L'OLP réclame l'application "immédiate" des accords de Wye
le 22 juillet 1999 à 00h00
Fêté à Washington comme le sauveur du processus de paix, le nouveau Premier ministre israélien Ehud Barak s’apprêtait à faire face à son retour hier en Israël à la grogne des Palestiniens. L’Autorité palestinienne, qui s’est félicitée de la montée au pouvoir de M. Barak, début juillet, n’est pas disposée à lui accorder un temps de grâce supplémentaire et exige une application «immédiate» et «complète» des accords de Wye Plantation et d’autres signés avec Israël. «À Washington, le tapis rouge a été déroulé pour M. Barak, mais la fête est finie et les négociations s’annoncent dures et longues», a déclaré à la radio publique un proche de M. Barak, M. Eytan Habber. Les Palestiniens sont inquiets par les changements que souhaite opérer M. Barak dans les accords de Wye, craignant une manœuvre pour différer un transfert d’autorité sur 13 % de la Cisjordanie. M. Barak a voulu rassurer le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat en affirmant mardi avant son départ de Washington qu’il avait «sérieusement l’intention d’appliquer les accords de Wye». Certes, il voulait «combiner Wye avec l’avancement des négociations sur le statut final» mais cela ne pourrait être selon lui que par consentement mutuel. À Jérusalem, le ministre de la Justice Yossi Beilin a démenti hier qu’Israël veuille forcer les Palestiniens à accepter une révision des accords signés. «Si les Palestiniens acceptent un changement des accords, on peut le faire. Sinon nous les appliquerons tels quels», a déclaré M. Beilin à la radio publique. M. Barak a souligné que le délai de quinze mois qu’il s’était imparti pour tenter de parvenir à une paix globale est bien supérieur au temps nécessaire pour appliquer les accords de Wye sur le statut intérimaire des territoires palestiniens. Auparavant, M. Arafat avait affirmé qu’il refusait un «délai de 15 mois». Les divergences entre Israël et les Palestiniens concernant des arrangements intérimaires sont beaucoup moins graves que celles sur un règlement définitif pour lequel les négociations n’ont pas commencé. Les premières portent sur des questions ardues mais résolubles, comme notamment la libération de détenus palestiniens, le libre passage entre la Cisjordanie et la bande de Gaza et des retraits sur le terrain. Mais il s’agit d’appliquer des accords déjà conclus alors que le fossé est beaucoup plus profond en ce qui concerne un règlement permanent. Il faudrait régler notamment la question de Jérusalem, des colonies de peuplement juives et des réfugiés palestiniens de 1948 et 1967. Les Palestiniens réclament le retrait d’Israël de tous les territoires occupés en juin 1967 et le démantèlement des colonies de peuplement. Ils veulent faire de Jérusalem-Est leur capitale et faire reconnaître un droit de retour des réfugiés. M. Barak refuse un retour aux frontières de 1967, entend laisser sur place les blocs de colonisation, veut garder Jérusalem-Est sous souveraineté israélienne et s’oppose à tout retour de réfugiés en Israël. Sur le volet syrien, un accord paraît plus réalisable, ce qui n’est pas sans inquiéter les Palestiniens qui craignent d’en faire les frais.
Fêté à Washington comme le sauveur du processus de paix, le nouveau Premier ministre israélien Ehud Barak s’apprêtait à faire face à son retour hier en Israël à la grogne des Palestiniens. L’Autorité palestinienne, qui s’est félicitée de la montée au pouvoir de M. Barak, début juillet, n’est pas disposée à lui accorder un temps de grâce supplémentaire et exige une application «immédiate» et «complète» des accords de Wye Plantation et d’autres signés avec Israël. «À Washington, le tapis rouge a été déroulé pour M. Barak, mais la fête est finie et les négociations s’annoncent dures et longues», a déclaré à la radio publique un proche de M. Barak, M. Eytan Habber. Les Palestiniens sont inquiets par les changements que souhaite opérer M. Barak dans les accords de Wye, craignant une manœuvre...
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