HISTOIRE - Tourisme, emplois et infrastructures Napoléon chez les Zoulous
le 26 juillet 1999 à 00h00
Dans un bout de plaine perdue du KwaZulu-Natal profond, une stèle rappelle la mort en 1879, sous les lances zouloues, d’Eugène Louis Napoléon Bonaparte, qui, 120 ans après, apporte à la communauté locale tourisme, emplois et infrastructures. Auprès des huttes d’Uqweqwe, pour la plupart en boue séchée, l’école du village se distingue. Le gouvernement français y a contribué financièrement pour la création de classes, d’une bibliothèque et d’un poste d’enseignant de français permettant aux enfants de communiquer avec les touristes. Car les visiteurs affluent, dont bien sûr nombre de Français, sur la trace de la tragique épopée du prince Napoléon-Eugène-Louis-Jean-Joseph Bonaparte, fils unique de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, dernier espoir, anéanti par des Zoulous, des monarchistes et bonapartistes français à la fin du XIXe siècle. Exilé en Angleterre avec ses parents à la fin du Second Empire, Eugène Louis Napoléon venait sur le terrain des guerres anglo-zouloues parfaire à 23 ans un enseignement militaire britannique. Touristes français Aide de camp du général britannique Lord Chelmsford, il participait le 1er juin à une mission de reconnaissance d’une dizaine d’hommes. Faisant étape pour abreuver leurs chevaux, ils furent attaqués par une quarantaine de guerriers zoulous. Louis Napoléon, le «prince impérial», parvint à grand-peine à rattraper son cheval, affolé par les cris des Zoulous. Lorsque l’étrier céda, il ne put que tirer ses dernières munitions avant d’être submergé par les assegais (lances), avec deux militaires britanniques. Lorsque les troupes vinrent récupérer son corps, le prince était dénudé et transpercé de 17 plaies. La légende zouloue locale assure qu’il s’était défendu si courageusement que ses adversaires décidèrent de ne pas l’éviscérer, comme ils en avaient l’habitude. «Ce sont peut-être nos ancêtres qui ont tué Louis Napoléon, mais nous bénéficions maintenant de sa mort», sourit Gugu Buthelezi, une jeune écolière d’Uqweqwe. «On voit beaucoup de touristes français, et l’ambassade de France a été bonne avec nous». Si le corps de Napoléon fut rapatrié et inhumé en Angleterre, une croix et une stèle furent érigées sur place, que la communauté locale a aujourd’hui charge d’entretenir, ainsi que d’accueillir les touristes. Le mérite de l’initiative revient en grande partie à Glenn Flanagan, un professeur de français de l’Université de Pietermaritzburg, passionné par l’histoire du prince. Il a créé une «Route du prince impérial, Louis Napoléon», circuit touristique et culturel à travers le Zululand. De champs de batailles anglo-zoulous en musées, avec photos, dessins et objets ayant appartenu au prince, cette «Route Napoléon» retrace le bref et tragique séjour (deux mois à peine) du petit-neveu de l’empereur Napoléon Ier en terre sud-africaine. Pour sa contribution à la mémoire de l’Empire français en ce coin reculé de terre zouloue, Flanagan s’est vu cette année de 120e anniversaire décoré de l’ordre national du Mérite par la République française.
Dans un bout de plaine perdue du KwaZulu-Natal profond, une stèle rappelle la mort en 1879, sous les lances zouloues, d’Eugène Louis Napoléon Bonaparte, qui, 120 ans après, apporte à la communauté locale tourisme, emplois et infrastructures. Auprès des huttes d’Uqweqwe, pour la plupart en boue séchée, l’école du village se distingue. Le gouvernement français y a contribué financièrement pour la création de classes, d’une bibliothèque et d’un poste d’enseignant de français permettant aux enfants de communiquer avec les touristes. Car les visiteurs affluent, dont bien sûr nombre de Français, sur la trace de la tragique épopée du prince Napoléon-Eugène-Louis-Jean-Joseph Bonaparte, fils unique de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, dernier espoir, anéanti par des Zoulous, des monarchistes et...
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