depuis que sous la direction du président Milo Djukanovic il défie l’autorité de Belgrade et soutient les Occidentaux contre le président yougoslave Slobodan Milosevic. Les mises en garde et les rumeurs de prochaine reprise en main musclée de la petite république par les forces serbes n’ont pas manqué pendant la crise du Kosovo. Et malgré une amorce de dialogue politique entre Belgrade et Podgorica, le Monténégro a besoin que le sommet réaffirme tout le soutien qui lui a été promis. La Macédoine, tiraillée pendant cette crise entre ses propres tensions ethniques et ses sympathies pro-serbes, envisage l’avenir avec inquiétude. Avec à ses frontières, d’un côté l’Albanie, de l’autre un Kosovo de facto albanais et indépendant de Belgrade, et à l’intérieur au moins un quart d’Albanais de Macédoine, la communauté macédonienne craint une rupture de la fragile cohabitation. Le président Kiro Gligorov a prôné la semaine dernière le maintien de la fédération yougoslave. «L’émergence de nouveaux États indépendants dans les Balkans compliquerait encore d’avantage la situation globale parce que cela mettrait en cause le principe établi de l’intangibilité des frontières», a souligné M. Gligorov. «La situation est telle dans la région, particulièrement au Kosovo et dans d’autres pays voisins, que nous ne pouvons plus repousser une telle conférence. Nous devons agir vite», a encore dit M. Gligorov.
Les pays des Balkans comptent sur le sommet de Sarajevo pour financer leur développement mais surtout garantir dans l’avenir leurs frontières et leur stabilité, pour certains toujours menacées. Le pays-hôte lui-même, malgré la pacification et un début de reconstruction, est loin d’être tiré d’affaire. La Bosnie-Herzégovine, avec des institutions communes quasi inexistantes, reste coupée en deux entités, serbe et croato-musulmane. Tandis que les Serbes affirment à chaque occasion l’autonomie de leur Republika Sprska, les Croates, conduits par des leaders ultra nationalistes, répandent depuis plusieurs mois la thèse d’une troisième entité, croate, qui sonnerait le glas de la Bosnie réunifiée rêvée par l’accord de Dayton. De l’autre côté de la frontière que Zagreb voit toujours en pointillé, le...
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