La Cour d’assises d’Essen (ouest de l’Allemagne), où a repris mercredi après un mois de pause le procès de quatre hooligans accusés du lynchage du gendarme Daniel Nivel, a acquis une certitude : l’accusé Christopher Rauch était bien à quelques mètres du gendarme lors de l’agression, muni d’un panneau. Mais son rôle exact reste confus. Le témoignage de son ami Bennet Seidel, rapporté mercredi devant les juges allemands par le policier qui l’avait interrogé, a levé le doute qui pouvait encore planer sur la simple présence de Rauch à côté du gendarme, tabassé le 21 juin 1998 à Lens (nord de la France), en marge d’un match du Mondial. Aucune photo ne montre Rauch à proximité immédiate de la victime. En outre, un seul des quelque trente témoins déjà passés à la barre l’avait jusqu’à présent identifié formellement, en l’accablant. Or la défense compte démontrer que ce témoin-clef, un jeune Autrichien qui avait vendu ses photos de l’agression pour faire de l’argent, a «largement menti pour se faire mousser». Grâce au témoignage de Bennet Seidel, 25 ans – un hooligan berlinois gérant de discothèque qui avait refusé de déposer devant la Cour, étant lui-même soupçonné –, il restera néanmoins que Rauch était bien sur place, même tout près de la victime, avec «un panneau dans la main droite». Mais Christopher Rauch ne s’en est pas servi pour frapper le gendarme, à en croire son ami, cité par le policier Herbert Fischer, 43 ans. «Seidel a dit que Rauch était dans la rue, mais toujours à au moins cinq mètres du gendarme. Il a bien insisté sur le fait que Rauch n’avait jamais été en contact avec M. Nivel, qu’il s’était toujours trouvé à une certaine distance et qu’il n’a en aucun cas fait partie du groupe» d’agresseurs, a-t-il ajouté. Rauch est accusé d’avoir donné plusieurs coups de panneaux violents au gendarme. Selon le témoin autrichien entendu début mai à Essen, il a donné «quatre coups, deux avec la tranche du panneau et deux avec le plat». Pour Harald Wostry, l’avocat allemand de la famille Nivel, partie civile dans le procès, «il est clair que Seidel cherche à protéger son ami», et qu’il a donc menti pour se faire l’alibi de Rauch. Sur le banc des accusés, l’intéressé affichait un sourire radieux à l’écoute des propos rassurants du policier.
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