Il faut de tout pour faire un monde. Et le cinéma est là cette semaine pour en témoigner puisque vous pourrez suivre tour à tour une adaptation du «Livre de la Jungle» de Kypling, connaître la hantise de la défaillance d’une centrale atomique avec «The China Syndrome», partager les angoisses d’un groupe de pianistes dans «The Competition», entrer dans l’intimité de Staline avec «The Inner Circle», assister à la dérive d’un groupe de jeunes avec «River’s Edge» et même frémir aux méfaits de «Nosferatu», le vampire de Dusseldorf. C’est à Stephen Sommers que nous devons la nouvelle version de The Jungle Book avec Jason Scott Lee. En Inde, au début du siècle. Mowgli a 5 ans lorsqu’il est enlevé par le prédateur le plus redoutable de la jungle, le tigre Shere Khan, qui l’abandonne au cœur de la forêt. Il est recueilli et élevé par les animaux dont il devient l’ami. Quinze ans plus tard, Mowgli croise son amour d’enfance, Kitty, fille du major Brydon, devenue une belle jeune femme courtisée par le capitaine Boone. Mais, en retrouvant son amie, Mowgli s’est imprudemment rapproché de la ville et de ses frères, les hommes. Et sa présence ne plaît pas à l’arrogant capitaine Boone qui le fait arrêter. Battu, humilié et traité comme une bête, Mowgli découvre la férocité de ses semblables. Un foisonnement de paysages chatoyants et d’animaux savants dans cette version soignée du roman de Kipling. On peut toutefois lui préférer la magie naïve de celle de Zoltan Korda (1942), avec Sabu. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Le film High Season de l’Anglaise Clare People a pour lui l’avantage d’avoir entièrement tourné à Rhodes. La beauté des décors naturels, alliée à la beauté de Jacqueline Bisset, qui en est la vedette, compense le caractère sommaire du scénario. Jacqueline Bisset incarne une photographe qui habite Rhodes. Son existence paisible va être importunée par l’arrivée sur l’île d’un groupe de touristes envahissant, de son ex-époux, un égoïste égocentrique, et la présence d’un... espion! James Fox, Irène Papas et... Kenneth Branagh (encore à ses débuts!) font ce qu’ils peuvent! Diffusion mardi à 21h30 sur TL1 Dans The Competition de Joël Oliansky, Richard Dreyfuss et Amy Irving nous donneront l’illusion d’être des pianistes accomplis: en fait, ils sont doublés et l’un et l’autre. En compétition pour un prix qui doit permettre à la jeune fille d’entrer dans le monde des concertistes et pour lui, de tenter sa dernière chance à cause de son âge, ils vont tomber amoureux. Et il faudra bien que l’un sacrifie sa carrière au profit de l’autre, si vous jugez qu’un happy end s’impose. Les mélomanes seront comblés: on entend beaucoup de musique et le film est agréablement réalisé. Diffusion mardi à minuit sur LBCI Film-catastrophe, œuvre de politique-fiction et intrigue socialo-criminelle, The Chinese Syndrome est tout cela à la fois et le film dénonce avec courage l’inconscience de certains groupes financiers. Retrouvant une tradition chère au cinéma hollywoodien, il exalte la liberté de la presse (représentée ici par la télévision) et le droit à une information libre. L’actualité a prouvé à plusieurs reprises que le thème abordé par le film n’était pas l’élucubration d’un scénariste mais au contraire la description documentée d’un événement toujours possible. La mort mystérieuse de Karen Silkwood, le 13 novembre 1974, et le drame de la centrale de Tchernobyl suffisent d’ailleurs à prouver à quel point l’exploitation nucléaire peut être à l’origine de diverses tragédies. «J’ai l’impression qu’avec ce film – déclarait Michael Douglas, qui en est en même temps l’interprète et le producteur – nous mettons le doigt sur ce qui se passe tous les jours dans les émissions d’actualités. Les informations obtiennent d’excellents indices d’écoute. Elles attirent, fascinent, excitent le public. Les téléspectateurs les considèrent, à la limite, comme un nouvel épisode du feuilleton de la dernière catastrophe naturelle ou du dernier acte terroriste». Connus pour leur prises de position politique, Jane Fonda et Michael Douglas ont donc tenu à faire, avec The Chinese Syndrome, un film moderne, ancré dans la réalité de notre temps. Il est d’autant plus dommage que la réalisation de James Bridges ne s’élève jamais au-dessus du niveau de celle d’un téléfilm de série. Un tel sujet imposait un cinéaste plus prestigieux. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Dans The Inner Circle d’Andrei Konchalovsky, vous allez découvrir un Staline inattendu, tel que le connut le projectionniste de sa salle de cinéma privée, réservée à un cercle restreint. 1939. Au soir de ses noces avec Anastasia, Ivan Sanshin assiste à l’une des innombrables arrestations ordonnées par Staline. Les Gubelman, un couple de juifs, sont emmenés pour un voyage sans retour et leur petite fille, Katia, confiée à un orphelinat. Une heure plus tard, Sanshin est arrêté à son tour. Lui, qui a toujours servi la mère patrie et admire le Petit Père des Peuples, ne comprend pas. Il est conduit auprès de Staline qui, passionné de cinéma, le désigne comme son projectionniste privé... À travers l’histoire authentique de cet homme, Konchalovsky tente de démonter les rouages du système totalitaire qui ont conduit tout un peuple à vénérer son tyran. Tom Hulce (Amadeus) est excellent et Alexandre Zbruev est un Staline plus vrai que nature. Diffusion mercredi à 21h30 sur LBCI C’est un hommage à Murnau que Werner Herzog a voulu rendre en tournant cette nouvelle version de Nosferatu, le vampire. On sait que le scénario original de Henrik Galben s’inspirait du Dracula de Bram Stoker. Herzog a pratiquement repris, plan par plan, l’original, en y apportant l’ajout de la couleur et sa réflexion sur la lutte du bien et du mal. Sans égaler l’original (le problème du «remake» est toujours sujet à discussion!), le film de Herzog permet à Klaus Kinski de faire une interprétation hallucinante dans le rôle de Nosferatu tandis que la beauté classique de Isabelle Adjani n’a jamais été aussi bien mise en valeur. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Dans Blind Fury de Philip Noyce, un vétéran du Vietnam (Rutger Hauer) prend sous son aile protectrice le fils de son copain, retenu prisonnier par un trafiquant de drogue de Las Vegas. Et lorsque le gamin est à son tour enlevé par les bandits, Nick Parker, bien qu’aveugle, va délivrer l’enfant et mettre le trafiquant hors d’état de nuire. Philip Noyce, le cinéaste australien révélé par Dead Calm et depuis récupéré par Hollywood, confirme ici son goût pour les situations limites, qui sont autant de défis au bon sens et à la psychologie ordinaire, notamment la cécité du personnage principal qui, malgré son handicap, a appris au Vietnam l’art du sabre. Le spectacle se veut familial, à cause de la présence d’un enfant, mais la violence de l’ensemble en fait surtout un film pour adultes. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Ils sont jeunes et ils forment une bande de copains. À la vie, à la mort... Mais la mort vient les surprendre lorsque l’un d’entre eux tue une jeune fille et abandonne le corps sur les bords de la rivière. Comment vont réagir les copains? The River’s Edge est une réflexion, sinon parfaite, du moins très révélatrice sur la jeunesse, les problèmes de la responsabilité et la frustration de se sentir exclu du monde des adultes. Crispin Glover fait une interprétation survoltée dans le rôle du chef de la bande mais c’est indéniablement le vétéran Dennis Hopper dans le rôle d’un drogué-laissé-pour-compte qui ne peut comprendre l’absence totale de moralité chez les jeunes, qui fera la plus grosse impression sur le spectateur. The River’s Edge est un film dérangeant, qui donne matière à réflexion et qui est d’autant plus révélateur qu’il s’agit d’un authentique fait-divers. De quoi vous donner des frissons dans le dos! Diffusion samedi 23h30 sur TL1
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