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Actualités - Chronologie

Quel avenir pour le Kosovo?

Le Kosovo, catalyseur de l’effort international pour la stabilité des Balkans, échappe désormais totalement à Belgrade, sans vraie clarification des Occidentaux sur l’avenir qu’ils lui dessinent. Les engagements européens de maintenir la province sous l’autorité de Belgrade ont été balayés par la campagne de bombardements de la Yougoslavie, puis l’entrée des troupes de l’Otan, ex-guérilleros albanais, sur leurs talons. Les centaines de milliers de réfugiés qui sont rentrés chez eux, avant même de reconstruire leurs maisons, ont commencé par brûler celles des Serbes, les charniers que la communauté internationale découvre au fil des semaines expliquant leur soif de revanche. L’Onu estime à 30 000 à peine le nombre de Serbes qui sont restés au Kosovo, sur une population qui devrait se stabiliser à 1,7 million. Les Nations unies ont prévu que le Kosovo reste une province yougoslave, mais cette perspective n’effleure même pas les foules en liesse qui fêtent depuis le mois dernier le retrait total des Yougoslaves, armée, police, administration. «Le Kosovo sera indépendant», répète le chef militaire de la guérilla, Agim Ceku, dans une interview cette semaine. L’Armée de libération du Kosovo (UCK) d’Hashim Thaçi emploie un ton modéré pour se poser en future force politique, mais cache mal son impatience de prendre en main les affaires du «pays» où elle a pris de vitesse l’Onu. L’administrateur des Nations unies, Bernard Kouchner, vient seulement d’être nommé et d’arriver à Pristina, alors que les hommes de l’UCK, depuis un mois et demi, font la police et la justice, nomment des fonctionnaires et rouvrent des entreprises. Acclamés comme des libérateurs, les hommes de la Force de paix (Kfor) sont déjà parfois la cible des critiques de l’ex-guérilla omniprésente, qui vient par exemple de les accuser de complaisance vis-à-vis des Serbes à la frontière nord, avec la Serbie centrale. D’un autre côté, le massacre de 14 Serbes dans le village de Gracko a suscité samedi de nombreuses réactions indignées et relancé les interrogations sur la capacité de la communauté internationale et de la Kfor à protéger les Serbes des représailles albanaises. Alors que l’Onu n’a déployé que quelques dizaines de ses 3 000 policiers prévus, l’UCK revendique déjà 4 000 postes dans la police locale. Aux frontières, les postes de douanes et de l’immigration restent vides, douaniers et policiers yougoslaves ayant fui le retour des Albanais dans les bagages de leur armée en juin. Belgrade exige de l’Onu le retour des agents de son autorité aux frontières du Kosovo, conformément aux résolutions de l’Onu, une perspective que l’on imagine mal sur le terrain dans l’atmosphère de haine interethnique actuelle. Les Occidentaux, prompts à répéter lors des conférences avortées de Rambouillet en février et en mars que le Kosovo resterait yougoslave, sont notablement silencieux aujourd’hui sur le sujet.
Le Kosovo, catalyseur de l’effort international pour la stabilité des Balkans, échappe désormais totalement à Belgrade, sans vraie clarification des Occidentaux sur l’avenir qu’ils lui dessinent. Les engagements européens de maintenir la province sous l’autorité de Belgrade ont été balayés par la campagne de bombardements de la Yougoslavie, puis l’entrée des troupes de l’Otan, ex-guérilleros albanais, sur leurs talons. Les centaines de milliers de réfugiés qui sont rentrés chez eux, avant même de reconstruire leurs maisons, ont commencé par brûler celles des Serbes, les charniers que la communauté internationale découvre au fil des semaines expliquant leur soif de revanche. L’Onu estime à 30 000 à peine le nombre de Serbes qui sont restés au Kosovo, sur une population qui devrait se stabiliser à 1,7...