Dernier-né dans l’univers de l’habillement, le métier de chasseur de créateurs se décline pour l’instant au féminin. C’est une Française, Floriane de Saint-Pierre, qui inaugure cette nouvelle carrière professionnelle. Pour les créateurs en mal de contrat ou de changement, cette nouvelle spécialiste est le sésame vers la carrière de styliste. Les responsables de grandes marques, Gucci, Prada, Calvin Klein, Kenzo, Valentino, Givenchy, Lanvin, sollicitent assistance et avis à cette jeune personne avant de confier un de leurs postes à de nouvelles recrues. À l’actif de Floriane de Saint-Pierre figure le contrat d’Albert Elbaz chez Guy Laroche et l’immense succès qu’avait alors connue sa collection. C’est elle aussi qui a révélé le talent de Narcisco Rodriguez à Cerruti et aussi du Gréco-Américain Speliopoulos, sans oublier une longue liste de créatifs moins flamboyants venus ravigoter des équipes à bout de souffle dans divers studios et ateliers. Floriane de Saint-Pierre a fait ses premiers pas chez Christian Dior au moment des grands changements de la maison, passée sous la houlette du groupe LVMH, comme responsable de la gestion des boutiques. Six ans plus tard, repérée par un chasseur de têtes, elle sera intégrée dans son cabinet de recrutement où elle complétera son apprentissage de chasseuse de talents. «J’ai ouvert mon département de créateurs en juillet 1990, avec pour tout attirail un bloc-notes et un téléphone...», se souvient-elle aujourd’hui, installée dans un luxueux bureau, au cœur même du chic parisien, une équipe de dix collaborateurs à ses côtés et un chiffre d’affaires de plusieurs millions. La première chasseuse de talents créateurs savoure à présent sa réussite. Son cabinet est devenu, en effet, un carrefour incontournable pour les recruteurs français, italiens, américains. Spécialisé en stylistes et créateurs, il constitue un créneau nouveau, capital pour les entreprises du luxe totalement dépendantes du talent de leurs créateurs. En quoi au juste consiste son travail? À mi-programme à plusieurs étapes. Définir en premier les objectifs et le profil du directeur artistique à recruter. Si elle prend personnellement à sa charge le recrutement, la prospection se fait par son réseau d’informateurs. Chaque entretien dépasse les 90 minutes. «Il s’agit d’un travail extrêmement délicat, fondé sur l’intuition et la créativité personnelle, qui fait intervenir des éléments aussi importants que la sensibilité du créateur, son sens du marketing, sa capacité à anticiper les tendances, à diriger une équipe, à communiquer, mais aussi sa capacité à conceptualiser une marque», explique-t-elle. Chaque étape est expliquée au client afin de mieux sonder ses souhaits. Trois premiers candidats, issus de milieux et de pays différents, lui sont présentés. Suit ensuite la prise de références auprès des anciens employeurs et, en dernière étape, la finalisation du contrat avec un avocat... «Il ne reste plus alors qu’à entourer l’élu. Stressé par le changement, celui-ci a besoin d’être épaulé...», conclut la Diane des talents à louer.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dernier-né dans l’univers de l’habillement, le métier de chasseur de créateurs se décline pour l’instant au féminin. C’est une Française, Floriane de Saint-Pierre, qui inaugure cette nouvelle carrière professionnelle. Pour les créateurs en mal de contrat ou de changement, cette nouvelle spécialiste est le sésame vers la carrière de styliste. Les responsables de grandes marques, Gucci, Prada, Calvin Klein, Kenzo, Valentino, Givenchy, Lanvin, sollicitent assistance et avis à cette jeune personne avant de confier un de leurs postes à de nouvelles recrues. À l’actif de Floriane de Saint-Pierre figure le contrat d’Albert Elbaz chez Guy Laroche et l’immense succès qu’avait alors connue sa collection. C’est elle aussi qui a révélé le talent de Narcisco Rodriguez à Cerruti et aussi du Gréco-Américain...