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Actualités - Chronologie

MUSIQUE - Le retour, une génération plus tard Woodstock-ter

Woodstock dans une base désaffectée de l’US Air Force. La paix dans un espace de guerre qui servit pendant le Vietnam. Les organisateurs du festival de Woodstock 99, qui se tiendra le week-end prochain dans l’ancienne base aérienne Griffiss de Rome, dans l’État de New York, apprécient le paradoxe. «Honnêtement, c’est un grand aboutissement», assure Michael Lang, cofondateur de Woodstock. «Woodstock a débuté avec les manifestations contre le Vietnam. Pour nous, avoir pu porter ce festival jusqu’à ce site représente, je pense, une forme de grande justice poétique». Michael Lang et ses collaborateurs espèrent un événement moins chaotique que l’original, mais aussi mémorable que ces journées d’août 1969 qui avaient marqué l’aboutissement de l’Été de l’amour. Entre le 15 et le 18 août de cette année-là, 400 000 personnes et une quarantaine de groupes avaient célébré «la paix et la musique» autour de la ferme de Max Yasgur, à Bethel, dans l’État de New York. La pluie avait délavé le terrain en un vaste marécage boueux et les structures mises en place par les organisateurs avaient été débordées par le nombre de resquilleurs. En 1994, pour le 25e anniversaire de ce concert-culte, les organisateurs de Woodstock avaient donné rendez-vous à Saugerties, toujours dans l’État de New York et là encore les structures avaient fait défaut. De ces deux événements, Michael Lang veut retenir une chose : la magie. «La foule se sentait bien, c’est comme si on avait baissé la garde pour se livrer aux autres, pour intégrer une communauté dont chaque membre était lié aux autres d’une manière, je pense, différente de tout ce qu’on a pu vivre ailleurs», explique-t-il. «Mon espoir, c’est que nous allons vivre une expérience très proche des deux précédentes», ajoute-t-il. Fuir la nostalgie John Scher, coproducteur des éditions 1994 et 1999, résume la manifestation : «Vous mettez quelques centaines de kids dans un champ du nord de l’État de New York et certaines choses se produisent. Et, franchement, la magie pure qui s’en détache était trop irrésistible pour qu’on ne tente pas le coup une fois de plus». Cela dit, Michael Lang et John Scher sont prompts à balayer toute trace de nostalgie. Le site sera protégé des resquilleurs par des barrières dépassant par endroits les 3 mètres 50 de haut et Woodstock 1999, disent-ils, ne sera pas le Woodstock des parents ni celui des grands frères. La musique sera certes au cœur du projet, mais pas question d’oublier les autres volets de la contre-culture telle qu’elle se vit à la fin du XXe siècle : glisses urbaines (skateboard, roller ou VTT) et murs d’escalade seront réunis dans un «village de l’extrême». Un hangar désaffecté de la base accueillera un festival cinématographique en partenariat avec l’Independent Film Channel. L’ensemble du festival sera diffusé sur une chaîne de télévision à la carte et, naturellement, sur plusieurs sites Web dont l’officiel woodstock.com. La programmation musicale s’efforce elle aussi de ne pas sombrer dans l’évocation nostalgique. Du Woodstock original ne se produira que Mickey Hart, ancien batteur du Grateful Dead aujourd’hui à la tête d’une formation, le Planet Drum. Sheryl Crow, Metallica et les Red Hot Chili Peppers seront parmi les quelques «survivants» du Woodstock 1994. Le reste du plateau ressemble furieusement à une compilation des succès du moment : Alanis Morissette ou Jewel, les Chemical Brothers et Fatboy Slim pour la culture électronique, Ice-T et Ice Cube représentants du rap... Les organisateurs attendent plus de 250 000 personnes, du 23 au 25 juillet, sur l’ancienne base aérienne Griffiss de Rome, New York
Woodstock dans une base désaffectée de l’US Air Force. La paix dans un espace de guerre qui servit pendant le Vietnam. Les organisateurs du festival de Woodstock 99, qui se tiendra le week-end prochain dans l’ancienne base aérienne Griffiss de Rome, dans l’État de New York, apprécient le paradoxe. «Honnêtement, c’est un grand aboutissement», assure Michael Lang, cofondateur de Woodstock. «Woodstock a débuté avec les manifestations contre le Vietnam. Pour nous, avoir pu porter ce festival jusqu’à ce site représente, je pense, une forme de grande justice poétique». Michael Lang et ses collaborateurs espèrent un événement moins chaotique que l’original, mais aussi mémorable que ces journées d’août 1969 qui avaient marqué l’aboutissement de l’Été de l’amour. Entre le 15 et le 18 août de cette...